This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project
to make the world's bocks discoverablc online.
It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover.
Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the
publisher to a library and finally to you.
Usage guidelines
Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to prcvcnt abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automatcd qucrying. We also ask that you:
+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for Personal, non-commercial purposes.
+ Refrain fivm automated querying Do nol send aulomated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help.
+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project andhelping them find additional materials through Google Book Search. Please do not remove it.
+ Keep il légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search mcans it can bc used in any manner anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite seveie.
About Google Book Search
Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders discover the world's books while hclping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web
at|http : //books . google . com/|
A propos de ce livre
Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d'utilisation
Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public cl de les rendre ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. Nous vous demandons également de:
+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère.
A propos du service Google Recherche de Livres
En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adressefhttp: //books .google. com|
ftn ^^^•'^l ^r
fvi fc«%-«l^»
>
mipi
MONNAIES ROYALES
D© BîlHïlG©
sous LA RACE CAROLINGIENNE
SE TROUVE A PARIS, CHEZ M. HOFFMANN
LES
^^^MES ROy^^^^
De FBHnc©
sous LA RACE CAROLINGIENNE
PAR
E. GARIEL
^Membre titulaire de la Société de U^umismatique Française, associé correspondant
de la Société des Antiquaires de France.
"DEUXIÈME "PARTIE
STRASBOURG
IdMTliléMEli^IE TYTOGliQ^THIQyE 'DE G. J/SCHTiQ^CH
1884
r.iV.CLGAN f/.USEUM 3 ;«0V 1964
OXFORD
AVERTISSEMENT
Cette seconde partie comprend la gravure et la description de toutes les monnaies carolingiennes dont j'ai pu me procurer l'em- preinte. Je les ai vues toutes et peux attester leur authenticité. Pour les pièces citées par les auteurs et dont je n'ai pu vérifier ni la provenance ni l'existence actuelle, je donne leur figure au trait simple. La plupart d'entre elles me paraissent bien vraies et leur connaissance est néces- saire pour compléter, autant que possible, un catalogue général. Il y a aussi quelques monnaies que j'ai fait graver et que je n'ai pas eues entre les mains, mais comme elles proviennent de trouvailles, leur authenticité ne peut être discutée.
J'ai indiqué, autant que possible, toutes les collections publiques et privées dans lesquelles se trouvent actuellement les médailles décrites.
Pour les espèces dont l'attribution est encore incertaine, j'ai fait graver toutes les variétés qui sont passées sous mes yeux. C'est le seul moyen d'offrir une base solide aux études ultérieures.
Je donne aussi, à la suite du monnoyage carolingien français, les espèces émises par les Empereurs et Rois de race carolingienne qui ont régné soit à l'extérieur du royaume frank, soit sur certaines parties momentanément détachées du domaine de nos rois , telles que le Lotherrègne et la Provence. Je me suis arrêté à l'avènement de la maison de Saxe, car, à ce moment cesse le parallélisme entre les deux monnoyages et l'examen des monnaies émises par ces empereurs et rois
2 AVERTISSEMENT.
de Germanie n'est plus d'aucune utilité pour l'étude de notre système monétaire.
La première partie de cet ouvrage traite surtout de questions géné- rales; mais la numismatique de chaque règne présente des points spéciaux non encore élucidés ; je les discuterai successivement, m'ap- puyant, autant que possible^ sur les textes et sur les travaux de mes savants prédécesseurs.
On remarquera que j'ai adopté, pour la description des monnaies de chaque règne, l'ordre alphabétique tel qu'il résulte de l'inscription, non pas de leur nom réel, c'est-à-dire avec la forme latine, mais, autant que possible, de leur nom moderne. Ce qui m'a décidé à ce choix, en apparence peu logique, c'est que beaucoup de noms anciens ont plu- sieurs formes très différentes les unes des autres et que leur inscription, tantôt sous une de ces formes, tantôt sous une autre, eût pu amener une confusion regrettable. Ainsi j'ai écrit Langres au lieu d'Andematunum ou Lingonis ; Metz au lieu de Mettis ou Mediomatrici ; Laon au lieu de Laudunum ou Lugdunum Clavatum; Clermont- Ferrant au lieu de Arverna ou Clarus-Mons, etc. Je crois que, pour le lecteur, mon travail gagnera ainsi en clarté.
Le but principal de cet ouvrage étant, ainsi que je l'ai exposé, de donner une base solide et un point de départ certain pour les travaux ultérieurs, comme aussi d'épargner aux travailleurs des recherches longues et souvent ennuyeuses, j'ai fait précéder le catalogue général par la liste complète des cités et abbayes dont l'existence est constatée, dans l'étendue de l'ancienne Gaule, entre les années 752 et 987, c'est-à- dire pendant toute la durée de la race carolingienne. J'ai hésité long- temps à entreprendre ce long et fastidieux travail; j'espère que ceux qui, plus tard, auront à consulter cette longue liste, me sauront gré de l'ennui que je leur aurai épargné.
11 est des monnaies dont l'attribution à tel ou tel règne est et restera longtemps incertaine. Ainsi sont une partie des deniers et oboles au type de l'édit de Pitres; ainsi sont encore quelques deniers au monogramme.
AVERTISSEMENT. 3
encore indivis entre Charlemagne et Charles-le-Chauve. Il n'y a pas lieu de s'en étonner quand , sous la troisième race, nous voyons les gros et petits tournois rester , jusqu'à ces derniers temps, non classés entre les rois aux noms de Louis et de Philippe. Ainsi les Blancs à la cou- ronne restent à partager entre Charles VII et Charles VIII. L'avan- tage reste encore aux monnaies de la seconde race, où ces lacunes de classement ont une durée bien moins considérable que sous les rois de race capétienne.
On s'étonnera, avec juste raison, de ne pas trouver, dans ce cata- logue général, des reproductions de monnaies carolingiennes provenant des musées de Dresde, Vienne, Berlin, ainsi que des collections publiques et privées d'Italie. Mon intention était bien de compléter ainsi ce travail. Des circonstances tout-à-fait indépendantes de ma volonté ont entravé mes projets. Du reste, presque toutes les pièces intéressantes de ces collections étrangères ont été publiées en France et je n'aurais guère récolté que des variétés, très intéressantes sans doute, mais qui n'auraient ajouté que peu d'attrait à mon travail déjà bien surchargé de dessins et descriptions.
Voici l'indication de quelques abréviations que j'ai dû employer :
Cab. de F. — Cabinet de France;
Mus. de B. — Musée de Bruxelles;
Mus. de M. — Musée de Marseille;
Coll. de P. d*A. — Collection de M. le vicomte de Ponton d'Amécourt;
Coll. d'Est. — Collection de M. le duc d'Estissac;
Re\\ N. Fr. — Revue Numismatique Franqaise;
Rev. N, B. — Revue Numismatique Belge.
•OO^OOO-
LISTE COMPLÈTE
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES
Slm existaient dans les limites de la QauU entre les années 152 et 981 , cest-a-dire pendant la durée de la monarchie carolingienne.
-^
Giviiaies.
* Abrincensis^ Avranches. Adurensis^ Aire sur l'Adour. AgathensiSj Agde. AgennensiSj Agen. Albiensis, Albi.
"*" Ambianensis^ Amiens. 'i' Andecavensis^ Angers.
* Aniciensis^ Le Puy. Antipolitanus^ Antibes. Aptensis^ Apt. Aquensis^ Aix.
'''AquensiSj Dax. Arausicensis^ Orange.
* Arelatensis^ Arles.
* ArgentoratensiSj Strasbourg, "*" Atrebatensis^ Arras.
"i" Augustodunensis^ Autun.
* AurelianensiSj Orléans. AusciensiSj Auch.
'* Autissiodorensis^ Auxerre. '*' AvinioneDsis^ Avignon.
aAbhatiœ, seu Offonasteria,
Abundantia^ diocèse de Genève.
S. Acheolus^ St. Acheul^ diocèse d'Amiens.
S. Adelphus^ St. Adolphe, voir Nova Villa, diocèse de Strasbourg.
S. iEmiliani, quinze railles et diocèse de Bordeaux.
S. Afrodisii, St. Afrodise, près Béziers, diocèse de Béziers.
Agacinum, St. Maurice en Valais, diocèse de Sion.
Agedunum, Ahun, sur la Creuse, diocèse de Limoges.
S. Agricola, diocèse d'Avignon.
S. Agricola, diocèse de Nevers.
S. Albani, près, au sud et diocèse de Mayence.
NB. Les astérisques indiquent les cités ou abbayes dont on connaît des monnaies.
6 LISTE COMPLÈTE
Albaterra^ Aubeterre, ville et diocèse de Périgueux.
S. Albini^ diocèse du Mans.
S. Albini^ faubourg et diocèse d'Angers.
Alciacum^ Auschy-aux- Moines, sur la Terne, diocèse de Térouanne.
Aldeburgum^ Oudenbourg, entre Bruges et Ostende^ diocèse de Tournay.
Alna^ Aulne, près Thuin, diocèse de Liège.
AlodiiSj les Alois, deux lieues et diocèse de Limoges.
AltimontiSj Hautmont, sur la Sambre, diocèse de Cambray.
Altitonse, voir Hohenburgum, diocèse de Strasbourg.
Altripia, près Manheim, diocèse de Trêves.
Altum Villare, Haut-Villers, au sud-ouest de Reims, diocèse de Reims.
S. Amabilis Ricomagense, St. Amable-de-Riom, diocèse de Clermont.
S. Amandi de Cole, au confluent de la Vezère et de la Corrèze, diocèse de Sarlat.
S. Amandi, trois lieues et diocèse de Tournay.
S. Amatoris, diocèse d'Auxerre.
Amberta S. Martini, Ambierle, près Roanne, diocèse de Lyon.
Ambiacensis, près Murât, diocèse de Limoges.
Ambiliacum, ville et diocèse de Bourges.
Ambroniacum, Ambournay, trois lieues de St. Rambert, diocèse de Lyon.
Andaginum S. Huberti, diocèse de Liège.
Andana ou Anderna, Auderne, entre Tournay et Huy, diocèse de Tournay.
Andelegum, six lieues et diocèse de Rouen. ^Andernacum, diocèse de Trêves.
Andlavium, Andlau, six lieues et diocèse de Strasbourg. ^S. Andochius, ville et diocèse d'Autun.
S. Andreae, diocèse d*Arles.
S. Andres, faubourg et diocèse de Nantes.
S. Andres, faubourg et diocèse de Vienne.
S. Andreae, ville et diocèse d'Agde.
S. Andreae Vormatensis, ville et diocèse de Worms.
Angeriacum, St. Jean-d*Angély, diocèse de Saintes.
S. Aniani, dix milles de Montpellier et diocèse de Maguelonne. ^S. Aniani, St. Aignan, ville et diocèse d'Orléans.
S. Aniani, diocèse de Nevers.
Anisdense, St. Calais, diocèse du Mans.
Antimonasterium S. Stephani, Eymoutiers, sur la Vienne, diocèse de Limoges.
S. Antonini, Fredeleiz, diocèse de Ramiers.
Antrum, Indre, île de la Loire, diocèse de Nantes.
S. Aper, St. Evre, faubourg et diocèse de Toul.
Arnoaldi, Merkinguen, diocèse de Metz.
S. Arnulfi, ville et diocèse de Metz.
Arremarense, Monstier Ramey, trois lieues et diocèse de Troyes.
Arthona, Artone, sur la Morge, diocèse de Clermont.
Assendiensis, Essen, au nord et diocèse de Cologne.
S. Asterii, ville et diocèse de Périgueux.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES.
Atanense S. Aredii, St. Yrier-de- la-Perche, près Lubersac, diocèse de Limoges. Athanacum, Aisnay, ville et diocèse de Lyon. S. Audœni, St. Ouen, faubourg et diocèse de Rouen. S. Audœni, faubourg et diocèse du Mans.
S. Audœni Cnix, entre Compiègne et Verberie, diocèse de Soissons. ^S. Audomari, St. Omer^ diocèse de Cambray. Augum, Eu, diocèse de Rouen.
S. Augu0tini, sur la Vienne, ville et diocèse de Limoges. Aureliacum, Aurillac (voyez S. Geraldi), diocèse de Limoges. Aureolum S. Martini, depuis Montauban, diocèse de Toulouse. Auriluco (de), Arluc, diocèse de Fréjus. Aurionum, Evron, diocèse du Mans. S. Ausoniij ville et diocèse d'Angoulème. S. Auatreberta, diocèse d'Amiens.
S. Austregisili, St. Oustrille, ville et diocèse de Bourges. S. Autberti, ville et diocèse de Cambray.
Avanglia ou Altara-Villa, Travailles, près Vernon, diocèse de Rouen. Avenacum, Avenay, cinq lieues de Reims, diocèse de Reims. S. Aviti, près Châteaudun, diocèse de Chartres. S. Aviti, ville et diocèse d'Orléans. Azylis Hansum, Mas d'Azyl, quatre lieues de Pamiers, diocèse de Toulouse.
Civitates.
'f' Baiocensis, Bayeux. Balensis, Bale. Bellicensis, Belley.
* Bellovacensis, Beauvais.
* Biterrensis, Beziers.
* Bituricensis, Bourges. *Blesensis, Blois.
Briocensis, St. Brieux.
* Burdigalensis, Bordeaux.
adbbatiœ, seu (Mbnasteria.
SS. Bacchus et Sergius, faubourg et diocèse d'Angers. Balma, Baume, diocèse de Besançon. Baniacus Pons, diocèse de Beauvais. S. Basoli (Virziniacum) St. Basle, diocèse de Reims. Batha, île de Batz, diocèse de St. Pol-de-Léon. *S. Bavonis, St. Bavon, ville de Gand, diocèse de Tournay. Beania, Baigne, près Barbezieux, diocèse de Saintes. S. Beati Hons, près Coblentz, diocèse de Trêves. Becana, un demi-mille de St. Tron, diocèse de Liège. Belcianacum, île aujourd'hui submergée, diocèse de Rouen.
i LISTE COMPLÈTE
Belisia, Munster Bilsen, près Bilsen, diocèse de Liège.
Bellanoa, diocèse de Poitiers.
Bellofonte, Belle Fontaine, diocèse de Poitiers.
Bellus Lochs, Beaulieu-en-Argonne^ diocèse de Verdun.
Bellus Locns, Beaulieu, sur la Dordogne, diocèse de Limoges.
Bellus Hons, Beaumont-lèz-Tours, diocèse de Tours.
S. Benedicti Floriacensis, St. Benoît-sur-Loire, diocèse d'Orléans.
S. Benignis Divionensis, ville de Dijon, diocèse de Langres.
Berardi, diocèse d'Auxerre.
S. Bernardi Romanensis, sur l'Isère, diocèse de Vienne.
S. Bertini, ville et diocèse de St. Orner.
Besna, La Foncaine-de-Besne, quatre lieues de Dijon, diocèse de Langres.
Birchofsheimium, près Fulde, diocèse de Mayence.
S. Blandina, ville et diocèse de Belley.
Blandinium, St. Pierre-de-Gand, ville de Gand, diocèse de Tournay.
Blangiacum, Blangy, près Hesdin, diocèse de Terouanne.
Blanziacum, Blanzac, diocèse d'Angoulème.
Blazilia, Blesle, sept milles de Brioude, diocèse de Clermont.
S. Boamundus, diocèse du Mans.
S. Boboleni, près Charenton sur Marmande, diocèse de Bourges.
Bochod Honasterium, diocèse de Rennes.
Bodonis Monasterium, Bon Moutier, diocèse de Toul.
Bona Vallis, Bonneval, près Thouars, diocèse de Poitiers.
Bona Vallis, Bonneval, près Châteaudun, diocèse de Chartres.
S. Bonifacii (voyez Fulde).
Boscum Dagoberti, Bois-d'Abert, diocèse de Bourges.
Bourbriacum, diocèse de Tréguier.
Braii Monasterium, Bray, près Neufchâtel, diocèse de Rouen.
Braiacum, Brou, diocèse de Chartres.
Brajacum, Bray-sur-Seine, diocèse de Sens.
Brajacum, Brujeac, entre Tulle et Clermont, diocèse de Clermont.
Brantormum, Brantosme, diocèse de Périgueux.
Brennacum, Bretigny, deux lieues et diocèse de Soissons.
Briortium, diocèse de Belley.
Brogilium ou S. Salvator, diocèse du Mans.
Broilum, Bruel, sur la Lys, diocèse d'Arras.
Bronium (voyez Sangerardense).
Brovium^ près Bourg, diocèse de Belley.
Buciliacum, Bucilly, dix lieues de Laon, diocèse de Laon.
Burgidolensis, Bourgdun (voyez Dolensis).
Busalt, diocèse de Vannes.
Buxeria, Bouxières-aux-Dames, près et diocèse de Verdun.
Buzo (de), Boisset, près Aurillac, diocèse de Clermont.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES.
O
Civitales.
Cabellicensis, Cavaillon.
0
* Cabilonensis, Chalon-sur-Saône.
Cadurcensis, Cahors. '*' Cameracensis, Cambray. ^ Carcassonensis, Carcassonne. ^ CarnotensiSy Chartres.
Carpentoratenais, Carpentras. '^ Castrenais, Castres. "*■ Catalaunenais, Chalons- sur- Marne.
« Cenomanensis, Le Mans.
*^ Cemeneleonenais, Cimie ou Cemete, prés
"*" Claromontensis, Clermont. (Nice.
* Colonienais Cologne. Conserenensia, Consérans. Conatantienais, Constance.
* Constantienais, Coutances. Convenensis, Comminges. Corisopitensia, Quimper.
<i/£bbaliœ, seu ^onasteria,
Cagnota ou CorhetaB, diocèse de Dax. ^ Cala, Chelles, diocèse de Paris.
Caladunum ou Chalonium, in Diablentico, diocèse du Mans. Gallevilla, diocèse de Rouen.
Calma, Chaumes en Brie, sur l'Yerres^ diocèse de Sens. Calmontenae, Calmont, diocèse de Liège. Calomonaaterium, Calmoutier, diocèse de Besançon. S. Caloceri, Moiremont, diocèse de Chalons. Cambedobrenae, Combroude, près Riom, diocèse de Clermont. Cambonum, Camon, diocèse de Toulouse. Camelarienae, Chamalières, ville et diocèse de Clermont. Cantoennnm, Chantoin, près et diocèse de Clermont. Cantogilum, Chanteuze, entre l'Allier et la Deuze? diocèse de Clermont. S. Capraaii, Collégiale et diocèse d'Agen. S. Caraunii, St. Chéron, faubourg et diocèse de Chartres. Carentonium, Charenton, sur la Marmande, diocèse de Bourges. Carilofua, St. Calais, diocèse du Mans. Caritas, La- Charité-sur-Loire, diocèse d'Auxerre. Carrafum, Charroux, sur la Charente, diocèse de Poitiers. Carualocua, Charlieu, diocèse de Maçon et Lyon.
Caseguidinus ou Caaegonguidinua, Cougnon, entre Chiny et BuUion^ dioc. de Trêves. Caaiacensis, Chéry, au sud de Château-Thierry, diocèse de Soissons. Casis S. Pétri (de), les Chases, diocèse de Clermont. Caaaiani, Cassan, deux lieues et diocèse de Béziers. Caatellionis, Châtillon-sur-Seine, diocèse de Langres. Caatellum, Château-l'Abbaye, deux milles de Tournay, diocèse d'Arras.
lo LISTE COMPLÈTE
Cauciaco (de) Choisy, près Compiègne, diocèse de Soissons.
S. Celinice, ville et diocèse de Meaux.
Cella, Monstier-la-Celle, diocèse de Troyes.
Cella ou Cells, Celles-sur-Cher, diocèse de Bourges.
Cella Brigenais^ La Celle en Brie, île du grand Morin^ diocèse de Meaux.
Cella HoduUi ou Medalfi, Saramon, diocèse d'Auch.
S. Celsij diocèse d'Auxerre.
Celsiniacum, Soucillanges, six milles d'Issoudun, diocèse de Clermont.
Cerasium, Cerizy, quatre lieues et diocèse de Bayeux.
S. Cesarii, ville et diocèse d'Arles.
Chrismatense, St. Vigor, près et diocèse de Bayeux.
Cisoniense, Cisoing, trois lieues de Lille, diocèse de Tournay.
Clariacum, Clairac, diocèse d'Agen.
S. Claudii, le grand St. Claude, dans le Jura, diocèse de Lyon.
S. démentis, faubourg et diocèse de Maçon.
S. démentis, diocèse de Nantes.
S. démentis^ sur le Tech, diocèse d'Elne.
Clingenae, près Landau, diocèse de Spire.
Cluniacum, Cluny, diocèse de Maçon.
CoUis Dianœ, Chaudanne, diocèse de Besançon.
Coloberonense, diocèse de Bourges.
Columbariense, Colombiers, près Montluçon, diocèse de Bourges.
Columbae, Coulombs, près Nogent-le-roi, diocèse de Chartres.
S. Columbas, ville et diocèse de Sens.
ComodoliacensiSj sur la Vienne, diocèse de Limoges.
Conchse, sur la Dordogne, diocèse de Rhodez.
Condatense, St. Claude, diocèse de Lyon.
Condomiensis, Condom, diocèse d*Agen.
Congidunum, Cougnon, entre Chiny et BuUion, diocèse de Tongres.
Corbeia, Corbie, diocèse d'Amiens.
Corbiniac, Corbigny, diocèse d'Autun.
Corbiniaci, Corbeny, près Laon, diocèse de Reims.
Cormaricus, Cormery, huit milles et diocèse de Tours.
S. Cornelii, près et diocèse de Chalon.
Cornelium, Munster (voyez) Inda.
S. Cornelii, ville de Compiègne, diocèse de Soissons.
Corona, La Couronne, diocèse d'Angoulème
Correno (de), Correns, diocèse de Fréjus.
S. Cosmos de Honte, diocèse de Coutances.
Cotiacense, diocèse d'Auxerre.
S. Crispini, St. Crépin-le-Grand, ville et diocèse de Soissons.
S. Crispini, près Condé, diocèse de Cambray.
Cromonense, Tournon, six milles et diocèse de Lyon.
Crossiensis, Cruys, diocèse de Sisteron.
S. Crucis, St. Croix, ville et diocèse de Bordeaux.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. ii
S. Crucis, ville et diocèse de Poitiers. *TS. Crucis près et diocèse de Metz. *S. Crucis, ville et diocèse de Mayence.
S. Crucis, ou St. Faron, ville et diocèse de Meaux.
Crucis S. Leufridi, La Croix St. Leufroy, deux lieues et diocèse d'Evreux.
S. Crucis, près St. Martin et diocèse de Tours.
S. Crucis Kemperlegiensis, à Quimperlé, diocèse de Quimper.
Crudatum, trois lieues, et diocèse de Viviers.
Curtis, sur la Loire, diocèse de Nevers.
Cusseria ou Cubaria^ Cubières, diocèse de Narbonne.
Cussetum ou Cuciacum, Cusset, diocèse de Clermont.
S. Cypriani^ faubourg et diocèse de Poitiers.
S. Cyriaci Exfordiensis, Elsfurth, diocèse de Mayence.
S Cyriaci Neuheussensis, Neuheusen^ près et diocèse de Worms.
S. Cyriaci Altorfii^ diocèse de Strasbourg. *S. Cyrici^ St. Cyr, près Versailles, diocèse de Chartres.
S. Cyrici^ près A vallon, diocèse d'Auxerre.
S. Cyrici, près et diocèse de Rennes.
S. Cyrici, St. Cirgues^ Ville et diocèse de Clermont.
Civitates. Diensis, Die. Diniensis^ Digne. Dolensis^ Dol.
Q^bbaiiœ, seu ^onasteria.
DanguernensCj Guer^ diocèse de St. Malo. DeaSj GrandlieUj diocèse de Nantes. BeauratsB B. Hari»^ La Daurade^ diocèse de Toulouse. Decimiacense^ près St. Cyr et Avallon^ diocèse d'Auxerre. S. Déodati, St. Dié^ diocèse de Toul. S. Déodati, St. Dié, près Blois^ diocèse de Chartres. Derrum^ sur la Voire^ diocèse de Chalon. Diablenticum^ Jublains^ diocèse du Mans.
S. Dionysii de Rulliaco^ entre Issoudun et Vierzon^ diocèse de Bourges. S. Dionysii j près et diocèse de Bourges. S. Dionysii^ ville et diocèse de Reims. *S. Dionysii in Francia, diocèse de Paris.
S. Disibodij Disenberg^ deux milles de Çreutznach, diocèse de Mayence. Dolensis ou Burgidolense, Bourg Dieu, près Chateauroux^ diocèse de Bourges.
12 LISTE COMPLÈTE
Dologiense ou Theoleginm^ Tholey^ diocèse de Trêves. Dononium, Denain^ diocèse d'Arras.
Doratum, sur la Sèvre (voir Scotiorium)^ diocèse de Limoges. Domatiacum, diocèse de Besançon. Doverense^ près Vierzon^ diocèse de Bourges. Dudellivilla^ Doudeauviile^ diocèse de Térouanne. ^Duo Gemellense^ diocèse de Bayeux. Duroclarum^ Duclair, trois lieues et diocèse de Rouen.
Civitates.
Ebredunensis^ Embrun. Elusa ou Hetropolis Civitas^ Eaxjse
* EbroicensiSj Evreux. en Novempopulanie.
Elna ou Helena, Elne. ^Engolismensis^ Angoulème.
^bbaliœ, seu Olfbnasteria.
Eboriacum^ Faremoutier^ diocèse de Meaux.
Ebriciacunij Evrecy^ diocèse de Bayeux.
Ebrolium^ Ebreule, deux lieues de Gannat^ diocèse de Clermont.
Ebronium^ Evron^ in Diablentico^ diocèse du Mans.
S. Ebrulli UticensiSj St. Evroult^ diocèse de Lisieux.
S. Egidii^ ville et diocèse de Nîmes.
Eifflias^ Munster Eiffel^ diocèse de Cologne.
ElectensiSj Alet^ diocèse de Narbonne.
S. Eligii^ ville et diocèse de Paris.
S. Eligii^ ville et diocèse de Noyon.
S. Eparchii^ sur la Charente^ diocèse de Saintes.
S. Eparchii^ St. Cybar^ faubourg et diocèse d' Angoulème.
Episcopi Villa^ Vequeville (voir Gaugialus)^ diocèse de Chalons.
Epternacunij Epternac^ quatre lieues et diocèse de Trêves.
Eresteimense^ Erstein, près Schlestadt^ diocèse de Strasbourg.
S. Eucharii^ faubourg et diocèse de Trêves.
S. EulaliaB (voir S. Georgii), ville et diocèse de Lyon.
S. Eusebii^ diocèse d'Apt.
S. Eusebii^ diocèse d'Auxerre.
S. Eutropii^ diocèse de Saintes.
S. Evartii^ St. Euverte, diocèse d'Orléans.
Ezalatensis^ diocèse d'Elne.
Eziense^ Eysse^ diocèse d*Agen.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. i3
EzoldunensiSj Issoudun, diocèse de Bourges. S. Exuperii^ ville de Corbeil^ diocèse de Paris. 8. Ezuperei^ près et diocèse de Rennes.
Ci V fias. Forojnliensis, Fréjus.
ii4^bbatiœ, seu ^onasteria.
Farœ monasterinm^ Faremoutier^ quatre lieues et diocèse de Meaux. S. Faronis^ St. Faron^ ville et diocèse de Meaux. S. Faustini, diocèse de Béziers. Favernacum^ Favernay^ diocèse de Besançon. S. FeliciSj diocèse de Valence. FerrarisBj Ferrières en Wast, diocèse de Sens.
Ferrari» S. Leonardi^ St. Léonard-de-Ferrières, près Thouars, diocèse de Poitiers. S. Ferruccii^ à Blidestadt/ diocèse de Mayence. Figiacum^ Figeac^ diocèse de Cahors. Fiscannum^ Fécamp, diocèse de Rouen. Flaviacua^ diocèse de Beauvais. Flaviniacunij Flavigny^ diocèse d'Autun. Flaviniacam^ diocèse de Nancy. S. Florentii Salmuriensia^ Saumur, diocèse d'Angers. FloriacuSj St. Benoît -sur-Loire, sept lieues et diocèse d'Orléans. Floriacum in Velocassibus^ diocèse de Rouen.
Fontanella^ St. Wandrille^ une lieue de Caudebec^ diocèse de Rouen. Fontanetense^ près et diocèse d'Auxerre. Fontanetum^ deux lieues et diocèse de Séez. Fontanidum, diocèse de Beauvais. Fontis rogi, près et diocèse d'Auxerre. FosaaBj diocèse de Liège.
Foresti Honasterium^ Forest-Moutier, près de la Canche^ diocèse d* Amiens. S. Francovii, diocèse de Nevers.
S. Fremerii^ St. Ferme^ près Libourne^ diocèse de Bazas. S. Frontia, St. Front^ ville et diocèse de Périgueux. Fulda^ sur la Fulde, diocèse de Mayence. S. Fursei Latiniacensis^ à Lagny^ diocèse de Paris. ^S. Fursei Peronensis^ à Péronne^ diocèse de Noyon. S. Fosciani^ St. Fuscien-aux-bois^ cinq milles et diocèse d'Amiens.
14 LISTE COMPLÈTE
Civitates,
^ Gebennensis^ Genève. Glandeva^ Glandève^ sur le Var. Gratianopolitana^ Grenoble.
(AJbbatiœ, seu ^onasieria,
Gabronenae^ diocèse du Mans Galileœ vallis^ St. Dié^ diocèse de Toul. Galli insula, diocèse de Ne vers. Galliacenais^ sur le Tarn^ diocèse d'Alby. GamundiSB, (voir Hornebacum)^ diocèse de Metz. Garnierii Mansum^ Mas Gamier^ diocèse de Toulouse. Gaudiacum^ près Dun-le-roi^ diocèse de Bourges. * S. Gaugericij St. Gery, ville et diocèse de Cambray. Gaugiacus^ Vequeville^ diocèse de Chalons. Gegenbacumj sur la rive droite du Rhin^ diocèse de Strasbourg. ^ Gemblacum, Gemblac ou Gemblou^ trois lieues de Namur^ diocèse de Liège et de Namur. Gemeticum^ Jumièges^ diocèse de Rouen. SS. Geminorum^ St. Jouz^ église et diocèse de Clermont. S. Genesii^ St. Genez-de-Clermont, près et diocèse de Toul. S. Geneaiij diocèse de Nevers.
S. Genesii de FontainSj une lieue et diocèse d'Elne. S. Gengulfi^ St. Gengou^ diocèse de Toul. S. Genovefa^ ville et diocèse de Paris. S. Genovefœ^ diocèse de Toul.
S. Genulli^ St. Genou^ sur l'Indre^ diocèse de Bourges. S. Georgii (voir S. Eulalias)^ ville et diocèse de Lyon. S. Georgii in Nemore^ St. Georges-des-Bois^ diocèse du Mans. S. Geraldi^ St. Gérald^ à Aurillac^ diocèse de Clermont. S. Geremare de Flaviaco^ cinq lieues et diocèse de Beau vais. S. Gerionis^ St. Gereon, ville et diocèse de Cologne. S. Germani à Pratis^ St. Germain -des-Prés^ ville et diocèse de Paris. ^S. Germani Autissiodorenais^ ville et diocèse d'Auxerre. S. Germani Liziniacensis (v. Lambron)^ diocèse de Clermont. S. Germanij diocèse du Mans. S. Germanij près et diocèse de Spire, S. Germani^ une lieue et diocèse de Toul.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. i5
S. Gerontis, St. Gérons^ sur TAdour^ diocèse d*Aire.
S. Gertrudis^ faubourg et diocèse d* Angers.
S. Gervasii de Fossis^ diocèse d'Arles.
S. Gervasii^ faubourg et diocèse de Rouen.
SS. Gervasii et Protasii^ ville et diocèse de Sens.
SS. Gervasii et Protasii^ diocèse de Vienne.
Gigiacum^ Gigny, entre Lons-le-Saulnier et St. Amour, diocèse de Lyon.
SS. Gildardi et Lupi, diocèse de Nevers.
S. Gildasii, St. Gildas, sur l'Indre, seize lieues et diocèse de Bourges.
S. Gildasii Ruiensis, diocèse de Vannes.
S. Gisleni, St. Guillain, Mons, diocèse de Cambray.
S. Ginii ou Genii ou Hyginii, ville et diocèse de Lectoure.
Glanderiense, Longeville Glandières, diocèse de Metz.
Glandonis, diocèse de Nevers.
S. Glodessindis, diocèse de Metz.
Glonnense, Saumur (voir S. Florentii), diocèse d'Angers.
S. Godebertœ ou S. Georgii, diocèse de Noyon.
S. Godoberti, faubourg et diocèse d'Angers.
S. Godonis, St. Gon, près Sézanne, diocèse de Troyes.
Gordanicus, Gourdaigne, près Bagnols, diocèse d'Uzès.
Gorziense, Gorze, diocèse de Metz.
Grandis Vallis in Jurensi, diocèse de Besançon.
Grandis Vallis Justi Birsani, diocèse de Bâle.
Grannafolium on Glanna, St. Maur-sur-Loire, diocèse d'Angers.
Grinencensia Honasteria, diocèse de Vienne.
S. Gregorii^ Munster en Gregorientfaai, diocèse de Bâle.
S. Gnillelmi de desertis. St. Guilhem, entre Lodève et Montpellier, diocèse de
Lodève. S. Guingaloci, Landevenech, diocèse de Quimper. Gurthonense, Gourdon, diocèse de Chalon.
Civitas. Helena, Elne, sur le Tech.
(i4T>batiœ, seu ^onasleria.
Habendense, Habend, près Remiremont, diocèse de Toul.
Hamum, deux lieues de la mer, diocèse de Coutances.
Haschovia, Eschau, diocèse de Strasbourg.
Haselacense, Haseler, trois lieues de Molsheim, diocèse de Strasbourg.
Hasnoniense, Hasnon, trois lieues de Valenciennes, diocèse d'Arras.
i6 LISTE COMPLÈTE
Hattonis monasterium, Ettenheim Munster^ sur la rive droite du Rhin^ diocèse de
Strasbourg. Hebronense, diocèse de Mans. S. Heterii, diocèse de Coutances. Herdekinsis , Herdick^ diocèse de Cologne. Herenais (voyez S. Micbœlis in Eremo).
Hersfeldia ou Herocampia, six milles de Fulds^ diocèse de Mayence. S. Hilarii, Église et diocèse de Poitiers. S. Hilarii, deux lieues et diocèse de Carcassonne. S. Hilarii, ville et diocèse de Sens. S. Hyppolyti, près Beaune^ diocèse de Chalon. Hersaugia, Hersaugt^ diocèse de Spire.
Hohenburgum ou Altitona, quatre milles et diocèse de Strasbourg. S. Honoratij aux Aliscamps près et diocèse d'Arles. S. Honorati Lerinense^ diocèse d'Antibes.
Honoviense^ Ile du Rhin^ deux heures et diocèse de Strasbourg. Hornebacum ou Gamundiœ, sur les confins du diocèse de Trêves^ diocèse de Metz. Horreum, Orrein, ville et diocèse de Trêves. S. Huberti ou Andaginense, diocèse de Liège. Hugonis Curia, Honcour^ près Haguenau^ diocèse de Strasbourg. Humolaria^ Homblières, près Saint-Quentin^ diocèse de Noyon. Hunnocurtum, Honnecourt^ entre Saint-Quentin et Cambray^ diocèse de Cambray. Hunnonis Curtis, diocèse de Noyon.
^bhatiœ , seu 'y^onasteria.
Iciodorum, Issoire, diocèse de Clermont.
S. lUidii, St. AUyre, faubourg et diocèse de Clermont.
S. Imerii, St. Hymer^ diocèse de Lisieux.
Inda^ Inde^ dix milles d'Aix-la-Chapelle^ diocèse de Cologne.
Insula^ Tisle de Médoc^ diocèse de Bordeaux.
Insula Barbara, Tlle Barbe^ dans la Saône^ diocèse de Lyon.
Insula ou Isla, diocèse de Beau vais.
Insula, sur TOze^ deux lieues et diocèse de Troyes.
Insula Galli, diocèse de Nevers.
Insula, dans le Rhône^ diocèse d'Arles.
Intramnœ, diocèse du Mans.
S. lohannis, faubourg et diocèse de Maçon.
S. lohannis, ville et diocèse d'Orléans.
S lohannis Eduensis, ville et diocèse d'Autun.
S. lohannis Laudunensis, ville et diocèse de Laon.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 17
S. lohannis in Buxido, sur la Maine^ diocèse du Mans. S. lohannis Baptistœ, près Saint-Martin^ diocèse de Tours. S. lohannis Evangelist», ville et diocèse de Sens. S. lohannis, diocèse de Vienne. S. Irenœi, ville et diocèse de Lyon. Iziense^ diocèse de Bourges.
adbbatiœ, seu Ofonasteria.
m
S. Jacobi Scotorum, à Erfurt, diocèse de Mayence. S. Jacobi Jocundensis> St Jacques-de-Jocon^ diocèse de Narbonne. S. Jacobi, ville et diocèse de Béziers. S. Jacuti, ville et diocèse de Dol. ^Jotrensis, Jouarre, diocèse de Meaux.
S. Jovini de Marnis, St. Jouin-de-Marnes^ près Thouars^ diocèse de Poitiers. SS. Jndicaelis et Hevennii, St. Méan^ diocèse de St. Malo. S. Judoci, St. Josse-sur-Mer, diocèse d'Amiens. S. Juliani Brivatensis, St. Julien-de-Brioude^ diocèse de Clermont. S. Juliani, ville et diocèse d'Uzès. S. Juliani, ville et diocèse de Paris. S. Juliani, diocèse d'Auxerre. S. Juliani, territoire d'Étampes^ diocèse de Sens. S. Juliani, faubourg et diocèse de Tours. S. Juliani de Prato, Le Pré^ faubourg et diocèse du Mans. Juncellum, Juncels^ diocèse de Béziers. Jussanum, diocèse de Besançon. S. Justi, faubourg et diocèse de Lyon. Juviniacum, Juvigny, diocèse de Trêves.
Kerbouan, sur la mer, six lieues et diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
i8 LISTE COMPLÈTE
Civiiates.
'^Lactoriensis^ Lectolre. "*" Leodicensis^ Liège.
Lapurdensis dep. Baionensis^ Lavalr. Leonensis, Saint- Pol-de- Léon.
Lascurrensis, Lescar. Leutevensis , Lodève.
"^Laudunensis, Laon. ^Lezoviensis, Lisieux.
Lausaniensis , Lausanne. * Lingonensia , Langres.
't' Lemovicensis, Limoges. '*'Lugdune]isis, Lyon.
adbbatiœ, seu ^onasteria.
Labrincense, Lavardin, diocèse du Mans.
Landis Villa S. Severini^ diocèse de Sens.
Lanhouarneau, diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
Lanpol, dans l'île d'Ouessant, diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
LatiniacensiSj Lagny^ diocèse de Paris.
LaubiensiSj Bruges^ diocèse de Tournay.
S. Laumemari^ St. Laumer^ dix lieues et diocèse de Chartres.
S. Laurentii, ville et diocèse de Bourges.
S. Laurentii^ ville et diocèse de Chalon.
S. Laurentiij près et diocèse de Maçon.
S. Laurentii^ ville et diocèse de Liège.
S. Laurentii, diocèse de Narbonne.
S. Laurentii, ville et diocèse de Paris.
Laurissa^ Lauresham^ près Heidelberg, diocèse de Worms.
Layum^ Lay^ diocèse de Nancy.
S. Leborii^ S. Loubouez^ sur TAdour, diocèse d'Aire.
S. Leodgarii, St. Ligaire^ près Niort^ diocèse de Saintes.
S. Leonardi ou Vandopera, diocèse du Mans.
S. LeoniSj ville et diocèse de Sens.
Lesatum^ Lezat^ diocèse de Toulouse.
Lescience ou Latiense^ Liesse^ près Avesnes^ diocèse de Laon.
S. Leufridi Crux^ La croix St. Leufroy^ deux lieues et diocèse d'Evreux.
Liengen^ Levès^ près et diocèse de Chartres.
Levitonia (S. Savini in)^ Lavedun^ près Argelez^ diocèse de Tarbes.
Liberiacum^ Livray, diocèse de Bayeux.
S. Licinii, ville et diocèse d'Angers.
S. Lifardi, ville de Melun^ diocèse d'Orléans.
LocciSj Loches^ diocèse de Bourges.
Locociacum^ Ligugé^ diocèse de Poitiers.
DES CITES, ABBAYES ET MONASTÈRES.
Locquirec^ diocèse de Ool.
Logium^ Caudebec^ diocèse de Rouen.
Longa Villa^ St. Martin-aux-Chénes^ diocèse de Metz.
Longoreti^ diocèse d'Auxerre.
S. Luciani, près et diocèse de Beauvais.
Lucionensis S. Marias^ Lucon^ diocèse de Poitiers.
S. Lunarii^ Pontual^ diocèse de St. Malo.
S. Lupantiij près Chinon, diocèse de Tours.
S. Lupij faubourg et diocèse de Troyes.
S. Lupij faubourg et diocèse de Tours.
SS. Lupi et Giraldi, diocèse de Nevers.
Luthrense^ Lure^ diocèse de Besançon.
Luxovienfle^ Luxeuil^ diocèse de Besançon.
«9
Civitates,
Maclovensis^ St. Malo.
Magalonensis^ Maguelonne. "^ Hassiliensis^ Marseille. '*' Matisconensis^ Maçon.
Hauraciensis Maurienne.
*Heldensis^ Meaux. ^Hetensis^ Metz.
Himatensis^ Mende. * Hoguntinensis, Mayence.
Morinensis^ Terouanne.
(i/£bbaHœ, seu (Monasteria.
Madulli Cella^ Saramon^ diocèse d'Auch.
S. Magdalena^ Chateaudun, diocèse de Chartres.
Hagdalena^ La Madeleine^ ville et diocèse de Bayeux.
S. Hagdelena^ ville et diocèse de Metz.
S. Hagloriani^ ville et diocèse de Paris.
S. Haglorii Leonensis^ Dinan^ diocèse de St. Pol-de-Léon.
Hagni locus^ Maulieu^ diocèse de Clermont.
Majns Honasterium^ Marmoutier^ diocèse de Tours.
Malleacensis, Malliac et Maillezais^ diocèse de Poitiers.
Hallo Leone ou Haleolum^ Mauléon, diocèse de Poitiers.
Halmundarium^ Malmedy^ diocèse de Cologne.
Halmundarium^ diocèse de Metz.
Halonia, Maloigne^ près Namur^ diocèse de Liège.
Handanense^ trois milles de GranviUe^ diocèse de Coutances.
Hangis Villare^ Peltzer Montier^ diocèse de Troyes.
Hannacense^ diocèse d'Auxerre.
20 LISTE COMPLÈTE
S. Hansuetij diocèse de TouL
Hansum AzyliSj Mas-d'Azyl, quatre lieues de Pamiers, diocèse de Toulouse.
Mansum Garnense^ Mas-Garnier^ diocèse de Toulouse.
Hansum Virduni^ Mas-Verdun, diocèse de Toulouse.
Marchianensis, Marchiennes^ trois lieues de Douai^ diocèse d*Arras.
S. Harianij près et diocèse d'Auxcrre.
Haricolensis^ Maroilles^ près Landrecies^ diocèse de Cambray.
S. Hariœ puis S. Radegundis^ ville et diocèse de Poitiers.
S. Mariae^ ville et diocèse de Liège.
S. Hariae^ ville et diocèse de Chalon.
8. Hariae^ ville et diocèse de Soissons.
S. Mariae^ près et diocèse d'Auxerre.
S. Mariœ^ ville et diocèse de Troyes.
S. Haris^ faubourg et diocèse du Mans.
S. Maris ad Martyres^ ville et diocèse de Trêves.
S. Mari» AquisgranensiSj Aix-la-Chapelle, diocèse de Liège.
S. Mari» Avenionensis^ ville et diocèse d'Avignon.
S. Marias Blesensis^ Blois^ diocèse dOrléans.
S. Mari» Brogariensis, Bruyère-le-Chateau, près Etampes^ diocèse de Paris.
S. Maris Capruriensis, Cabrières^ diocèse de Narbonne.
S. Maris Cellensis^ près Dinant^ diocèse de Liège.
S. Maris Cermacensis^ trois lieues de Dinant^ diocèse de Liège.
S. Maris Coloniensis, ville et diocèse de Cologne.
S. Maris DeauratSj La Daurade^ diocèse de Toulouse.
S. Maris de Alns^ diocèse de Liège.
S. Maris de Amanio^ près de Huy^ diocèse de Liège.
S. Maris de Arcelis, six lieues de Perpignan^ diocèse d'Elne.
S. Maris de Argentolio, Argenteuil^ diocèse de Paris.
S. Maris de Auriluco^ Arluc, diocèse de Fréjus.
S. Maris de Correno, Correns, diocèse de Fréjus.
S. Maris de Cozano (voir Exalatensis)^ diocèse d*Elne.
S. Maris de Crassa^ Notre- Dame-de-la-Grasse^ quatre lieues et diocèse de
Carcassonne. S. Maris de Eika^ Eike^ entre Maastricht et Ruemonde^ diocèse de Liège. S. Maris de Fussiniaco (voir S. iEmiliani), diocèse de Bordeaux. S. Maris de inter ambas aquas^ Trémesaigues^ diocèse de Toulouse. S. Maris de Latona^ Laone^ diocèse de Chalon. S. Maris de Lura, deux lieues et diocèse de Sisteron. S. Maris de Morellis, Moureaux^ près Sommières^ diocèse de Poitiers. B. Maris de Ossuario^ ville et diocèse de Sens. B. Maris de S. Pétri, St. Pierre-sur-Dives, diocèse de Séez. S. Maris de Ri veto, diocèse de Bazas. S. Maris de Salvatore, ville et diocèse de Carcassonne. S. Maris de Vadatio^ Vaaz^ diocèse du Mans. S. Maris de Vallibus, diocèse de Besançon.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 21
*S. Mari» Dionantensis^ diocèse de Liège.
S. Marias Ezoldunensis^ Issoudun, diocèse de Bourges.
S. Hariœ Fossatensis^ St. Maur-Ies-Fossés^ diocèse de Paris.
S. Maris Hoyensis^ diocèse de Liège.
S. Maris in Cavea^ Chage^ diocèse de Meaux. *S. Maris LaudunensiSj ville et diocèse de Laon.
B. Maris Lombariensis^ Lombez^ diocèse d'Auch.
S. Maris Majoris^ ville et diocèse de Poitiers.
S. Maris Messcensis^ diocèse de Liège.
S. Maris Mecbliniensis^ diocèse de Liège.
S. Maris MiludinensiSj Melun^ diocèse de Sens.
S. Maris Morinensis^ diocèse de Térouanne.
S. Maris Mosomagensis^ Mouson^ diocèse de Reims.
S. Maris Namurcensis, ville et diocèse de Namur.
S. Maris NamurensiSj diocèse de Liège.
S. Maris Pisciacensis^ Poissy^ diocèse de Chartres.
S. Maris Principalis^ Ste. Marie-du-Port^ ville et diocèse de Clermont.
S. Maris Puellaris^ ville et diocèse d'Orléans. * S. Maris Ramenais^ ville et diocèse de Reims.
S. Maris Tudiniensis^ Thuyn^ diocèse de Liège.
S. Maris Vormatensis^ Marien- Munster^ ville et diocèse de Worms.
S. Maris et S. Genesii^ diocèse de Nevers.
S. Marcelli, deux lieues de Montauban^ diocèse de Cahors. *S. Marcelli^ près et diocèse de Chalon.
S. Marcelli^ diocèse de Vienne.
S. Marcelli, près Montélimart, diocèse de Die.
S. Marcelli de Bonavalle, Bonneval, diocèse de Chartres.
Marciliacam, près Figeac, diocèse de Cahors.
S. Mariolum S. Amandi, Marœuil-lèz-Arras, diocèse d'Arras.
S. Martialis, ville et diocèse de Limoges.
S. Martii, près et diocèse de Clermont.
S. Martini Cronensis, diocèse de Clermont.
S. Martini Eduensis^ St. Martin-lèz-Autun, diocèse d'Autun.
S. Martini Massiacensis, Massay, diocèse de Bourges.
S. Martini Majoris, ville et diocèse de Cologne.
S. Martini, faubourg et diocèse de Maçon.
S. Martini a campis, St. Martin-des-Champs, ville et diocèse de Paris.
S. Martini in valle, diocèse de Chartres.
S. Martini, diocèse de Séez.
S. Martini, diocèse d'Auxerre.
S< Martini^ faubourg et diocèse de Nevers.
S. Martini^ près Aureolum depuis Montauban^ diocèse de Toulouse.
S. Martini, faubourg et diocèse de Trêves.
S. Martini, faubourg et diocèse de Metz.
S. Martini, près Sorcy, diocèse de Toul.
22 LISTE COMPLÈTE
* S. Martini, Tours^ diocèse de Tours. S. Martini, ville et diocèse du Mans.
S. Martini St. Martin-aux-Jumeaux, ville et diocèse d'Amiens.
S. Martini de Virsiliis, diocèse de Besançon.
S. Martini, ville et diocèse de Vienne.
MassiacensiSj Massa}% diocèse de Bourges.
Mas dio ou Mas dionum^ Madion^ diocèse de Saintes.
Masonis Villa, Mas-Munster , diocèse de Bâle. j
Mastra Curia, diocèse de Toulouse.
S. Mathias avant S. Eucharei^ diocèse de Trêves.
S. Mathaei, St. Mahé^ diocèse de Saint-Pol-de-Léon. *?S. Mauri^ St. Maur-les-Fossés, diocèse de Paris.
S. Mauri, diocèse de Toul.
S. Mauri avant Glanna, St. Maur-sur-Loire, diocèse d'Angers.
Mauri Monasterium, Maurs Munster, près Saverne, diocèse de Strasbourg.
Mauri Mons, Moiremont^ diocèse de Chalon.
S. Mauricii, ville et diocèse de Sens.
S. Mauricii Bladimontis, Blamont, diocèse de Bazas. *S. Mauritiij St. Maurice-en- Valais, diocèse de Sion.
S. Mauritii, ville et diocèse de Besançon.
S. Mauritii, faubourg et diocèse de Noyon.
* Mauriniacensis, Morigny, près Etampes, diocèse de Sens. *Mauriniana Vallis, Morienval, entre Crespy et Soissons, diocèse de Laon.
S. Maurini, diocèse d'Agen.
Mauziacum, Mauzac, diocèse de Clermont.
* S. Mazentii, St. Maixent^ diocèse de Poitiers. S. Mazimi Crinonensis, près Chinon, diocèse de Tours. S. Maziminij ville et diocèse de Sens. S. Mazimini, faubourg et diocèse de Trêves. Maziminiacum, diocèse de Besançon. S. Medardi, ville et diocèse de Sens. S. Medardi, diocèse de Tours.
* S. Medardi, St. Médard-lèz-Soissons, diocèse de Soissons. Medianum, près et diocèse de Bourges. Medianum Monasterium, Moyen Moutier, diocèse de Toul. Mediolacus, Metlac ou Mithlac, quatre lieues et diocèse de Trêves.
"^ Melbodium, Maubeuge, diocèse de Cambray. S. Meliani, St. Melaine, faubourg et diocèse de Rennes. S. Melianii in Placio, Platz et puis Brains, diocèse de Vannes. Meteretense ou Melaretum, Mou tiers, diocèse d*Auxerre. S. Mello, à Rouen, puis à Pontoise, diocèse de Rouen. S. Memmii, diocèse de Chalon.
Menatense, Menât, neuf lieues et diocèse de Clermont. Mentuniacum, Mantenay St. Lié, diocèse de Troyes. Merbecca, Meerbeck, diocèse de Cologne.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 23
SS. Mevennii et Judicaelis, St. Méen, diocèse de St. Malo.
S. Michaelis de Pistoria, ville et diocèse de Limoges.
S. MichsBlis in Eremo, St. Michel-en-L'Erm, près Luçon, diocèse de Poitiers.
S. HichsBlis de Segureto ou de l'Acu, St.-Michel-de-r Aiguille^ faubourg et diocèse
du Puy. S. Hichaslis, ù Tonnerre, diocèse de Langres. S. Hichaelis (voir Honoviense), diocèse de Strasbourg. S. Hichœlis de Cazano, diocèse d'Elne.
S. Michselis in Teoracio, St. Michel-en-Tiérache, diocèse de Laon. S. Hichœlis, diocèse de Beauvais.
S. Hichœlis in periculo maris, Mont St. Michel, diocèse d'Avranches. S. Hichœlis, St. Mihiel, diocèse de Toul. Hiciacus, Miey, trois lieues et diocèse d'Orléans. Hillebeccus, Maubec, diocèse de Bourges. S. Hoaki^ diocèse de St. Malo. Hoissiacum, Moissac, diocèse de Cahors. Holesmus? Molesmes, près Tanlay, diocèse de Langres.
Honasterium ad Sabim, Moustier-sur-Sambre, deux milles et diocèse de Namur. Honasterium Tillare, Montivilliers, diocèse de Rouen. Hons Altns, diocèse d'Aire.
Hons S. Beati près Coblentz, diocèse de Trêves. Hons S. Othiliœ (voir Hohenburgum), diocèse de Strasbourg. Hons Olivi, Montolion, deux lieues et diocèse de Carcassonne. Hontis Falconis, près Varennes, diocèse de Reims. Hontis Hajoris, Montmajour, diocèse d'Arles. Horbacum, Murbach, diocèse de Bâle. Horiacum, Lochmenech, diocèse de Vannes. 'l'Hosomnm, Mouson, diocèse de Reims.
Civitates.
'''Namnetensis, Nantes. Niciensis, Nice.
* Namurcensis, Namur. * Niversensis, Nevers.
'^^ Narbonensis, Narbomne. "^^ Nemausensis, Nîmes.
1" Noviomensis, Noyon.
a^bbatiœ, seu ^onasteria,
S. Nabori, St. Avold, diocèse de Metz.
Nantolium ou Nantogilum ou Nantoliacum, Nanteuilen Vallée, diocèse de Poitiers.
24 LISTE COMPLÈTE
Nantnacum, Nantua^ diocèse de Lyon.
Nantum, Nanteuil, dépendance de Tabbaye de Vabre^ près Rodez, diocèse de Rodez.
Nantain, Nanteuil, diocèse de Coutances. *S. Nazarii, ville et diocèse d'Autun.
S. Nicasii^ ville et diocèse de Reims.
S. Nicetii, St. Nizier, ville et diocèse de Lyon.
S. Nicetii, ville et diocèse de Vienne.
Niedermonasterinm^ Nieder-Munster, diocèse de Strasbourg.
Rigella abscondita, Nesles-la-Reposte^ en Brie, diocèse de Troyes. '^'Nigella ou Nivialla^ Nivelle, diocèse de Namur.
S. Nonnica, Plemeur, diocèse de Quimper.
Novientum, Ebermunster, diocèse de Strasbourg.
Novavilla, Neuvillers, diocèse de Strasbourg.
Novum Honasterium, Neumoutier ou Ottvilliers, diocèse de Metz.
Civitas. Olorenais, Oléron.
fiÂibatiœ , seu OCbnasteria,
Olfonis cella, Schulteren, diocèse de Strasbourg.
Oflonis villa, diocèse de Besançon.
Oniam, diocèse de Bourges.
Orbacum, Orbais, cinq lieues de Cliateau-Thierry, diocèse de Soissons.
Ordorpense, diocèse de Mayence.
Oriniacum, Origny St. Benoît, diocèse de Laon.
Orpimn, Orp ou Orpen, près Namur, diocèse de Maestricht.
Ossonia villa, diocèse de Toul.
Oyense, près Sézanne, diocèse de Troyes.
Civitates. * Parisiensis, Paris. | Petracoriensis, Perigueux. | *Pictavieiisis, Poitiers.
(^bbatiœ, seu ^onasteria.
S. Paduini, près de la Sarthe, diocèse du Mans. Palatiolum, Palz, faubourg et diocèse de Trêves. Palma, Baume-les- Dames, diocèse de Besançon.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 25
Papolennm ou Popolennm, ville et diocèse de Tours. S. Papnlij St. Papoul^ une lieue de Chateauneuf, diocèse de Toulouse. Paterniacum^ Peterlingen^ près Avenches^ diocèse de Lausanne. S. Patricii^ dans le Morvan^ diocèse de Nevers. S. Patriciaci, diocèse de Bourges. S. Pauli^ ville et diocèse de Limoges. S. Paulin ville et diocèse de Poitiers. S. Paulin ville et diocèse de Lyon. S. Paulin ville et diocèse de Narbonne. S. Paulin faubourg et diocèse de Beau vais. S. Paulij diocèse de Sens. S. Paulij diocèse de Verdun. S. Panli^ ville et diocèse de Besançon. S. Paulij ville et diocèse de Lausanne. Pauliacum^ à quatre lieues et diocèse de Rouen. Pentale^ au confluent de la Seine et de la Risle^ diocèse de Rouen. Peros Qoirec^ diocèse de Dol. Pesaanimi ou Pecianum, près et diocèse d'Auch. S. Petri^ ville et diocèse de Cologne. S. Petri^ diocèse de Liège. S. Petri^ diocèse de Maçon. S. Petri^ ville et diocèce de Reims. S. Pétri, ville et diocèse de Beauveais. S. Petri^ sur la Dive, diocèse de Seez. *S, Petri^ à Corbie^ diocèse d'Amiens. S. Petri^ à Melun^ diocèse de Sens. S. Petri^ faubourg et diocèse d'Auxerre. S. Petri^ ville et diocèse de Metz. S. Petrij ville et diocèse de Vienne. S. Pétri ad Cœmeteriunij ville et diocèse de Tours. S. Pétri ad montes^ diocèse de Chalon. S. Pétri Cabilonenais^ ville et diocèse de Chalon. S. Pétri Condomensis^ Condom.
S. Pétri de alta petra^ Moutier-Haute-Pierre^ diocèse de Besançon. S. Pétri de Belle monte^ St. Pierre-de-Beaumont ^ près et diocèse de Clermont. S. Pétri de Blasilia^ St. Pierre-de-Blesle^ diocèse de Clermont. S. Pétri de Burgo^ ville et diocèse de Valence. S. Pétri de Buaogilo^ diocèse du Mans.
S. Pétri de Cabaria (voir S. Maria Caprariensis)^ diocèse de Narbonne. S. Pétri di Cannis^ Cannes^ diocèse de Narbonne. S. Pétri de Caais^ Les Chases^ sur rAllier^ diocèse de Clermont. S. Pétri de Clariaco^ Clairac^ diocèse d*Agen. S. Pétri de Cultura^ faubourg et diocèse du Mans. S. Pétri de Hamo^ deux lieues de la mer^ diocèse de Coutances. S. Pétri de Parciaco^ diocèse de Tours.
4
26 LISTE COMPLÈTE
S. Pétri de Ponte^ St. Pierre-en-Pont, ville et diocèse d'Orléans.
*S. Petri de Ponte, Pierrepont^ diocèse de Laon.
S. Petri de Régula^ Squirs^ sur la Garonne^ diocèse de Bazas.
S. Petri de Régula^ La Réouie, diocèse de Lescar.
S. Petri de Turre^ St. Pierre-la-Tour, ville et diocèse du Puy.
S. Petri EngolismensiSj ville et diocèse d^Angoulème.
S. Petri Flaviniaci^ diocèse d'Autun.
S. Petri Frislariensis^ Frizlar, sur TEder^ diocèse de Mayence.
S. Petri in BuzidOj diocèse du Mans.
S. Petri in Eriordia^ Petersberg, près Fulde, diocèse de Mayence.
S. Petri in valle^ St. Pierre-en-Val^ ville et diocèse de Chartres.
S. Petri Lezatiensis^ Lezat^ diocèse de Toulouse.
S. Petri Lugdnnensis, ville et diocèse de Lyon.
S. Petri pnellare^ St. Pierre-le-Puellier^ ville et diocèse de Poitiers.
S. Petri pnellarnm^ ville et diocèse de Bourges.
S. Petri puellarum^ faubourg et diocèse de Tours.
S. Petri Yesuntionensis^ diocèse de Besançon.
S. Petri vivij ville et diocèse de Sens.
S. Petrusii^ en Morvan, diocèse de Nevers.
* S. Philiberti^ à Tournus^ diocèse de Chalon. 1" Pisciacum^ Poissy^ diocèse de Chartres.
Poliniacum^ Poligny^ diocèse de Besançon.
S. Polycarpij trois milles de Limoux^ diocèse de Narbonne.
S, Pontii Tomeriarum^ St. Pons-de-Tomières, diocèse de Narbonne.
Pontiniacum^ Pontigny^ diocèse de Bourges.
Porcetum^ Portait^ diocèse de Liège.
Portus Mauri^ Port-Mort, diocèse de Rouen.
Pratellum, Préaux, près Pont-Audemer, diocèse de Rouen.
S. Prœjecti, St. Prix, diocèse de Noyon.
S. Prœjecti Flaviniaci, diocèse d*Autun.
Princiacus, diocèse de Bourges.
S. Privati, St. Privat-du-Gers, ville et diocèse d'Uzès.
* Prnmia, Prum ou Pruim, dix lieues et diocèse de Trêves. Pultaririensis^ Ponthières, deux lieues de Molesmes, diocèse de Langres. Puteolns, sur la Voire, diocèse de Chalon.
Cl
Q/fbbatiœ, seu ^onasteria.
S. Quintini, ville et diocèse de Troyes.
S. Quintini de Honte, Mont-St. -Quentin, près Péronne, diocèse d'Amiens. S. Quintini in insula. Abbaye d'Isle à St. Quentin, diocèse de Noyon. * S. Quintini Viromanduensis, St. Quentin, diocèse de Noyon. S. Quiteriœ de Manso, diocèse d'Aire.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES.
27
Civitates,
* Redonensifl, Rennes.
Regensis, Riez, en Provence. "*" Remensifl, Reims.
RivensiSj Rieux^ en Bretagne.
* Rotomagensis, Rouen. Rupellensis, La Rochelle.
* Ruthenensis, Rodez.
Q/£bbatiœ , seu OfTonasteria.
Radolium, Reuil, près Jouarre, diocèse de Meaux. S. Ragneberti, St. Rambert, entre Bourg et Belley, diocèse de Lyon. Rauzaliœ monasterium, Moutier-Rauzeille, diocèse de Limoges. Redeverus, ' Riviers, diocèse de Bayeux. Redum, Réez, trois lieues et diocèse de Meaux. S. Reguli, ville et diocèse de Senlis. S. Remigii, ville et diocèse de Reims. S. Remigii, ville et diocèse de Sens.
Reomus, Moutier-St.-Jean, près Tonnerre, diocèse de Langres. Resbacensis, Rebais, diocèse de Meaux. Retense, diocèse de Limoges. *Retonda8, Retondes, entre Soissons et Compiègne, diocèse de Soissons. Ribodi mons, Ribemont, près St. Quentin, diocèse de Laon. S. Richarii, St. Riquier, diocèse d'Amiens. S. Richmerii, diocèse du Mans. S. Rigomeri, St. Rigomer, ville et diocèse de Meaux. S. Rigomeri, près de la Sarthe, diocèse du Mans. Rodenacum ou Rotomacum, Kenay ou Ernay, entre Audenarde et Gerardmont,
diocèse de Liège. Romanense ou S. Bernardi, diocèse de Vienne. S. Romani de Rupe, près St. Claude, diocèse de Lyon. Romanum, diocèse de Lausanne. Romarici Mena, Remiremont, diocèse de Toul. Rotonense, Redon, diocèse de Vannes. Rubiacenais, près et diocèse de Clermont. Ruâiacenais, Ruffec, diocèse de Limoges. Ruiensia, St. Gildas-de-Ruiz, diocèse de Vannes. S. Rumoldi, près Malines, diocèse de Liège. Rutela, Rethel, diocèse de Trêves.
28 LISTE COMPLÈTE
Civitates.
SagiensiSj Seez. 'I' SUvanectensis^ Senlis.
* SantoniensiSj Saintes. Sistaricensis^ Sisteron.
SedunensiSj Sion. Spirensis^ Spire.
Senecensis ou Sanitium^ Senez^ entre '''StratbQrgeiiais^ Strasbourg (voir Ar-
Embrun et Sisteron. , gentoratensis).
^SenonensiSj Sens. "*" Suessionensis^ Soissons.
adbbati^, seu (Monasteria.
Saciacum^ diocèse d'Auxerre. S. Salvatoris^ ville et diocèse de Nîmes. S. Salvatoris^ ville et diocèse de Lodève. S. SalvatoriSj ville et diocèse de Carcassonne. S. Salvatoris^ St. Sauveur-le-Vicomte^ diocèse de Coutances. S. Salvatoris^ diocèse de Nevers. S. SalvatoriSj en Puysau^ diocèse d'Auxerre. S. Salvatoris de Brogilo^ diocèse du Mans.
S. Salvatoris Virtudensis^ St. Sauveur-des-Vertus^ diocèse de Chalon. S. Salviij ville et diocèse d'Alby.
S. Salviij St. Sauve^ à Valenciennes^ diocèse de Cambray. S. Salvii, St. Sauve, diocèse d'Amiens. S. Salvii^ St. Saire^ diocèse de Rouen. Sangenovefana^ Ste. Geneviève^ ville et diocèse de Paris. Sangerardense^ St. Gérard-de-Broyen^ trois lieues et diocèse de Namur. S. Samsonis^ ville et diocèse de Dol. S. Sanctini^ St. Saintin^ ville et diocèse de Meaux. Sarlatum^ Sarlat^ diocèse de Périgueux. S. Satumini^ St. Semin, «ville et diocèse de Toulouse. S. Satumini^ diocèse d'Angers.
S. Savini^ St. Sabin^ près Argelez^ diocèse de Tarbes. Saviniacense^ Savigny^ trois lieues et diocèse de Lyon. Saxiacum^ St. Benoit de-Seyssieu^ sur le Rhône^ diocèse de Lyon. S. Scholastica^ faubourg et diocèse du Mans. Schwarzacum^ près Ulm^ diocèse de Strasbourg. Scotorium (voir Doratum)^ sur la Sèvre^ diocèse de Limoges. ^^. Sebaatiani^ faubourg et diocèse de Soissons. S. Sebastiani de Hagno Loco^ St. Sébastien-de-Maulieu^ diocèse de Clermont.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 29
Sedaciacum, St. Martin-de-Sarsey^ diocèse de Saintes.
Seligenstadiensis, trois milles de Francfort, diocèse de Mayence.
Senapara^ Sevenières^ diocèse de Tours.
Septem Fontiom, près Caussade^ diocèse de Cahors.
Septem Holœ, Criel? diocèse de Rouen.
S. Sequani^ St. Seine^ cinq lieues de Dijon^ diocèse de Langres.
S. Serenici, diocèse de Séez.
SS. Sergii et Buchi> St. Serge^ faubourg et diocèse d'Angers.
S. Servatii, diocèse de Liège.
Seaciacense, Sciey^ près Grandville^ diocèse de Coutances.
Seasiacum, diocèse d'Auxerre.
S. Severi, St. Sever, diocèse d'Aire.
S. Severi, ville et diocèse d'Agde.
S. Severi, deux lieues de Vire^ diocèse de Coutances.
S. Severi de Albiciaco, St. Sever-^de-Rustien, diocèse de Tarbes. 'S. Severini, diocèse de Bordeaux.
S. Severini, ville et diocèse de Paris.
S. Severini, à Château-Landon^ diocèse de Sens.
S. Sidonii, sur la Varenne^ diocèse de Rouen.
S. Sigiamundi, près Rouffach^ diocèse de Strasbourg.
Silezia ou Siezia. St. Lauthène, près Poligny^ diocèse de Besançon.
Silva Regalis (voir Ulmetum).
Simorra, sur la Gimone^ diocèse d'Auch.
S. Sixti, ville et diocèse de Reims.
Soliacum ou Sublacum, Souillac^ diocèse de Dax.
Sordua, diocèse de Dax.
Soricinium, Sorèze^ diocèse de Lavaur.
Sparnacum, Épernay^ diocèse de Reims.
Spinalium, Epinal^ diocèse de Toul.
Stabulensis, Stavelo^ diocèse de Liège.
Stabnlum, diocèse de Metz.
S. Stephani, ville et diocèse de Paris.
S. Stephani, faubourg et diocèse de Noyon.
S. Stephani, diocèse de Nevers.
S. Stephani, à Caen^ diocèse de Bayeux.
S. Stephani, faubourg et diocèse d'Angers.
S. Stephani, ville et diocèse de Lausanne.
S. Stephani, ville et diocèse d'Agen. *TS. Stephani Argentinenaia. ville et diocèse de Strasbourg.
S. Stephani Beanienae, Baigne, diocèse de Saintes.
S. Stephani de Ariuco, diocèse d'Antibes.
S. Stephani de Crnciaco, diocèse de Soissons.
S. Stephani de Tornaco, Tornac, diocèse de Nîmes. '^'TS. Stephani Divionenaia Dijon^ diocèse de Langres.
Stivagium, Estival, diocèse de Toul.
3o LISTE COMPLÈTE
Suestrensis, Susteren^ diocèse de Liège.
S. Sulpicii, ville et diocèse d'Uzès.
Suraburgensis ou Sancta Silva, Surbourg^ huit lieues et diocèse de Strasbourg.
S. Symphoriani. ville et diocèse de Bourges.
S. Symphoriani^ ville et diocèse d'Autun.
S. Symphoriani, diocèse de Beau vais.
S. Symphoriani, ville et diocèse de Sens.
S. Symphoriani, près et diocèse de Trêves.
S. Symphoriani, diocèse de Metz.
Civitates.
Tarbenais^ Tarbes. 'I' Tornacenaia^ Tournay.
Tarentaaiensis, Tarentaise. "*" Trecensis^ Troyes. * Tarvanna, Térouanne (Voir Morinensis). Tricastinenais, St. P aul-trois-Chateaux,
Telonensis^ Toulon. * TrevirensiSj Trêves.
'l'Tolosanaj Toulouse. ^Tnllenais^ Toul.
oAibatiœ, seu ^onasteria.
Talveriae^ Talloires, sur le lac d'Annecy^ diocèse de Genève. Tauracum, diocèse de Dol. S. Taurinij ville et diocèse d'Evreuz. Taurisiacum^ diocèse de Bourges. Tecladenae^ Teillède^ près Riom^ diocèse de Clermont. S. Theodorici^ près et diocèse de Reims.
Theolegium ou Tabuleium^ Tholey^ près St. Wandelin^ diocèse de Trêves. S. Theuderii, Arcisses^ diocèse de Vienne. S. Thomas^ près et diocèse de Strasbourg. S. Thoms^ à Andernach^ diocèse de Trêves. S. Thyrsi^ ville et diocèse de Lausanne. S. Tiberii^ deux lieues et diocèse d'Agde. S. Timothei^ ville et diocèse de Reims. Tencilliacensia^ Pont-de-Cé? diocèse d'Angers. S. Trechii in Buzido^ diocèse du Mans. S. Troeaii^ diocèse de Nevers.
"^S. Trudonis^ St. Tron^ six milles et diocèse de Liège. Truncinium^ Dronghen^ près Gand^ diocèse de Tournay. S. Tudii Insula^ Enez Tudi^ près Combret, diocèse de Quimper. Tuffiacense^ diocèse du Mans.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 3i
S. Tugduali^ ville et diocèse de Tréguier. Turoltum, à Bruges/ diocèse de Tournay. Tutela^ TuUe^ diocèse de Clermont.
Civitas. * Uceticensis, Uzès.
(i4J>batiœ, seu (Mbnasteria.
>»
S. nUacii^ diocèse du Mans.
Dlmensis^ près Malines^ diocèse de Liège.
S. Urbanij en Pertois^ diocèse de Cbalon.
S. Drsi, diocèse de Tours.
Ursi Campi ou Urbs Campus^ Ourscamp^ diocèse de Noyon.
S. Urainiij diocèse de Bâle.
S. Ursula^ ville et diocèse de Cologne.
Uticom^ diocèse de Séez.
Civitaies.
Valentinensis^ Valence. ^Vesontium^ Besançon.
Vapincenais^ Gap. **" Viennenais^ Vienne. Vaaatenais^ Bazas. Vincienais ou Vecisienais^ Venge entre
Taaionensia^ Vaison. Antibes et Grasse.
* Vellavenaia ou Anicienais, Le Puy. * Virdonenaia^ Verdun. Venetenaiaj Vannes. Vivarienaia^ Viviers.
Veromanduenaia^ Vermand. Vormatenaia^ Worms.
<i4J?baiiœ, seu ^onasteria.
Vabrum^ Vabre, près Rodez^ diocèse de Rodez.
Vadatiom^ Vaas^ diocèse du Mans.
Valada^ diocèse de>Toulouse.
S. Valdetmdisl Ste. Vaudru^ à Mons^ diocèse de Cambray.
Valeluaenaia^ diocèse de Besançon.
S. Valeriani, diocèse d'Auxerre.
32 LISTE COMPLÈTE
Vallon, diocèse de DoL
Valsiodorense, Wasort ou Valincourt^ près Dinant^ diocès;^ de Liège.
Vandopera, diocèse du Mans.
Varenna, en Tellau^ diocèse de Rouen.
Varenna^ diocèse d'Auxerre.
Vaurnm ou Vora, Lavaur^ diocèse de Toulouse.
S. Vedaati, S. Waast^ diocèse d'Arras.
S. Venantii, ville et diocèse de Tours.
S. Tenantii Halliacensia, quatre milles et diocèse de Tours.
Vergavilla, diocèse de Metz.
Vertonense, diocèse de Nantes.
Vêtus murus, Vieil mur, douze lieues de Castres^ diocèse d*Alby.
Vêtus Civitas, Ploucastel, diocèse de Tréquier.
S. Victoris, ville et diocèse de Marseille.
S. Victoria, faubourg et diocèse de Nevers.
S. Victoris, diocèse de Valence.
S. Victurii, près de la Sarthe^ diocèse du Mans.
S. Vigoris, près et diocèse de Bayeux.
Villa Crosa, diocèse de Fréjus.
Villalupa, Villeloin, diocèse de Tours.
Villare Monasterium, Montivilliers, près le Havre^ diocèse de Rouen.
Vills magns, Villemagne-l'Argentière, diocèse de Béziers.
S. Vincentii, près et diocèse de Maçon.
S. Vincentii, ville et diocèse de Laon.
S. Vincentii, faubourg et diocèse de Metz.
S. Vincentii. diocèse de Tours.
S. Vincentii, sur la Sarthe, diocèse du Mans.
S. Vincentii, diocèse de Besançon.
S. Vincentii, diocèse de Vienne.
S. Vincentii Arslatensis, Artay, diocèse de Besançon.
S. Vincentii de Magniaco, diocèse de Nevers.
S. Vincentii Lucansis ou Saltu bono, Saute- bon-de-Luc^ diocèse d'Oloron.
Vintlana, Bray^ diocèse de Rouen.
S. Virginia, ville et diocèse de Mayence.
Virduni Hansum, Mas-Verdun^ diocèse de Toulouse.
de Virsiliis S. Martini^ diocèse de Besançon.
Virtudum, St. Sauveur-des- Vertus, diocèse de Chalon.
Verziniacum S. Basoli, S. Basle^ diocèse de Reims.
S. Vitoni, St. Vannes, diocèse de Toul.
S. Viti, diocèse de Besançon.
S. Voluscani, à Foix, diocèse de Toulouse.
Volvicense, Volvic, diocèse de Clermont.
S. VuUini, diocèse d'Auxerre.
S. Vulmari, Samer, diocèse de Térouanne.
S. Walarici, en Vimeux, diocèse d'Amiens.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 33
S. Waldeburgis, un mille de Hagiienau^ diocèse de Strasbourg.
S. Wandregisilii^ S. Wandrille^ près Caudebec^ diocèse de Rouen.
Weissemburgum^ Wissembourg^ diocèse de Spire.
Werda ou Insula^ Kaiserverth^ sur le Rhin^ diocèse de Cologne.
Werdena^ Werden, près Rocroy, diocèse de Cologne.
S. Willebrordij Epternac^ diocèse de Trêves.
Woromhaltum^ Wormhoult^ près St. Omer^ diocèse de Térouanne.
de Yvelina^ Veaune^ ville et diocèse de Marseille.
■î^'^i
5
Deaxièfia© Ph^ti©
CATALOGUE RAISONNÉ
DES
MONNAIES CAROLINGIENNES
CATALOGUE RAISONNÉ
DES MONNAIES CAROLINGIENNES
3jes paires du Valais (619 à 152).
Quoique cet ouvrage ne contienne le dessin ou la description d'aucun de ces deniers d'argent (saigas ou sceatas) émis pendant les dernières années de la royauté mérovingienne, je crois devoir donner ici un court résumé de l'histoire des princes d'Austrasie sous la principauté desquels furent surtout émises ces monnaies si curieuses et, jusqu'à ce jour, si peu connues. On verra qu'en réalité la royauté carolingienne a commencé de fait bien antérieurement à l'avènement de Pépin-le-Bref. Il n'y a eu de transition brusque ni dans la situation personnelle de ces princes austrasiens, ni dans le système politique ou administratif du pays; il a dû nécessairement en être de même pour le système monétaire. On reconnaîtra, dans ce court résumé, un enchaînement logique de ' faits qui a amené nécessairement, sans secousses et sans révolutions, la chute de la dynastie mérovingienne et l'avènement des carolingiens. Ces derniers n'ont été, je le répète, que les continuateurs , en tout , du système politique et administratif existant lors de la chute du dernier roi de la première race .
Après la mort de Dagobert II, dernier roi d'Austrasie (679), Pépin d'Herstal marche sur Paris et, maître de la personne de Thierry III (687), il règne sur toute la France, avec les rois à lui soumis^ disent les annales frankes. Il meurt en 714.
Son fils Karle est proclamé duc d'Austrasie (71 5). Au printemps de
38 MONNAIES FRANÇAISES.
Tannée 717 il s'avance, à la tête d'une armée austrasienne, contre le roi Hilpéric qui refuse de lui rendre la principauté {principatum) qu'avait eue son père Pépin sur les Franks occidentaux. Le roi de Neustrie est battu et se réfugie auprès d'Eudes duc d'Aquitaine. Karle se donne un roi du nom de Chlother qui meurt en 719. Il réclame alors à Eudes la personne de Hilpéric et le trésor royal. Le duc d'Aquitaine cède au duc d'Austrasie et accepte l'alliance franke. La Gaule se trouve ainsi partagée entre Karle et Eudes qui prend le nom de roi des Gallo-Wascons.
Hilpéric est ramené en Neustrie où Karle, disent les annales de Metz, en agit miséricordieusement avec lui et l'établit roi sous son autorité.
A la mort de Hilpéric, Karle lui donne pour successeur (729) le fils de Dagobert III, Théodoric de Chelles, qui meurt en 737.
Le roi d'Aquitaine, Eudes, étant mort sur ces entrefaites^ son fils et successeur Hunald est sommé par le duc de France de reconnaître sa suprématie. Hunald refuse, est battu (736) et n'obtient, sous le titre de duc, la possession paisible de ses états qu'à la condition de les tenir à foi et hommage du duc Karle et de ses deux enfants Pépin etKarloman. Le nom du roi n'est même pas prononcé. A la mort de ce dernier, Karle, sans s'occuper de lui donner un successeur, gouverne seul le royaume sous le titre de Duc des Franks (de 737 à 741). On a de lui un diplôme daté de la cinquième année après la mort du roi Théodoric. Son épitaphe lui donne le titre de roi, mais il ne le prit jamais.
En 741 Pépin et Karloman succèdent à leur père Karle-Martel et reçoivent en partage : Karloman l'Allemanie ou Souabe, TAustrasie, la France d'Outre-Rhin et la Thuringe, avec la suzeraineté sur le reste de la Germanie. Pépin a pour sa part: la Neustrie, la Burgondie et la Provence, ainsi que l'Aquitaine, à charge par lui de la conquérir. Les deux frères créent un roi, Hildéric III fils de Hilpéric II; cette royauté nominale n'empêche pas Karloman, dans la préface d'un capitulaire de l'an 743, publié à Leptines, de dire qu'il a rassemblé les évêques in regno suo. En admettant que Regnum signifie seulement ici le Domaine utile, le monnoyage devait en faire partie. On trouve même une charte du règne de Hildéric III où le nom du roi ne figure pas et qui porte: régnante Carolomanno et Bobone comité.
En 743 les deux frères réunis s'emparent de la Bavière.
En 745 le duc Hunald, battu par eux, se reconnaît vassal de Pépin.
SECONDE RACE. 39
En 747 Karloman se retire au Mont-Cassin, remettant aux mains de Pépin ses enfants et son royaume. Pépin s'empare du tout: 7{egnum totum sibi vindicavit.
Enfin en 752, Pépin, las de ce fantôme de royauté mérovingienne, dépose le roi Hildéric III, le fait enfermer au monastère de Sithin (Saint-Bertin) et se fait proclamer roi des Franks.
Œ^épin-te-SBref (de 152 à 768).
Pépin est sacré en mars 752.
En 753 il réunit à ses états la Septimanie à l'exception de Narbonne. La même année il bat les Saxons. Il s'empare de Vannes où il place un comte frank (Rennes et Nantes étaient rentrées sous la domination franke depuis le règne de Karle-Martel).
En 754 Pépin est sacré roi, avec ses deux fils, à Saint-Denis, le 28 juillet, par le pape Etienne II, à la prière duquel il déclare la guerre à Astulfe roi des Langobards. Ce dernier est battu et s'engage à rendre au pape l'exarchat de Ravenne avec la Romagne et le duché d'Urbin dont il s'était emparé. Pépin, pour assurer la tranquillité de la papauté, rédige la fameuse donation par laquelle il constitue le Domaine de Saint- Pierre.
Le II juillet 755 Pépin réunit un concile à son palais de Vernon-sur- Seine. Dans ce concile il rend une ordonnance sur les monnaies, prescri- vant de tailler 22 sols d'argent dans une livre au lieu de 25 qu'on taillait auparavant.
En 756 le roi des Langobards reprend les armes et vient assiéger Rome. Pépin accourt en Italie avec ses deux fils Karle et Karloman. Astulfe se réfugie à Pavie, puis il se soumet et s'engage à payer un tribut et à livrer au pape la ville de Commachio qui est réunie au patri- moine de Saint-Pierre.
En 758 les Garinthiens (entre la Drave et le golfe de Trieste) se soumettent à lui pour obtenir protection contre les Huns.
En 759 Narbonne est prise et réunie au royaume frank.
40 MONNAIES FRANÇAISES.
En 761 Pépin envahit l'Aquitaine et s'empare de diverses places fortes telles que Bourbon-rArchambault, Chantelle et Clermont (Clarus Mons, Claremons) citadelle de la cité Arverne.
En 762 nouvelle invasion de l'Aquitaine ; Thouars est brûlé, Bourges est pris.
De 763 à 768, nouvelles campagnes contre Waïfer, l'Aquitaine est tout entière soumise. Pépin fait bâtir un palais à Bourges en signe d'irrévocable conquête.
Il meurt le 24 octobre 768, après avoir partagé son royaume entre ses deux fils Karle et Karloman.
Pépin est le premier roi de France qui ait employé dans ses diplômes la formule GRATIA DEI REX. Son fils Karle l'employa communément. Elle a été à tort regardée comme une marque de souveraineté. Non seulement des princes, mais des évéques, des abbés et de simples prêtres s'en sont servis, sans autre dessein que d'exprimer leur re- connaissance envers Dieu.
Planche I.
Angers? (Andegavis Civitas).
I. RP en monogramme dans un cercle de grènetis; deux points dans le champ; ^ 9 A — M— D — E en monogramme dans un cercle de grènetis; un demi- cercle de points entoure les lettres DE.
Denier. Ma collection (voir Carloman^ n® 2 et Charlemagne, n® 6).
L'ordre alphabétique, que j'ai adopté, m'oblige à présenter en pre- mier lieu une monnaie de fabrication moderne. Mais comme cette pièce a reçu en quelque sorte ses lettres d'authenticité de nos maîtres en numismatique, je dois discuter leur opinion, et expliquer pourquoi il m'est impossible de l'admettre. Ce denier est identique, comme revers à celui de Charlemagne (pi. V, n" 6) ce que je dirai de l'un s'appli- quera à l'autre, comme aussi au denier de Carloman (pi. IV, n** 2) sur lequel ils ont été copiés tous deux.
M. Cartier, et généralement tous les auteurs qui ont décrit ce denier, l'attribuent à la ville d'Angers. Disons de suite que cette attribution
SECONDE RACE. 41
n'est pas soutenable en présence du denier de Carloman, la ville d'An- gers n'ayant jamais fait partie du royaume de ce fils aîné de Pépin.
M. de Longpérier, décomposant le monogramme y trouve les lettres A-M-D-V ou A-N~D-E-M et pencherait pour le monétaire AMEDEVS^ la forme AN DEM pour Andematunum (Langres) n'étant plus, dit-il, en usage au VIII* siècle.
Il est vrai qu'à cette époque le nom de LINGONUM était presque tou- jours employé au lieu du nom ancien, mais nous verrons, sous Louis I**" et même sous Lothaire, le nom de Mettis remplacé sur la monnaie par les noms Mediomatricorum, Mediomatricis qui, déjà depuis longtemps, étaient tombés en désuétude.
Quant aux noms de monétaires sur les monnaies carolingiennes, je crois, malgré toute l'autorité du nom de M. de Longpérier, qu'il faut y renoncer. Le système, propre à la première race, de fonctionnaires d'ordre inférieur signant les monnaies frappées sur tous les points du royaume frank, avait disparu complètement lors de l'avènement au trône de Pépin-le-Bref. Sur les saigas ou scéatas, qui étaient presque la seule monnaie nationale pendant les règnes des derniers maires du Palais, on ne les retrouve déjà plus. Il n'est pas douteux que certaines monnaies des premiers rois de la seconde race portent des noms d'hommes, mais ces noms y sont placés en vertu d'un système ad- ministratif tout différent de celui qui était en vigueur sous les rois mérovingiens ; je m'étendrai sur ce point plus longuement à propos de la monnaie de GADDO (pi. II, n" 28).
Revenant à notre denier, ainsi qu'à celui de Charlemagne, voici les raisons qui me les font rejeter de la série des monnaies authentiques de la seconde race : Si l'on remarque Taspect sec et maigre de la gravure et l'identité de ces deux médailles émises à un assez long intervalle l'une de l'autre, à une époque où il est presque impossible de trouver, sous le même règne et dans le même atelier, deux deniers frappés avec le même coin ; si on les place enfin au milieu des monnaies bien cer- taines de Pépin et de Charlemagne, aucun doute ne pourra subsister. Etant seul, jusqu'alors, de cet avis, je ne pouvais supprimer, de mon autorité privée, deux monumens numismatiques de cette importance. Je les ai donc discutés aussi sérieusement que si je n'avais aucun doute sur leur authenticité.
42 MONNAIES FRANÇAISES.
Antrain (Interamnis Vicus).
2. RP dans un cercle de grènctis, six points dans le champ;
5^ INT— TRA-NO en trois lignes séparées par des barres horizontales; I et N sont liés ainsi que R et A, le tout dans un cercle de grènetis. Denier. Ma collection; découverte d'Imphy .... Valeur i5o fr.
Un denier semblable et de même provenance, faisant partie de la col- lection de P. d'A. porte à la première ligne du revers NT (voir Première Partie^ pi. I, n^ 4). M. de San-Quintino cite une obole de Pépin, à ce même type, qu'il aurait vue dans une collection particulière; c'est évidemment une erreur; il n'y a pas d'obole de Pépin; c'était probable- ment un denier rogné ou, ce qui serait beaucoup plus intéressant, un denier de petit module.
Un autre denier, de même provenance et faisant partie de la même collection, porte à la première ligne AIT (voir Première Partie^ pi. I, n" 2).
3. RF dans un cercle de grènetis^ cinq points dans le champ;
IjC AVT— TRA— NO en trois lignes séparées par des barres horizontales; A et V sont liés, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 100 fr.
Sur un autre denier semblable, de même provenance et faisant partie de la même collection, on lit, à la première ligne du revers, AT (voir Première Partie^ pi. I, n** 5).
4. RP dans un cercle de grènetis, six points dans le champ;
IjC M— •**DA— OU en trois lignes séparées par des barres horizontales; le D et l'A sont renversés, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy .... Valeur yS fr.
Un autre denier de la même provenance et faisant partie de la même collection, ne diffère du n"* 4 que parce que la seconde ligne du revers porte TRA.
Tous les deniers décrits ci-dessus ont été frappés à Antrain, localité ancienne située à peu de distance d'Imphy.
M. de Longpérier, poursuivant l'idée^ qui lui appartient en propre, de perpétuer, sous les premiers carolingiens, la personnalité des moné- taires mérovingiens, a voulu voir, dans le nom gravé au revers de ce denier celui du monétaire Auttramnus. J'exposerai plus loin les raisons qui m'empêchent de me rallier à cette opinion de notre illustre maître.
SECONDE RACE. 43
Mais je ne puis résister au désir de mettre sous les yeux de mes lecteurs une partie de la dissertation si savante et si intéressante qu'il a, sur ce sujet, insérée dans la Revue Numismatique française de Tannée i858 en décrivant la célèbre trouvaille d'Imphy.
a... Nous avons pu relever dix noms de monétaires: Auttramnus, Adomundus, Ardis, Duodiwig, Had, Gervasius^ Leutbrannus, Mettha- dolus, Rodlannus et Sperandeus, qui viennent s'ajouter à ceux de Gaddo, d'Adradis, d'Odalricus et de Walacarius que nous avons fait connaître autrefois
Auttramno n'est autre chose que le nom d'homme Authramnus à l'ablatif. Ce nom nous le retrouvons dans divers textes carolingiens sous les formes Altramnus, Altrannus, Aletramnus, Aledramnus, Autran- nus, Auteramnus, Auderamnus, Audramnus, Ottrannus, Odramnus. Nous pouvons citer aussi un nom très voisin, Aithramnus; voisin seulement pour la formation, parce que les noms qui commencent par AIT font une classe à part; mais Auttendus], Aultinus, Auttrudis, Ottrulfus, Ottradus, nous fournissent d'autres exemples de l'altération du radical ALD. Quant à la terminaison RAMNVS, première altération de CHRAMNVS (Bertchramnus, Gairechramnus, Waltechramnus) qui vient du radical germanique hraban, elle est une des plus communes parmi les noms des Franks ; il nous serait facile d'en citer encore plus d'une centaine après ceux que nous avons indiqués. Mais sans aller si loin, nous croyons pouvoir mentionner quelques noms de cette classe, afin de bien prouver c{u Auttramnus appartient à une famille de noms d'hommes, qu'il est impossible de confondre avec des noms géogra- phiques. On trouvera donc en lisant les textes carolingiens: Amal- trannus, Ansedramnus, Baltrannus, Bertramnus, Blittrannus, Cons- trannus, Deodramnus, Domtrannus, Droctramna, Dulcedramnus , Elec- trannus, Ercadramna, Ermedrannus, Evertramna, Fulcadramnus, Gairtramnus, Guntramnus, Hiltrannus, Ingadramnus, Lautramnus, Lethramnus, Mahidrannus, Maintraunus, Mondramnus, Natrannus, Raintramnus, Rotrannus, Sigedrannus, Sintramnus, Teutrannus, Wal- tramnus, Warmedramnus, Wiltrannus, Witramnus, etc.
Ainsi dans le radical HRABAN on voit le B se changer en M, puis l'articulation MN devenir NN ; enfin plus tard le second N se change en D; Ingatrannus devient Enguerand, Bertramnus Bertrand »
44 MONNAIES FRANÇAISES.
J'ai dit que je ne croyais pas pouvoir me rallier à l'opinion de M. de Longpérier ; plusieurs raisons s'y opposent. Je pose d'abord en principe que les noms d'hommes, sur les monnaies carolingiennes, étaient une exception. Quand on rencontre un nom de localité qui, aussi bien qu'un nom d'homme, traduit la légende de la monnaie, c'est au premier qu'il faut donner la préférence. De plus, dans le cas particulier qui nous occupe, la forme INTTRANNO est celle qu'il faut choisir, car elle se re- trouve indiscutable sur un denier de Charlemagne (inter amnes) que l'on verra plus loin; or ce nom n'est autre que celui d'Interamnis porté par une certaine quantité de lieux anciens. Le village actuel d'Antrain, auquel j'attribue nos deniers, est situé près d'Imphy ; le monnoyage s'y est prolongé pendant un assez long temps, comme en témoignent et le denier de Charlemagne, et les dégénérescences de légendes qui arrivent à des formes complètement illisibles, ce qui n'eût pas eu lieu si c'eût été un personnage officiel qui y eût inscrit son nom. Antrain est cité par les anciennes chroniques avec les diverses formes : Interamnis, Interamna, Interanis, Interannum, Interamnium.
Aoste? (AvsTA Civitas).
5. RP dans un cercle de grènetis;
5^ AV en monogramme dans un cercle de grènetis.
Il est assez difficile d'attribuer une valeur à ce denier fracturé. Je Testime à peu près 200 fr.
M. Benjamin Fillon [Lettres à Dugast-Matifeux^ pag. 1 1 8) décrivant ce denier, appartenant à la collection de M. H. Morin, dit: «le faire de ce denier le place parmi les monnaies du Sud-Est du royaume frank». Il en conclut qu'il a dû être frappé à Aoste. C'est possible, mais il a pu aussi bien être émis à Avignon ou à Autun... etc.; le nombre est grand des cités dont le nom commence par AV. Quant à l'attribution au Sud-Est du royaume frank d'un style particulier sous le règne de Pépin, c'est, je crois, une illusion de notre savant confrère. Pour moi^ je vois dans le n° 5 un denier d'attribution incertaine, comme nous en ren- contrerons malheureusement trop.
Arles (Arelatvm Civitas).
6. PRX (en monogramme), F dans un cercle de grènetis, quatre points dans le champ;
SECONDE RACE. 45
5^ ART (en monogramme), E dessous, I en avant, le tout dans le cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
M. Feuardent qui a publié ce denier dans la Revue Numismatique française de 1882, page 5i, le rapproche d'un tiers du sol sur lequel on lit : lARTOVICOFIT. M. Lecointre-Dupont attribue à Jard (Vendée) la fabrication du dit triens. Pour moi j'aime mieux voir dans notre n* 7 l'atelier d'Arles dont toutes les lettres se retrouvent dans la légende du revers.
Austrasie.
7. TTPIPI, croisette sur le premier I, francisque ou hache sous la légende, le
tout dans un cercle de grènetis; y PRX en monogramme, I surmonté d*une croisette, F, six points dans le champ, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d*A.; vente Colson Valeur 340 fr.
8. Semblable au précédent;
5^ deux croisettes superposées, PRX en monogramme, F, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur 340 fr.
9. HPIPI, croisette en dessus, francisque en dessous, le tout dans un cercle de
grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 340 fr.
10. nPIPI, au-dessus croisette pommetée entre deux points, au-dessous hache
ou francisque entre deux points, dans un cercle de grènetis; ]^ RX en monogramme, F; au centre deux points dont l'un est entouré d*un cercle pointillé, point sous l'F, le tout dans un cercle de grènetis. Denier. Ma collection Valeur 25o fr.
11. IIPIPI, au-dessus une croisette, une francisque au-dessous; cercle de grènetis;
"SjC PR en monogramme, F, enclume? entre les deux lettres, six points dans le champ, le tout dans un cercle de grènetis.
Ce denier, publié par Van-der-Chijs, a été trouvé à Dombourg, ainsi qu'il résulte de la notice de M. Rethaan-Macaré. Il fait partie de la col- lection de la Société Zélandaise à Middelbourg.
Denier Valeur 25o fr.
12. nPIPI, au-dessus une croisette, une francisque au-dessous, dans un cercle
de grènetis; IjC RP, trois points en dessous, dans un cercle de grènetis.
Denier trouvé à Dombourg, publié par M. Rethaan-Macaré, et par Van- der-Chijs, pi. IX, no 5.
Denier. Coll. de la Société Zélandaise Valeur 25o fr.
i3. nPIPI, au-dessus une croisette entre deux groupes de trois points, une fran- cisque au-dessous, le tout dans un cercle de grènetis;
46 MONNAIES FRANÇAISES.
y RXF^ RSX en monogramme, point entre R et F, un cercle de grènetis autour du tout.
Ce denier j publié par Van-der-Chijs , pi. IX, n<» i, a été trouvé en 1844 ^ Dorestadt; il fait partie du cabinet de TUniversité de Leyde. Un autre exemplaire semblable est au cabinet de la monnaie à Utrccht.
14. IIPIPI, point après le premier P, au-dessus un point et une croisette, au- dessous une francisque, un cercle de grènetis borde la pièce; 5^ RP en monogramme, T entre les deux lettres, en-dessous une sorte de trèfle à long pied ou croix trèflée, le tout dans un cercle de grènetis.
Cette pièce est publiée par Rethaan-Macaré parmi les monnaies trouvées à Dombourg. Elle est dans le cabinet de la Société Zélandaise. Valeur 25o fr.
Van-der-Chijs, qui publie aussi ce denier, et Rethaan-Macaré pensent que le T du revers pourrait être l'initiale de TRAIECTVM (Utrecht). Je crois qu'Utrecht n'a pas monnoyé sous la seconde race, et je donnerais plutôt ce denier à TRIIECTVM (Maëstricht).
i5. Le droit de ce denier est tout-à-faii semblable à celui du n'» 8;
5^ RXF, l'R et rX sont liés; au centre un signe que Van-der-Chijs, qui publie ce denier d'après Rethaan-Macaré, regarde comme un globe ter- restre, au-dessous de ce sigle un point. Le tout dans un cercle de grènetis. Comme la précédente, cette monnaie a été trouvée sur la plage de Dombourg (41e de Walcheren) et fait partie du cabinet de la Société Zélandaise Valeur 25o fr.
16. nPIPI, croisette en-dessous, la francisque a disparu par l'usure;
5^ RF rétrograde, entre les deux lettres un sigle indéterminé, croisette au- dessous.
Ce denier est aussi publié par Van-der-Chijs d'après Rethaan-Macaré ; trouvé à Dombourg, il fait partie de la collection.de la Société Zélan- daise Valeur 25o fr.
Les deniers décrits sous les dix derniers numéros portent tous un signe commun, Rethaan-Macaré veut y voir un soc de charrue, Van- der-Chijs croit y reconnaître un marteau de constructeur de navire. Il est généralement admis, et l'examen attentif des pièces semble prouver qu'il y a bien là une hache ou francisque, l'arme nationale des Franks. C'est le commencement de la fabrication de ces monnaies à la hache qui, sous Charlemagne^ prit une grande extension dans les ateliers des bords du Rhin. J'y reviendrai en décrivant les monnaies frappées à Dorestadt sous le règne du grand empereur.
SECONDE RACE. 47
Aamône (Exeemosina).
17. DOM— PIPI en deux lignes séparées par des traits horizontaux^ grand trait horizontal sous la seconde ligne, trois points en triangle en dessous^ le tout dans un cercle de grènetis; 5^ GLI— MOSI — NA en trois lignes séparées par des traits horizon taux^ autour un cercle de grènetis.
Denier. Coll. deP. d*A.; découverte d'Imphy; poids i»'',3o. Valeur 760 fr.
Ce denier, unique jusqu'à ce jour, est certainement, de tous ceux qui composaient le trésor d'Imphy, le plus curieux à étudier. Pourquoi Pépin ny prend-il pas le titre de roi? que signifie ce mot Elimosina inscrit sur une monnaie ? On est tout naturellement porté à y voir Fabréviation du mot Eleemosynaria et à attribuer aux grands Aumôniers la frappe de ce denier. Malheureusement pour cette interprétation, les Archicapellani ne prirent le nom à'Eleemosynarii que dans la pre- mière partie du treizième siècle, ou du moins, n'ai-je pu trouver ce titre dans aucun texte antérieur.
Voici ce qu'en dit M. de Longpérier :
a On admettra sans doute que la légende de ce denier doit se lire : Domni Pipini eleemosina. Ce mot eleemosina avait alors deux sens : d'abord la valeur primitive de compassion, pitié, générosité. Ainsi lorsque Pépin, dans un capitulaire de 753, dit: «Et si aliqua monasteria sunt quae earum ordinem propter paupertatem ad implere non possunt, hoc ille episcopus de veritate provideat, et hoc Domno régi innotescat, ut in sua eleemosyna hoc emendare faciat...; » lorsque Charlemagne (en 798) dit, en parlant de ceux qui viennent chercher un refuge auprès de lui : a Ubi sponte manere voluerint, sub defensione Domni Impera- toris ibi habeant suffragia in sua eleemosyna... d, il est bien évident que, dans ces divers passages, Eleemosyna n'exprime qu'un sentiment de bienveillance .
Mais lorsqu'en 764 Pépin prescrit à Lullus, évêque de Mayence, d'adresser à Dieu des actions de grâces à l'occasion d'une récolte abondante et qu'il ajoute : « Et faciat quisque homo sua eleemosyna et pauperes pascat... » ; lorsque Charlemagne dit, en 793 : <c si cujuscunque res in eleemosyna datae sunt...», et lorsque nous trouvons, dans un capitulaire de 810: « Je eleemosyna mittenda ad Hierusalem propter ecclesias Dei restaurandas... d, il est bien clair qu'il s'agit de dons
48 MONNAIES FRANÇAISES.
manuels, de largesses, ou, suivant la définition fouraie par Éginhard : cr gratuite liber alitas quam Graeci eleemosynam vocant.... d.
Nous voyons aussi, dans le continuateur de Frédégaire, que très
peu de temps avant sa mort, Pépin a ad monasterium beati Martini confessons accessit, ibique tnultam eleemosynam tam ecclesiis quam monasteriis vel pauperibus largitus est ».
Dans les lois d'Édouard-le-Confesseur il est dit, à propos du denier de Saint- Pierre : « quoniam denarius hic Régis eleemosyna est». Si bien que Eleemosyna Sancti Pétri était devenu synonyme de Denarius Sancti Pétri.
Maintenant admettrons-nous que, lorsque Pépin écrivait, en 764, à Tévéque LuUus cette lettre si pleine de componction qui se termine ainsi : « Ut unusquisque homo, aut vellet, aut noUet, suam decimam donet », il ait voulu prêcher d'exemple et payer sa part de la dîme prescrite? dans ce cas, la légende du denier serait destinée à constater 1 acquittement de la dette royale. Ou bien préférera-t-on voir, dans ce monument si curieux et si intéressant, une parcelle de ce legs si considérable que Pépin fit aux églises et monastères a pro animaî suae remedio » ? Ses exécuteurs testa- mentaires auraient voulu indiquer d'une manière aussi simple que pré- cise que les dernières volontés du prince avaient été remplies.... {Rep. N, Fr, i858, p. 208). Aucune de ces interprétations proposées par notre savant maître ne me semble expliquer d'une manière satisfaisante les légendes inusitées que présentent les deux faces de ce denier.
Mais le mot Eleemosyna a aussi d'autres significations que celles que lui a données M. de Longpérier. Il signifie tout legs, toute donation faite par testament, et les exécuteurs testamentaires se nommaient Eleemosy- narii. Grégoire de Tours {De vitis patrum^ cap. 8) disait : a Postcujus, obitum non pauca ab Eleemosynariis pro sancti memoria capiebat». Et nous trouvons dans un capitulaire de Charles-le-Chauve. Tit. 43 anno 877. § 12: a Si nos in Dei sanctorumque ipsius servitio mors praeoccupaverit, Eleemosynarii nostri, secundum quod illis commen- datum habemus, de eleemosyna nostra decertent ».
C'est encore dans un ordre d'idées différent qu'un diplôme d'Eudes (vers 897) disait: or... Qua propter rex Odo in eleemosynam domni et senioris Caroli et pro salute propria... Cellam Sancti Glementis... aliaque elargitur » .
SECONDE RACE. 49
Or, si nous remarquons que, sur notre denier, le nom de Pépin n'est pas accompagné du titre de Rex; que cette monnaie, qui dut être émise à un nombre considérable d'exemplaires, ne nous est parvenue que par une seule pièce^ nous en concluerons qu elle fut frappée par les rois, successeurs du Seigneur Pépin leur père, en l'acquit du legs fait par lui ou par vénération pour sa mémoire, et que cette pièce, émise dans les premières années du règne de Carloman et de Charles, fut promptement démonétisée et remplacée par les espèces aux noms des deux jeunes rois.
Besançon (Vesontio Civîtas).
18. RXF, R et X liés, deux points entre R et F, cercle de grènetis;
B^ 9 VE— SON en deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découv. d'Imphy; poids i?'^,2g. Valeur 600 fr.
L attribution de ce denier à la ville de Besançon ne peut offrir aucune difficulté ; sur les monnaies mérovingiennes on le trouve écrit Vesuntio Vesuncio et Vesoncio.
Cambrai (Caharacum Civitas).
19. S RP et un sigle qui, suivant M. de Longpérier, paraît former PI? un point
sous la croisette, trois points en triangle dans TRj deux points entre R et P, cercle de grènetis; B^ CAMV— RACO en deux lignes séparées par une barre horizontale, deux points à l'extrémité gauche de cette barre; M et V sont liés, ainsi que R et A; le tout dans un cercle de grènetis. Denier. Coll. de P d'A.; découverte d'Imphy; poids i?'',2o. Valeur 600 fr.
Aucun doute non plus pour l'attribution de ce denier ; il représente l'atelier de Cambrai dont le nom, sur les triens mérovingiens, est écrit
CAMARACO ou CAMERACO.
Chftlon-sur-Sadne (Cavilonnum, Cabilonnum Civitas).
20. PNRX en monogramme, trois points dans le champ, cercle de grènetis; B^ EAVI en monogramme rétrograde I; cercle de grènetis.
Denier. Coll. deP.d'A.; découverte d'Imphy; poids iP'',22. Valeur Soofr.
Ce denier a été attribué à Cavaillon et à Chalon-sur-Saône. Le mono- gramme s'applique beaucoup mieux au nom CAVILONNVM qu'à celui de CABELLIO. Le premier fut du reste l'atelier mérovingien le plus ] actif que nous connaissions, tandis que nous n'avons aucun monument
monétaire de Cavaillon.
7
5o MONNAIES FRANÇAISES.
Nous trouvons le nom de Châlon écrit des diverses manières suivantes sur les triens mérovingiens: Cavilonnum, Cabilonnum, Cavelonum, Cavilonum, Cabionnum.
Chartres (CARNOTiC Civitas).
21. RXP, R et X liés, quatre points dans le champ, dessous un sigle composé
d'une barre horizontale posée sur quatre traits verticaux^ le tout dans un cercle de grènetis; ^ Saint-Chéron debout et nimbé tenant deux longues croix et accompagné de la légende CART (peut-être CARNT), dont les lettres sont séparées par la figure et les deux croix.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur i,25o fr.
22. RXF, R et X liés, trois points devant R.
5^ Semblable au précédent, seulement les lettres sont CARN et il y a une croix entre les jambes du Saint. Denier trouvé à Chartres. Coll. de P. d'A.; vente Dassy. Valeur i,25o fr.
En 1840, M. de Longpérier décrivait le n** 22 ; en i858 il ajoutait ceci: il me paraît très probable que ce personnage nimbé est Saint-Chéron, Sanctus Caraunus^ Tapôtre du pays chartrain. J'ajoute que la légende CARN pourrait représenter à la fois le nom de la ville Carnotœ et le nom du Saint CAR(au)NVS.
La légende du n** 21 ne permet pas le doute et prouve que c'est bien le nom de la ville que Ton a voulu inscrire sur ce denier. D'ailleurs, si l'on eût voulu y présenter le nom du Saint, on eût fait précéder les lettres CARN d'un S ou de SCI.
En 1846 M. Cartier, publiant ce même denier, disait : a Cette curieuse pièce CARNotis est attribuée à Chartres et ne paraît pas pouvoir l'être à un autre lieu. Cependant, si on voulait opérer suivant le système qui fait de chaque lettre l'initiale d'un mot, on pourrait ainsi interpréter nos quatre lettres : Crux Adorabilis Redemit Nos^ et notre pièce, bien large pour un denier de Pépin, serait une espèce de médaille pieuse et royale d .
Je pense qu'il faut abandonner ce mode d'interprétation qui tendrait, de chaque légende, à faire une sorte de charade. Cela ne me semble pas sérieux, quoiqu'en ait pensé M. Lecoq-Kerneven qui, je crois, malgré son grand savoir, a fait fausse route en soutenant cette thèse.
L'église de Chartres est une des sept auxquelles Pépin mourant fit une donation <r pro animae suae remedio » .
SECONDE RACE. 5i
23. RP en monogramme, trois points dans le champ; cercle de grènetis;
^ Saint Chéron debout et nimbé, les bras étendus et tenant de chaque main une croix; dans le champ quatre lignes verticales de points par 3, 2, 2, 3, le tout dans un cercle de grènetis. Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
24. RXF, R et X liés, I entre les deux, trois points dans le champ, cercle de
grènetis;
ÎÇr Saint Chéron debout, nimbé, portant un collier de points ou perles, les
bras étendus et tenant de chaque main une croix; dans le champ quatre
lignes verticales de deux points chacune, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 400 fr.
Planche IL
Chelles? (Calae ou Kalae Monasterium).
25. R entre deux I, le premier I entre deux points, cercle de grènetis;
5^ KAS rétrograde, croix sur TA; dans un cercle de grènetis.
Petit denier. Ma Collection Valeur 100 fr.
Cette pièce d'un très petit module ne pèse que o,go gr. ; quoiqu'elle soit usée, ce poids est trop faible pour correspondre à un des systèmes pondéraux des monnaies de Pépin. Aussi est-ce sous toutes réserves que je la place ici. Elle provient de la collection Colson. Le catalogue la donnait à Arles; cette attribution ne repose sur rien de sérieux. Je l'attribue à Chelles (CALA ou CALiE ou CALAS) mais je n'affirme rien. C'est une pièce à étudier.
Condé (CoNDATVM Castrum).
26. RP rétrograde formant monogramme, deux points dans le champ, cercle de grènetis; 5^ CON, point dans 1*0^ quatre points en losange au-dessous, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
Ce denier a été trouvé dans la Meuse à Verdun en 1876. Le coin a mal porté sur le revers ; cependant il ne me paraît pas douteux que le dernier caractère soit un N. Le nom de Condatum peut convenir à plusieurs localités anciennes; c'est, dit Hadrien de Valois, un vieux nom Gaulois signifiant confluent. On aurait à choisir entre Cosne, Candé, Condat, Cognac, etc., et enfin Condé. C'est à cette dernière localité que je crois pouvoir, en raison du style de la monnede, du lieu où elle a été trouvée et enfin de l'importance de cette ville, attribuer
52 MONNAIES FRANÇAISES.
notre denier. Condé était, sous la première race, une abbaye royale très riche et très importante, fondée par saint Amand, au moyen des dons faits par les rois Dagobert et Sigebert. Gérard de Roussillon construisit le Castrum Condatense; détruits par les Normands, le Castrum et l'abbaye furent rétablis par l'archevêque Brunon, vers 960. Notons aussi que dans un testament de Vulfoald (709) il est fait don à Tabbaye de Saint-Mihiel du Condatum in pago Barrense.
Genève (Genava) ou Vannes (Venetis Civitas).
27. 9 RPX en monogramme^ point au-dessus, cercle de grènetis ; I^ GENII (le G me paraît très douteux), cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A; découverte d'Imphy; poids if',29. Valeur 400 fr.
Je laisse à M. de Longpérier toute la responsabilité de cette attri- bution; pour moi jy verrais plutôt VEN, avec trait d'abréviation, et donnerais ce denier à Vannes, dont Pépin s'était emparé en 753 et qu'il avait mis sous la direction d'un comte frank. Voici du reste ce qu'écri- vait le savant antiquaire :
« Éginhard dit qu'en 773 Charlemagne vint à Genève, cité de Bour- gogne: cum toto exercitu Genuam^ Burgundiae civitatem, juxta Rho- danum sitam, venit. Dans plusieurs de ses lettres le même écrivain emploie cette expression: «in Burgundia, in pago Genawense...» Cer- tainement la forme Genua explique la légende du denier d'une manière fort acceptable. Cependant on pourrait se demander comment, ayant à sa disposition la place suffisante, le graveur des coins n'a pas ajouté l'A supplémentaire. La réponse à cette question se trouverait dans la forme germanique des noms de Genève, GENF, qui représente très exactement GENV; l'F n'a remplacé le V que parce que la pronon- ciation a décidé de l'orthographe. A cet égard il peut être curieux de constater l'antiquité de l'échange du V et de l'F, du B et du P qui est un des traits caractéristiques de la prononciation germanique et hel- vétique.
a Ainsi on trouve dans ces contrées les inscriptions SULFIS pour
SVLEVIS, FICTORINVS pour VICTORINVS, FOLKMARVS pour VOLK- MARUS, VAVORI pour FAVORI, LABIS pour LAPIS, et, sur les monnaies
mérovingiennes PREVENDAetPREVVNDASILVA pourPROFVNDASILVA,
traduction du celtique Ar Doun (la profonde), Arduenna Silva.^ (de
Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 235).
SECONDE RACE. 53
La forme GEN pourrait aussi bien nous donner GENAPIO, Genappe, où existait un atelier monétaire sous les Mérovingiens.
Gaddo.
28. RP en monogramme, point après le F, cercle de grènetis;
Çf GAD— DO en deux lignes dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr.; provenant de la Coll. Rousseau. . Valeur 5oo fr.
Voici le premier nom d'homme incontestable que nous rencontrions sur les monnaies carolingiennes:
a On n'a aucune raison, disait M. de Longpérier, pour concevoir des doutes sur la nature du nom tracé au revers de ce denier de Pépin. Gaddo ne peut être une appelation géographique, et l'histoire nous a conservé les noms de plusieurs personnages qui se sont nommés ainsi : Waddo, comte de Cambrai en 576; Wado, comte de Saintes et maire du palais de Chilpéric, etc. Tous ces individus, en orthographiant leur nom avec un W^, suivaient le mode germanique; mais le Gaddo de Pépin , qui appartenait sans doute au midi, adoptait la forme que dictait la prononciation de sa patrie. C'est ainsi que l'on a, pour d'autres noms extrêmement connus, les formes Wilhelm, WaifFer, Walter, W^arner, et Guilhem, Gaiferos, Gautier, Garnier... » {Catalogue Rousseau,
pag. 97)- J'ai déjà donné, à propos du denier représenté (pi. I, n'' i), mon avis
sur le système de M. de Longpérier tendant à faire de tous les noms d'hommes inscrits sur les monnaies de la seconde race autant de noms de monétaires. J'ai dit qu'il m'était impossible de me rallier à cette théorie. Aux raisons déjà données j'ajoute les suivantes : Ainsi que je l'ai expliqué ailleurs , les noms des monétaires ayant disparu sur les monnaies long- temps avant l'avènement au trône de Pépin, il faut attribuer l'inscription des noms d'hommes sur les deniers carolingiens à un ordre d'idées, à un système administratif tout différent de celui qui était en vigueur sous les rois mérovingiens. Voici, selon moi, quel était ce système:
Et d'abord qu'étaient les monétaires? M. Ch. Robert a indiqué, pour l'administration fiscale de la première race, une théorie qui m'a paru élucider parfaitement cette question si controversée. Suivant le savant numismatiste, dont je crois bien rendre ici les idées, chaque localité du royaume frank payait au souverain une redevance, soit en lingots,
54 MONNAIES FRANÇAISES.
soit en monnaie d'or romaine; cette redevance était versée entre les mains d'un agent du fisc, ou monétaire, qui la transformait en monnaie courante, y inscrivait le nom de la localité, comme indication de prove- nance et son nom à lui-même à titre de garantie et de contrôle. La somme, versée ensuite au trésor, était vérifiée par le nombre des pièces remises. De là, dans un pays où la circulation était très difficile, la multiplicité de ces monétaires, multiplicité dont s'arrangeait très bien une administration aussi peu centralisée que celle des rois mérovingiens. Quand la main puissante des Pépin et des Karle réunit tous les élémens épars dans une centralisation merveilleuse pour l'époque où elle se produisit , cette complication de rouages financiers , qui devait donner lieu à de nombreuses malversations, dut prendre fin. Le monnoyage se concentra entre les mains du prince et les monétaires disparurent.
Mais les populations guerrières qui entouradent le royaume frank supportaient mal le joug qui leur avait été imposé ; pour les maintenir il fut institué des chefs militaires sous les noms de comtes et marquis. Il y eut ainsi, tout autour du royaume, une ceinture de représentants du pouvoir central à qui devait être confiée, dans de certaines limites, l'administration des contrées qu'ils étaient chargés de surveiller. Ils devaient notamment percevoir le tribut et le verser, transformé en monnaie courante, dans le trésor royal. C'est de ces comtes ou marquis que je crois retrouver les noms sur les monnaies qui nous occupent. C'est aussi, du reste, l'opinion de M. Barthélémy. Plusieurs auteurs ont voulu voir dans ces deniers, assez rares, les premiers monumens du monnoyage féodal ; mais ils se sont évidemment trompés ; le pouvoir central était trop fort et trop jaloux de ses droits pour permettre une semblable usurpation. Les comtes et marquis eux-mêmes disparurent bientôt^ au moins comme chefs militaires , sur tous les points où le Roi se trouva assez puissant pour se passer d'eux. Le trésor perçut directe- ment la redevance due par les pays tributaires. C'est le produit de cette redevance qui fiit, je crois, transformé en monnaie courante à la légende METALLVM; j'y reviendrai en son lieu.
Je dis que les comtes disparurent comme chefs militaires; mais ils restèrent un des rouages principaux de l'administration carolingienne, et leurs fonctions me paraissent avoir eu beaucoup d'analogie avec celles des gouverneurs de provinces pendant les grands jours de la
SECONDE RACE. 55
monarchie capétienne. Leur nombre variait avec l'étendue du royaume et nous avons vu {Première partie^ page 114) que sous Charles -le- Chauve, en 864, ils étaient au nombre de neuf. Quelles étaient, avant cette date, leurs relations avec le monnoyage ? je ne sais au juste, mais à partir de cette époque ils remplirent, à cet égard, la fonction qui fiit plus tard celle du maître de la monnaie, toujours, bien entendu, sous la surveillance des missi dominici.
Had?
29. PIP, au-dessous HAD, le tout dans un cercle de grènetis;
5^ RXF, R et X liés, deux points entre R et F, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 600 fr.
oc Had est un nom germanique que nous voyons se reproduire sept fois parmi les témoins des Traditiones Corbeienses^ dont nous devons la publication au docteur Paul Wigand. Nous trouvons encore, dans les textes carolingiens, Hado et Haddo. Il nous paraît très probable que Had est le nom complet du monétaire et que cette syllabe n'est pas une abréviation de ces noms de forme plus développée qu'on ren- contre fréquemment aux VIII* et IX* siècles, tels que Hadalbrannus, Hadalhardus, Hadawart, Haddefonsus, Hadebertus, Hadegaudus, Hade- gerus, Hadericus... etc. » (de Longpérier, Rev. N. Fr., pag. 2i5).
Au contraire, de M. de Longpérier, je vois là une abréviation claire- ment indiquée par le trait placé au-dessus de HA ; c'est entre ces deux lettres qu'il faut chercher les caractères complémentaires ; je crois, du reste, que c'est bien là un nom d'homme, malgré l'analogie que l'on pourrait trouver entre la légende de ce denier et celle du denier de Parme (pi. XI, n" 166).
Herstal (Aristallium Palatinum).
30. RP en monogramme, trois points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ AR en monogramme, croix ou épée à gauche, point dans TA.
Denier. Rev. B, iSSg; trouvé à Dorestadt Valeur 35o h.
3i. RP, point entre les deux lettres, cercle de grènetis;
!Çr A, à gauche croix ou épée, à droite sigle indéterminé, cercle de grènetis. Denier. Mus. de B Valeur 3oo fr.
32. RP en monogramme, cercle de grènetis;
Ij/^ Deux triangles équilatéraux se coupant de manière à former une étoile
à six pointes, au centre un A avec un point au milieu, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B. ; trouvé près de Liège Valeur 3oo fr.
36 MONNAIES FRANÇAISES.
Pour moi ces deux premiers deniers représentent bien l'atelier de Herstal, M. d'Amécourt y joint le n® 32 et par suite, en raison du type de Tétoile à six pointes, il ajoute à cet atelier un denier publié par Le Blanc.
Ce type des deux triangles s'est rencontré très fréquemment sur les scéatas trouvés au nord de l'Austrasie. Ainsi M. Dirks ^ en cite : deux variétés provenant de la trouvaille de Hallum en 1866; sept autres variétés provenant de la trouvaille de Francker en 1868; une autre provenant des fouilles de Dorestadt. M. Rethaan-Macaré en a trouvé une parmi les pièces provenant des fouilles de Dombourg. Voici ce que disait M. de Coster {Rep. B. i85q, p. 2i3) : <( Ce type des deux triangles s'est retrouvé très fréquemment le long de la Meuse et en Hollande.... Parmi les noms de localités situées au nord des possessions de Pépin, je n'en trouve aucun qui soit convenable pour ce type. Serait-ce trop oser que de signaler à l'attention des numismatistes l'atelier présumé d'Herstal. Sous le règne de Pépin et pendant les premières années de celui de Charlemagne, le nom latin d'Herstal s'écrivait simultané- ment par A et par H ; ainsi en 732, l'année de l'avènement de Pépin, un diplôme est daté: Actum Aristalio palatio publico ; un diplôme de 770 : porte Haristalio palatio publico ; en septembre 772, Aristallio palatio ; en décembre 772, Haristallio palatio. On trouve encore un diplôme de Louis P% de la dix-huitième année de son règne : Actum Aristallio palatio regio. La situation topographique de l'arrondissement de Liège, où le français est la seule langue des habitants, offre cette circonstance remarquable qu'il est en grande partie environné de peuples parlant l'allemand ou le flamand. Ainsi à Landen, Maëstricht, Aix-la- Chapelle et Herbersthal, la langue mère est flamande ou allemande. Or l'allemand aspire la lettre H et on comprend que, selon leur origine allemande ou française, les moines et secrétaires qui rédigèrent les actes et diplômes royaux ont pu écrire indifféremment Aristallium ou Haris- tallium.... Les graveurs des monnaies d'Herstal (situé à deux lieues de Liège), issus probablement de familles liégeoises, ont adopté la forme Aristallium. »
M. de Coster pense que la croix à long pied placée devant A est une
^ Les Anglo-Saxons et leurs petits deniers dits Sceatas. Essai historique et numismatique par J. Dirks. Bruxelles 1870.
SECONDE RACE. 57
épée et la rapproche de la hache ou francisque qui se trouve sur les monnaies de Dorestadt.
M. d'Amécourt, adoptant l'opinion de M. de Coster, ajoute: «Très probablement, l'étoile mise aux initiales AR, formait, dans l'intention du graveur, un type parlant : AR — Stella pour Aristallium. C'est un rébus tout-à-fait dans le même goût que ceux qui ont été signalés sur un certain nombre de monnaies mérovingiennes. » {Annuaire de la Société de Numismatique 1869, p. 3o8). Lelewel (pi. VI, n** i) publie le denier suivant de petit module avec une étoile à l'avers comme au revers.
Mais ces étoiles ne sont pas formées de la même manière que celle des pièces attribuées à Herstal, série à laquelle appartiendraient plutôt le denier que j'ai cité plus haut d'après Le Blanc, et qu'on trouvera gravé, pi. IV, n"* 83, ainsi qu'un autre de petit module dont voici le dessin ci-dessous et qui appartient au Musée de Bruxelles.
M. de Longpérier attribue à l'atelier de Clermont le denier de petit module gravé ci-dessus, d'après Lelewel, et ajoute : « Le double astre se retrouve accostant les deux capitales AR qui forment, sans légende, le type du revers d'un tiers de sol mérovingien frappé à Trézac (TRVSCIACOFIT) près de Mauriac en Auvergne, On peut voir, dans Bouteroue, trois autres tiers de sol avec les lettres AR et l'étoile. Carlo- man, frère de Charlemagne, a frappé aussi à Clermont un denier publié depuis longtemps par Le Blanc. i> {Rev. N. Fr. i858, p. 239).
Langres (Andomatunum Civitas).
33. RXP, R et X liés, point dans le P, cinq points et un I ou S dans le champ,
cercle de grènetis;
^ Monogramme présentant les lettres AN DO, trait au-dessous, quatre points
dans le champ.
Denier. Coll. de P. d*A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 5oo fr.
8
58 MONNAIES FRANÇAISES.
Voici un denier qui est incontestablement de la même famille que le n** 2 de la pi. IV ; s'il représente une localité, cette localité doit être très voisine de celle que représente le n° 2 ; pour moi les deux pièces sont le produit d'un seul et même atelier, celui de Langres dont le nom ancien s'écrivait indifféremment Andematunum ou Andomatunum.
Cette opinion n'est pas celle de M. de Longpérier qui veut y reconnaître le nom du monétaire Andomundus, non plus que de M. de Coster, je crois, qui lit LAVDVNO et donne le denier à la ville de Laon. Pour arriver à cette lecture, M. de Coster joint à la première barre verticale du monogramme la barre horizontale qui en aurait été séparée par une fracture du coin. Si les deux deniers n** 2 et n® 33 représentent chacun un atelier monétaire, il faut, ainsi que je l'ai dit, que ces ateliers soient très voisins l'un de l'autre. Or, je ne vois pas, près de- Laon, non plus que près de Langres, une localité ancienne dont le nom commence par ANDE. Nos deux deniers seraient donc le produit d'un seul et même atelier, celui de Langres.
Je ne serais pas étonné cependant que des découvertes ultérieures vinssent confirmer l'ingénieuse hypothèse de M. de Coster, et rendre ce denier à l'atelier de Laon dont nous retrouverons les produits sous le règne de Charlemagne.
Le Mans (Cinomanncvm ou Cenomanmcvm Civitas).
34. TTKP, point après P, cercle de grènetis;
iÇf CINMA, les trois dernières lettres sont liées; en dessous une barre hori- zontale, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 5oo fr.
L'attribution de ce denier à la ville du Mans ne me semble pas devoir soulever de difficultés. Dans les annales de Metz on trouve: Pippinus princeps francorum Gripponi Cinomonnicam urbem cumXII comitatibus dédit ; les Gesta Francorum nous donnent la forme Cenomannicum.
Louvain (Lovanivm?)
35. RXF, R et X liés, point entre R et F, cercle de grènetis;
5^ •'•VAN 10 en cercle autour d'un O ou d'un A, cercle de grènetis. Denier fracturé. Découverte d'Imphy.
Cette attribution à la ville de Louvain, que je crois bonne, a été donnée par M. de Longpérier {Rep. N, Fr. i858, p. 224) dans un article
SECONDE RACE. 59
que je transcris ici : or C'est avec la plus grande réserve que je propose, jusqu'à nouvel ordre, d'attribuer ce denier à Louvain, lieu ancien dont l'histoire primitive est fort mal connue.
En 884 les Normands vinrent établir leur camp à Louvain près de la Dyle : Nordmanni propè fluvium Clila, loco qui dicitur Lovonnium securi considerunt. Les annales de Saint -Waast nomment ce lieu Lupanium; celles de Fulde, Lovonnium et Lovon, et cette dernière forme se retrouve dans Réginon.
Lovonnium provient-il d'une erreur de copiste , Lupanium ou Lopa- nium doivent-ils être préférés, et la monnaie nous donne-t-elle le droit de rectifier les textes, ainsi que la forme moderne du nom pourrait nous conduire à l'admettre? Ce sont des questions qu'il serait imprudent, sans doute, de trancher en présence d'un monument mutilé que la découverte d'une monnaie bien entière viendra peut-être expliquer définitivement. »
Lyon (LvGDVNVM Civitas).
36. RP en monogramme, cercle de grènetis; 5^ LVG, dans un cercle de grènetis.
Petit denier, publié par Fougère Valeur 450 fr.
Ce denier, à flaon très épais, a dû, dit Fougères, être frappé par Pépin avant son édit de Verneuil; c'est tout-à-fait une imitation des monétaires d'argent, remarquables par la brièveté des inscriptions. Son poids est de 18 grains. {Rep. N. Fr. 1839, p. 96.)
Un autre denier, de même module, a été publié par M. Cartier dans la Rep. N. Fr. iSSg, p. io5 ; il semble être à peu près de la même époque que le précédent; M. Cartier y lit le nom de Pépin; pour moi je doute ; son poids est de 23 grains. En voici le dessin :
M. de Ponton d'Amécourt a donné, dans ï Annuaire de la Société de Numismatique .^ année 1866, p. 121, le dessin d'un denier fracturé de Pépin portant les légendes : RXF en monogramme, trois points dans le champ; 5^,.. VG, trait d'abréviation au-dessus, point dans le G.
6o MONNAIES FRANÇAISES.
37. RP liés dans un cercle de grèneiis;
5^ LV, point dans le V, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 5oo fr.
Haêstricht (Trajectvm ou Trijectvm Castrum).
36. TFRj T et F liés, croisette en dessous, quatre points dans le champ, cercle de grènetis; 5^ Rosace formée par quatre figures que M. Dirks appelle des boucliers, mais que je ne saurais définir; dans le champ quatre groupes de trois points, point au centre, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 5oo fr.
39. RXF, R et X liés, point au centre, cercle de grènetis; 5^ semblable à celui du n® 38.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 5oo fr.
Ces deux deniers ont reçu des attributions différentes. J'ai cru d'abord pouvoir les donner à Strasbourg, mais l'étude attentive des saïgas au même type, trouvés en Frise, a dû me faire changer d'opinion. Avant de dire à quelle attribution j'ai cru devoir me fixer, je vais rappeler ici ce qu'en a dit M. de Longpérier dans son étude sur les deniers des trésors d'Imphy :
«Le type du revers de ce denier se retrouve identiquement gravé sur des deniers d'argent mérovingiens, qui paraissent appartenir au com- mencement du huitième siècle... ; l'un d'eux porte une tête à gauche, accompagnée d'un A et d'une croix.... Dans le recueil de Paul Pétau on voit un denier de même espèce, sans A, présentant une tête accompagnée d'une croisette et de deux groupes de trois points...
La rosace trilobée se remarque sur des deniers de Regnalf et d'Aulaf, rois du Northumberland, mais ces pièces appartiennent au commence- ment du X** siècle....
Un denier d'argent, publié par M. Rethaan-Macaré, porte encore ce même dessin, accompagné d'un groupe de trois points; c'est une pièce qui doit avoir été fabriquée pendant la première moitié du huitième siècle.... Quoique l'ornement qui forme le type de ce denier n'ait que trois pétales, il a cependant la plus grande analogie de dessin et d'agencement avec celui qui se voit sur les deniers de Pépin... On y observe le même groupe de trois points. M. Rethaan-Macaré a lu, du côté de la tête, QVINT.P.X. qu'il traduit par Quintilius pater patriœ. En examinant bien le dessin, nous croyons y trouver QVINTIEP, et au revers, là où
SECONDE RACE.
6i
le savant Zélandais croit reconnaître des runes, nous proposons de lire Ab.bA.TI. Si nous nous rappelons qu'au commencement du huitième siècle, Quintilien, abbé de Saint-Germain d'Auxerre, devint évêque de cette ville, si nous tenons compte du caractère A (Autissioderum) inscrit sur un denier décrit plus haut, nous arriverons peut-être à attribuer à la célèbre abbaye de Saint-Germain la monnaie publiée par M. Macaré, et cela avec d'autant plus d'apparence de raison, que cette monnaie, trouvée à Dombourg, avec un tiers de sou d'A vallon, offre, du côté du buste, une frappante analogie de style avec le précieux denier à la légende AVTIZIODEROCI que Ton conservée dans le cabinet de la Bibliothèque impériale, d {Rei^. N. Fr. i858, p. 210.)
Quand M. de Longpérier écrivait ce qui précède, il ne connaissait pas le denier de Charlemagne frappé à Maestricht (pi. VII, n"* 70); il ne pouvait non plus connaître les saïgas trouvés en Frise en 1866 et 1868 et dont l'existence nous a été révélée par le remarquable travail publié dans la Rev. N. B. par M. Dirks et reproduits ci-dessous en 1870. Nous trouvons, dans les dessins donnés par le savant auteur hollandais, quatre deniers d'argent à ce type qu'il nomme du bouclier, et que M. d'Amécourt nomme plus justement des anneaux, car il représente exactement deux anneaux entrelacés. Ces deniers sont très précieux pour nous, car ils fixent d'une manière certaine le point où ont été frappés les deux exemplaires du trésor d'Imphy. J'ai joint à ces quatre dessins la reproduction des deux saïgas trouvés à Dombourg, afin de mettre sous les yeux du lecteur toutes les pièces du procès, faisant remarquer toutefois que les trouvailles faites à Dombourg sont des trouvailles de pièces isolées, ne permettant pas les déductions rigou- reuses que l'on peut tirer d'un ensemble de pièces recueillies à la fois dans un même lieu.
Quant à ce qui concerne le denier de Dombourg reproduit par M. de Longpérier, remarquons que la légende QVINT peut aussi bien donner
62 MONNAIES FRANÇAISES.
Quentinus ou tout autre nom de ce genre que le nom de Quintilien. Remarquons de plus que la rosace du revers est une rosace trilobée qui ne reproduit qu'imparfaitement celle des deniers de Pépin. Cette pièce est de la même famille que les cinq autres, mais elle peut très bien ne pas provenir des mêmes ateliers. Pour ceux-là, au contraire, nul doute possible. Ils sortent tous du même lieu. Leur présence, dans les deux trésors de Francker et de Hallum, qui ne renfermaient que des sceatas anglo-saxons ou austrasiens, les cantonne dans le nord de TAustrasie. De plus le monogramme formé des lettres T et F qui se trouve sur le premier des deniers d'Imphy, de manière à former PRXFT, mono- gramme semblable à celui du denier de Charlemagne, nous donne le T comme première lettre du nom de l'atelier. Ajoutons enfin que la similitude, on pourrait presque dire l'identité de type de nos deniers d'argent avec les tiers de sol mérovingiens frappés à Maëstricht, ne peuvent laisser aucun doute ; c'est à l'atelier de Trijectum ou Maëstricht que doivent être donnés les deux deniers n** 38 et 39.
Hayence (Mogvntiacvs, Magontiacvs Civitas).
40. RP en monogramme, point dans TR et sous la boucle du P, cercle de grènetis; ^ 9 MAOCCS en trois lignes dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur 3oo fr.
41. RXF, R et X liés, au-dessus une petite croisette, deux points entre R et F, cercle de grènetis; 5f ^ MADGCS, trois points accostent les lettres C et S, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 3oo fr.
Dans la lettre du pape Zacharie, qui érige en Métropole Tévéché de Mayence, xMaëstricht est appelé Trectis.
Le n*" 40 a été trouvé sur la plage de Dombourg en i858 et décrit par M. Rethaan-Macaré dans la Reu. N. Fr. i858, p. 457.
Aucun auteur n'a élevé de doutes sur Tattribution à Mayence de ces deux deniers. 11 ne semble pas qu'il puisse y en avoir. Cependant aucune autre monnaie ne nous présente un assemblage de lettres semblant, autant que celles de la légende du revers, prises au hasard dans le nom de Tatelier ; pourquoi n'y trouve-t-on ni le N ni le T ni le V ? Ce mode d'inscription sur les deniers de Mayence n'est pas spécial au règne
SECONDE RACE. 63
de Pépin; nous le retrouvons aussi sous Charlemagne, Quant au nom même de la ville, voici ce que dit M. de Longpérier:
« Tacite qui , dans le IV* livre de son histoire , nomme dix fois Mayence , n'a pas fait usage du nominatif. (Magontiaci , Magontiaco, Magontiacum); il en est de même de l'Itinéraire cfAntonin (Maguntiaco). Ammien Marcellin dit Moguntiacus, et c'est aussi MOGVNTIACVS que nous lisons sur un tiers de sol mérovingien.
Sur quinze passages dans lesquels Éginhard parle de Mayence, un seul contient le nom de la ville au nominatif, et les manuscrits présentent les variantes Moguntiacum et Maguntiacus... » {Rev. N. Fr. i858, p. 246.)
L'auteur des Lectiones Sancti -4i/r^2 l'appelle Moguntia; ainsi font Florus et Eutrope.
Heaux (Meldis Civitas).
42. RP en monogramme^ point dans et sous la boucle du P^ petit point au centre, cercle de grènetis; 5^ MELDIS en monogramme^ ME liés ainsi que LDI, groupe de trois points sous M, cercle de grènetis. Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
La lecture des légendes ne peut offrir aucune difficulté ; c'est bien à Meaux que cette pièce a été frappée. Elle a été trouvée dans les dragages de la Saône à Lyon.
Hilon.
43. PRE, petite croisette pommetée en dessous, cercle de grènetis; 5f MIL— O en deux lignes, cercle de grènetis.
Ce denier peut être considéré comme la tête du monnoyage caro- lingien en Aquitaine; il a encore le module et le poids des deniers mérovingiens. On s'accorde à le regarder comme portant au revers le nom du comte de Narbonne, Milon. Je ne m'explique pas le trait d'abréviation placé au-dessus du nom du comte.
B. Fillon qui, le premier, a publié ce denier {Monnaies féodales de la Coll. Rousseau et Lettres à Dugast-Matifeux)^ avait d'abord vu dans ce petit monument une monnaie frappée par un certain Milon, chef indi- gène, Goth d'origine, qui avait fait alliance avec Pépin et avait aidé à lui faire livrer Narbonne. Le gouvernement de la province, où il com- mandait peut-être déjà fort jeune, aurait été la récompense de ce signalé
64 MONNAIES FRANÇAISES.
service. Plus tard, M. Fillon, se rangeant à l'avis générai, y reconnut une monnaie royale frappée au nom de Pépin, mais par un comte indépendant du pouvoir royal.
Ce comte Milon est-il le même que nous retrouvons sous Charle- magne? je ne le crois pas. J'en donnerai les raisons plus tard. En tous cas je vois dans le denier ci-dessus une des premières monnaies émises par les comtes et marquis comme représentans du pouvoir central.
Nantes T (Namnetis ou Namnetas Civitas).
44. PIPIN RFX FR en monogramme^ les deux I sont contenus dans les boucles
du P et de l'R, un petit point dans TF, cercle de grènetis; 5^ HA? croisette au-dessus de TA^ cercle de grènetis.
C'est à M. Bigot que nous devons la description de ce denier en fort mauvais état et sur lequel il lit NA comme initiales de Namnetis. Voici du reste ce qu'écrivait le savant antiquaire breton :
ce J'attribue à Nantes cette curieuse monnaie trouvée aux environs de Josselin (Morbihan). Pépin, comme on le sait, vint en 753 prendre Vannes et réduire la Bretagne qui refusait les tributs imposés par les rois mérovingiens. Maître de la Bretagne par droit de conquête, il a dû exercer, comme les rois franks, les droits régaliens et frapper monnaie à son effigie. 11 existe, je le sais, un denier de Pépin, portant au revers les lettres NR et attribué à Nar bonne. Notre denier, portant les initiales HA, ne peut être attribué à la même ville et je crois qu'il peut être revendiqué par Nantes. Le lieu de la trouvaille vient encore à l'appui de mon opinion». {Rev, N. Fr. i855, p. 3g.)
Narbonne (Narbo^ Narbona Civitas).
45. RXF en monogramme, point entre R et F, cercle de grènetis;
5^ NR, trois points dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
L'attribution faite à Narbonne par Combrouse n'a jamais été discutée. Ce denier à la légende NR se place naturellement après celui qui a été publié ci-dessus aux noms de Pépin et de Milon.
Neuss? (NvEssio) ou Sens ou Soissons.
46. RXF en monogramme, cercle de grènetis-
5^ NVESSIO en légende circulaire autour d'une rosace à quatre pétales, rV et l'E sont liés, ou SEV-SION. Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy, poids i?*" 33. Valeur 5oo fr.
SECONDE RACE. 65
47. RP en monogramme, deux points dans le châmp^ cercle de grènetis;
5^ SE.NOIS oa N.3SSIO ou SE.SSION suivant qu'on lit en légende circulaire ou en deux légendes demi-circulaires autour d'une croix pommetée; cercle de grènetis.
Denier fracturé. Coll. Salmon Valeur 600 fr.
Les deux légendes du revers, qui paraissent les plus régulières sur ces deux deniers, sont celles où Ton lit NVES510 ou SENNOIS en admettant que la lettre qui manque au n" 47 soit un N. Cependant ni Tune ni l'autre de ces deux lectures ne me paraît satisfaisante. Neuss, proposé par M. de Longpérier, n'a frappé monnaie ni avant ni après Pépin, et cependant son importance était la même à ces diverses époques; il n'en est pas, de cette ville, comme de Quentowic, Cluse, Dorestadt, etc. qui, exposés aux invasions des Normands, ont vu la ruine complète succéder à une splendeur très grande.
Quand à Sens, si nous examinons le monnoyage de Charlemagne, nous trouvons, attribués à cette ville, des deniers portant les légendes : Sen, Sennes; si nous y ajoutons Seunois ou Sennois, ce sera beaucoup de formes différentes pour un seul atelier.
Pour moi je préférerais voir, dans les deux deniers n® 46 et n® 47, un produit de l'atelier de Soissons SEV-SION pour SVESSION. Nous verrons cette forme de légende en deux lignes semi-circulaires employée sur plusieurs deniers de Charlemagne. Soissons était une des villes principales du royaume frank et, immédiatement après la mort de Pépin, Carloman en fit la capitale de ses états. Il serait donc bien étonnant qu'il n'y eût pas eu là un atelier monétaire.
Voici, du reste, ce que disent MM. de Longpérier et Salmon, chacun à l'appui de son opinion :
ce... Au nord-est de la Gaule nous observons la croix pommetée sur les deniers de Strasbourg, Verdun, Aix-la-Chapelle, Mayence.... La pièce qui nous occupe porte le type d'Aix-la-Chapelle, et c'est près de cette ville qu'elle a été frappée. (Neuss, situé un peu au midi de Dussel- dorf, forme à la gauche du Rhin, avec Aix-la-Chapelle et Cologne, un triangle isocèle dont la base s'appuie au fleuve et dont le sommet est à Aix.)
Neuss est cité neuf fois par Tacite ; les Romains nommaient cette ville Novesium.... Les copies de V Itinéraire d'Antonin donnent, suivant
66 MONNAIES FRANÇAISES.
les âges, Novensio^ Neuesio, Neuensio, Nopessio. L'NS et le double S étaient amenés par la prononciation ferme de TS entre deux voyelles, rS n'usurpant pas alors la valeur du Z. D'autre part NV est l'équivalent de NOU. On aperçoit l'identité de Nuessium et de Nouesium,.,,
Un autre denier de Pépin, frappé à Nuessium^ a été publié dans la Rev. N, Fr. 1854 et attribué à Sens. Ce denier est cassé et la fracture, qui a emporté le V, eq épargnant l'E et l'N, permettait de lire SE.NOIS pour SenonisT) (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 2i5).
Voici d'autre part ce qu'a écrit M. Salmon: «... Des triens de l'époque mérovingienne il fallait passer à Louis -le -Débonnaire pour trouver des traces de la fabrication sénonaise. Nous sommes heureux de faire disparaître aujourd'hui une de ces lacunes. 11 est manifeste désormais que Pépin-le-Bref a frappé monnaie à Sens... En vain voudrait-on lire, au revers du denier que nous décrivons, la légende dans le sens inverse et prétendre que SIGNES signifie Sion en Valais.... jamais SIGNES n'a été l'appellation latine de Sion. (Salmon, Rev, N. Fr. 1854, p. 186).
Nevers (NevernvMj Nivernvm^ Nevernis Civitas).
48. RP en monogramme^ deux points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ NE en monogramme, dans le champ un point et deux sigles indéter- minés, cercle de grénetis. Denier. Coll. de P. d'A Valeur 400 fr.
M. de Soultrait, qui le premier a publié cette pièce, l'attribue à Nevers en disant : a les seules villes qui puissent réclamer cette pièce sont Nevers et Nîmes. Or, à cette époque Nîmes était entièrement ruinée, tandis que Nevers était alors une cité florissante plusieurs fois visitée par le roi». Cette assertion n'est pas très exacte et plusieurs localités telles que Nelf (Néaufle), Nemus ou Nemoux (Nemours), Nemetae (Spire) etc., avaient les mêmes initiales. Cependant je ne vois aucune raison sérieuse pour les préférer à Nevers.
Planche III.
Noyon (Noviomagvs, Noviomvs Civitas).
49. RP en monogramme, deux points dans le champ^ cercle de grénetis;
!Çf NO— VINO— MO en trois lignes séparées par des traits horizontaux, cercle de grénetis. Denier. Ma collection Valeur 55o fr.
SECONDE RACE. 67
or Nous ne pensons pas que cette légende puisse être interprétée de deux manières et nous croyons que le nom de Novinus^ suivi de la syllabe MO qui, sur un grand nombre de tiers de sou mérovingiens, marque l'office de monétaire, ne sera pris par personne pour le nom d'un comte.
Novinus peut être latin ou frank. Novius est un nom de famille romain très répandu; Novinus en serait le dérivé, comme Antoninus Test d'An- tonius, comme Plotinus de Plotius et Martinus de Martius. Les formes secondaires telles que Rufinus, Probinus, Justinus, Jovinus, Celsinus, Severinus, Firminus, Valentinus, sont fréquentes dans le bas temps.
Il se pourrait aussi que Novinus appartînt à la famille germanique comme Nowinus, Nortvinus, Rodowinus, Hadvinus, Ovynus, Redwi- nus, Amalvirus, Odalwinus etc., groupe très riche dans lequel il faut comprendre une multitude de noms où le V est remplacé par un O : Adoinus, Altoinus, Ansoinus, Benoinus, Bertoinus, Randoinus, Teudoi- nus, etc. D (de Longpérier Rep. N. Fr. i858, p. 336).
De son côté M. J. de San-Quintino a écrit :
<r....Si Ton pouvait voir, dans la dernière ligne MO l'abrégé deMone- tarius, cette pièce serait bien curieuse et devrait avoir été frappée au commencement du règne de Pépin, lorsqu'il n'avait pas encore entrepris la réforme du système monétaire mérovingien; ce Novinus fermerait la liste des monétaires. Mais il est beaucoup plus probable qu'il faut lire lAOneta ou lAOnasterium ^ NOVINO est peut-être le nom corrompu de Noyon; on a des pièces mérovingiennes et des carolingiennes avec NOVIOMO, NOVIOMONT, NOVIOIM.» (J. de S. Quintino, Rev. N. Fr. 184T, p. 56).
J'ajouterai qu'une monnaie mérovingienne, décrite par M. de Long- périer {Catalogue Rousseau^ p. 64) et portant la légende NOVIOMO, est attribuée par lui sans conteste à la ville de Noyon.
Paris (ParisiIj Parisios Civitas). 5o. RP en monogrammCj point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
!Çr Croix ancrée supportant deux appendices verticaux, croisette au-dessus, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection -, vente Dassy Valeur 450 fr.
Sur un autre exemplaire appartenant à M. d'Amécourt, la croix est accostée de deux annelets.
68 MONNAIES FRANÇAISES.
« . . . . La croix ancrée s'est localisée sur les deniers de Paris avec une forme toute spéciale déterminée par Timmobilisation des pendentifs qui représentent , indépendans dans l'origine, maintenant attachés aux bras de la croix, les deux symboles chrétiens A et (0 » (de Ponton d'Amécourt, Annuaire 1869, p. 32 1).
M. d'Amécourt rapproche aussi de ce denier un tiers de sol méro- vingien portant en légende PARISIVS et dont la croix ancrée du revers est identique à celle des deniers de Pépin.
Cette opinion, du reste, est aussi celle de M. Cartier {Rep. N. Fr. 1837, p. 259).
Quentowic (Qventovvicvs, Vicus ou Portus).
5i. RXFj R et X liés, deux points superposés entre l'A et l'F^ cercle degrènetis; 3^ Légende en deux lignes qui semble composée des lettres QVCCI— VVIC, les deux lignes séparées par un trait horizontal, cercle de grènetis. Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 200 fr.
52. La légende du revers de ce denier qui a été publié par la Rev. B, de 1859
pourrait se lire QVEN-VVIC Valeur i5o fr.
53. Sur ce denier, qui fait partie de ma collection, on lirait plutôt au revers
aVCDl.-VVIG Valeur i5o fr.
54. Enfin sur le revers d'un denier, qui appartient au musée de Laon et qui est
très rogné, on ne lit plus que QVC— VVYF, la seconde ligne écrite en boustrophédon.
La détermination du lieu où ont été frappés ces deniers est assez difficile; les caractères des légendes sont bizarres; aussi ai-je réuni tous ceux que j'ai pu rencontrer pour permettre Tétude par comparaison.
La plupart des auteurs veulent y lire le nom de Quentowic, ce port si important, situé probablement à l'embouchure de la Canche (QUANTIA et CANCIA) qui a complètement disparu dans le courant du X* siècle.
M. Cartier lit QVANfm-VVICws, sur le n^ 52 je lis QVEN-VVIC, sur le n** 53 M. de Longpérier a lu le nom du monétaire DVODIVVIGKw^J, je ne transcrirai pas ici l'étude du très savant antiquaire. Il me semble trop évident qu'il n'y a pas ici un nom d'homme, sans quoi la légende serait régulière, uniforme, et ne nous montrerait pas des dégénérescences telles que celles des n®* 53 et 54. Si c'est un nom de lieu, je n'en vois pas qui 3 aussi bien que celui de Quentowic, soit représenté par ces diverses légendes.
SECONDE RACE. 69
Reims (Remi^ Remis Civitas).
55. RP en monogramme^ six points dans le champ^ cercle de grènetis;
3^ R entre deux croisettes pommetées, point dans TR^ trois points en ligne horizontale au-dessus de la croisette de droite^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; découverte d'Imphy; poids moyen sur 8 deniers i»»'^28 Valeur 100 fr.
Ce type est le plus commun de tous ceux que nous présente le règne de Pépin; les divers exemplaires que j'ai vus ne diffèrent que par la disposition des points placés dans le champ. Cependant M. Marc Verly {Numismatique Rémoise^ p. 29) donne un dessin où le revers ne présente qu'une seule croisette non pommetée.
M. deLongpérier hésite entre Reims et Rouen pour le nom de l'atelier où ont été frappés ces deniers; M. Marc-Verly fait remarquer, avec beaucoup de raison, que la croix pommetée est spéciale à l'est du royaume frank, au moins pour ce qui concerne le trésor d'Imphy. Quant à moi, je généraliserai cette observation en disant que je n'ai trouvé cette croisette pommetée sur aucun denier de Pépin autre que ceux qui ont été frappés dans ce qui fut plus tard le Lotherrègne. Je ferai remarquer en outre que l'importance de Reims était, à cette époque, de beaucoup supérieure à celle de Rouen et que de plus, la dernière de ces villes se trouvant bien plus éloignée que la première du point où a été faite la découverte d'Imphy, toutes les circonstances, tous les raisonne- ments concordent à faire choisir Reims comme le lieu d'émission de ces deniers à l'R.
56. LABi, dessous croisette cantonnée de quatre points^ deux points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ REM, au-dessous trois points en ligne horizontale, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 600 fr.
Ce denier, très intéressant, viendrait, si mon attribution est admise, à l'appui de ce que j'ai dit au sujet du denier de Gaddo; il est complètement inadmissible qu'à Reims, au centre du royaume de Pépin, un seigneur ait pu se trouver assez indépendant ou assez osé pour prétendre sub- stituer son nom à celui du roi, encore moins l'eût pu faire un monétaire. Cest donc je crois un comte ou marquis (Landbertus peut-être) qui, chargé de l'administration d'une partie des frontières orientales, a mis
70 MONNAIES FRANÇAISES.
son nom sur la monnaie; mais par une erreur du monnoyer, au lieu de mettre ce nom au revers de la pièce, c'est au droit qu'il a été placé. Je ne me cache pas cependant que, en présence de l'activité de l'atelier royal de Reims, la présence en cette ville d'un comte des marches orientales s'explique difficilement. Aussi ne donnai-je mon attribution que sous toutes réserves.
Rufach (RvFiANA Oppidum).
57. RXP formant monogramme, R et X liés, deux points dans le champ, cercle
de grènetis ; 5^ RVFIANA en monogramme, toutes les extrémités des lettres pommetées, un point sur TA, cercle de grènetis. Denier. Coll. Chappcr Valeur 5oo fr.
Ce denier a été publié pour la première fois par M. Roman qui a cru pouvoir y lire GRATIAN et l'a attribué par conséquent à Grenoble. Mais outre que le style de ce denier le reporte nécessairement au Nord- Est, il est évident pour moi que la première lettre de la légende du revers est un R. La barre d'abréviation s'étant, par un défaut du coin, trouvée recourbée, a conduit mon savant ami à cette lecture Gratian. Si l'on examine l'R du revers et qu'on le compare à celui du droit, on verra que c'est avec intention que Ton a élargi la lettre par l'allonge- ment des traits horizontaux de manière à ce qu'il donne en même temps l'F et conduise à la lecture Rufiana.
Voici ce que dit de Rufach Hadrien de Valois :
a Rufiana nomine latino donatur a Ptolemaeo, ponitur que (si bene memini) in Sequanis : cujus situm loci ab eo maie designari ait Cluverius, et Rufach nunc dici : quod est oppidum superioris Alsatiae, Columbario proximum sive Colmariae. »
Saint-Cirgue (Sancti cirici Monasteriunî) .
58. RP en monogramme, un point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
IjC SCICI-RICI en deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy; poids i v^ 32 Valeur Soofr.
«Le premier nom géographique auquel fasse penser Saint-Cyr (Sanctus Ciricus ou Quiricus), c'est assurément Nevers dont la cathédrale a pour patron le martyr de Tarse. Pépin vint à Nevers en 763, ainsi que l'attestent Eginhard et le continuateur de Frédégaire; aussi
SECONDE RACE. 71
connaissons-nous un précieux denier de cette ville frappé au nom du fondateur de la seconde race. Mais la cathédrale était alors sous rinvocation de la Vierge et des saints Gervais et Protais. C'est en 817 qu'elle fut mise sous la protection de Saint-Cyr; par conséquent ce saint, à l'époque où les deniers d'Imphy ont été frappés, ne pouvait pas désigner la ville. D'ailleurs le nom au génitif indique une abbaye.
Nous ne saurions songer à celle de Saint-Cyr, près Noisy, au diocèse de Chartres, puisqu'elle fut fondée par l'évêque Robert, qui mourut en 1 164.
Mais nous n'hésitons pas à attribuer le denier de Pépin au monastère de Saint-Cirgues (apud Arvernos), fondé au temps de Sidoine Apollinaire par l'abbé Abraham, dont Grégoire de Tours a écrit la vie.
Le nom de Sanctus-Ciricus est devenu Saint-Cirgues, de même que Pagus Rutenicus a produit Rouergue; Dominicus, Doumergue, Canonica, Canourgue. (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 238)».
Sainte-Croix (Sanct/e— crvcis Monasterium).
59. RP en monogramme, deux points dans le champ, cercle de grènetis ;
5^ Débris de la légende SCICRVCIS autour d'une croix potencée à pied fiché dans un cercle de grènetis. Denier. Coll. de P. d*A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
60. RXF, R et X liés, T entre R et F, cinq points dans le champ, cercle de
grènetis; 5^ Même légende SCICRVCIS autour de la même croix, cercle de grènetis. Denier. Coll. de P. d'A.- découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
Le trésor d'Imphy contenait un autre denier au vocable de Sainte- Croix, que M. de Longpérier a reproduit et dont les légendes étaient un peu moins barbares.
« La faute d'orthographe Sancti-Crucis pour Sancte-Crucis se retrou- vera sur les deniers de Carloman et Charlemagne faisant partie de la trouvaille d'Imphy.
Tous ces deniers ont été frappés dans le même lieu; leur type commun en est la preuve irréfragable. On peut hésiter entre diverses abbayes placées sous l'invocation de Sainte-Croix, mais il en est plusieurs que la comparaison des dates exclut :
Le monastère de Sainte-Croix de Bordeaux avait été détruit par les Sarrazins en 732. Il reste encore le monastère de Sainte-Croix de Paris,
72 MONNAIES FRANÇAISES.
beaucoup plus connu sous le nom d'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le monastère de Sainte-Croix de Meaux, qui devint plus tard Saint-Faron, et enfin le monastère de Sainte-Croix de Poitiers.
Sainte-Croix de Paris était, en ySo, sous le vocable de Sainte-Croix et Saint- Vincent... Plus tard, en 772, le titre de Sainte-Croix disparaît...; enfin, en 786, le nom de Saint-Germain a remplacé complètement celui de Sainte-Croix et de Saint-Vincent.
... Sainte-Croix deMeaux, quoique très considérable, me paraît cepen- dant devoir céder le pas à Sainte-Croix de Poitiers
Le type des deniers de Pépin, de Carloman et de Charlemagne, cette croix potencée à pied fiché, nous était connue sur des deniers d'argent mérovingiens.
. . . C'était là probablement l'image d'une croix d'orfèvrerie exécutée en l'honneur du morceau de la vraie croix que Sainte-Radegonde, quatrième femme de Clotaire T', avait fait parvenir d'Orient pour le donner au monastère dont sa sœur Agnès fut première abbesse... » (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 218).
Plus loin à propos du denier de Carloman (pi. IV, n** 8) nous lisons :
« 11 est assez difficile de s'expliquer comment Carloman a pu battre monnaie en Aquitaine. 11 est probable qu'aussitôt après la mort de Pépin, quelques villes auront émis des deniers au nom de ses deux fils, avant même que le partage du royaume ait été réalisé » (de Longpérier, Rep. N. Fr. i858, p. 245).
Ce dernier paragraphe nous fournit la meilleure objection à faire contre l'attribution à Sainte-Croix de Poitiers, des deniers du trésor d'Imphy. J'ajouterai que l'importance d'une abbaye n'était nullement une raison suffisafite pour qu'elle obtînt le droit de frapper monnaie; Saint-Germain-des-Prés, Cluny, Jumièges et tant d'autres ne possédèrent jamais d'atelier monétaire. De plus la barbarie de ces deniers, cette faute d'orthographe persistant dans l'inscription du nom, tout cela éloigne immédiatement l'idée de pièces frappées en Aquitaine, la région la plus policée du royaume. L'abbaye de Sainte- Croix de Meaux elle-même ne me semble pas assez septentrionale pour le type de nos deniers, et peut-être faudrait-il les attribuer à la vieille abbaye du même nom qui existait à Metz. En tous cas, la situation de Meaux convient, sous tous les rapports, beaucoup mieux que celle de Poitiers.
SECONDE RACE. 73
Il y avait aussi une abbaye de Sainte-Croix, fondée sous Dagobert et dépendant de Saint-Médard . Elle était située à deux lieues de Compiègne. Dans un diplôme du roi Eudes, en date de 893, elle est désignée sous le nom de Monasterium Crucis Sancti Audoëni (S. Ouen.)
Saint-Ëtienne (Sancti Stefani Monasterium).
61. RXF en monogramme, l'X se présente sous la forme d'une croix pommetée,
une clef avant l'R, après l'F un sigle paraissant être une rosace trilobée,
cercle de grènetis;
5^ SCO — STEF en deux lignes séparées par une barre horizontale, TE et
IT sont liés, trois points en triangle avant STEF, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 600 fr.
oc ...Le nom du saint à l'ablatif est encore plus extraordinaire que la légende Sancti-Crucis dans laquelle on remarque une bien grave erreur de genre.
L'abbaye de Saint-Etienne de Strasbourg était connue tout au com- mencement du VHP siècle. Saint-Etienne d'Angers, prope Muros Andegavensis, est cité dans un praeceptum de 770.
Le monastère de Saint-Etienne de Dijon est bien antérieur au règne de Pépin, et c'est fort probablement son nom que nous voyons sur le denier décrit plus haut. On pourrait nous opposer les termes d'une charte de Charles-le-Chauve par laquelle, en 865, il accorde la monnaie à Saint-Étienne ; voici, en effet, comment parle le roi :
.... Isaac... humiliter postulavit, quatinus, pro nostra pietate Ecclesia sancti Stephani Divionensis... monetam quam antea habere non consue- verat^ concederemus... et ne nostra concessio ex jam dictis monetis a falsis monetariis, comitum que ministris^ aliquo violari potuisset ingenio, idcirco non ad jus comitum, Sed ad utilitatem jam prœdicturam Ecclesiarum earumque rectoris provisionem volumus pertinere. (Voir Première partie^ page 37.)
Mais il est clair que le roi entend concéder, à la requête de l'Évêque Isaac, le profit de la fabrication que les agens du comte pouvaient réclamer au nom du roi ; il est certain que monetam habere n'a pas du toul le même sens que monetam cudere et que nous ne pouvons, du texte de la charte, tirer qu'une conclusion, c'est que les évéques et les abbayes avaient besoin d'une autorisation royale pour frapper une
monnaie qui ne fût pas ad jus comitum^ c'est-à-dire au compte de l'État.
10
74 MONNAIES FRANÇAISES.
C'est à partir du règne du faible Louis-ie-Débonnaire que nous voyons apparaître quelques-unes de ces concessions ; les deniers de Pépin et de Charlemagne, portant des noms d'abbaye, sont des monnaies royales, et l'existence de la pièce de Saint-Étienne de Dijon, un siècle avant l'humble demande faite par TÉvêque Isaac, n'est pas en contradiction avec le texte de la charte. » (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 222.)
J'ai bien des objections à faire tant au sujet de l'attribution de ce denier à Saint-Étienne de Dijon, qu'à propos des raisons données à l'appui de cette attribution :
D'abord, et quoi qu'en dise M. de Longpérier, la charte de Charles- le-Chauve (postérieure à l'année 864), crée à la demande de l'évéque Isaac un atelier monétaire à Saint-Étienne de Dijon ; cet atelier n'existait pas avant la date précitée qui est celle de l'édit de Pitres, car, ainsi que je l'ai fait remarquer, pendant tout le règne de Louis-le-Débonnaire et la partie du règne de Charles-le-Chauve antérieure à 864, il n'y eut pas un seul atelier monétaire portant le nom d'une abbaye ni d'un monastère.
En second lieu, la croisette pommetée, qui tient lieu de TX dans la légende du droit, appartient au nord-est du royaume.
En étudiant les deniers d'Imphy au quartefeuille, le savant antiquaire avait cru pouvoir les attribuer à Auxerre (voir pag. 61). La présence, sur le denier de Saint-Étienne, d'un trifolium semblable à celui du denier trouvé à Dombourg, et attribué par lui à l'évéque Quintilius, l'a conduit à chercher dans la même région une abbaye au nom de Saint- Étienne. Je crois avoir prouvé que le quartefeuille comme le trifolium sont des sigles appartenant aux ateliers du Nord-Est, et c'est là aussi que je vais chercher l'emplacement de notre atelier. L'abbaye de Saint- Etienne de Strasbourg me paraît convenir parfaitement, et c'est à elle que je rapporte l'émission de notre denier.
Saint-Firmin (Sancti Firmini Monasteriuni),
62. KFP en monogramme, point sous la boucle du P, cercle de grènetis; 5^ SCI — FIRM-II en trois lignes, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
63. RF en monogramme, trait d'abréviation au-dessus, trois points dans le champ, cercle de grènetis ; 5^ SCI-FIRM en deux lignes, point sous la seconde, cercle de grènetis. Denier. Cab. de Fr. ; pièce fracturée Valeur 400 fr.
SECONDE RACE. 75
Cette pièce a été gravée par B. Fillon {Lettre à Dugast-Matt/eux^ pi. VII, n* 2) et décrite par M. de Longpérier (dans le Catalogue Rousseau^ page 99) ainsi qu'il suit :
« On a vu, parmi les monnaies de l'époque mérovingienne, un certain nombre de pièces qui portent des noms de saints. Dans l'origine, ces noms n'indiquent que des patrons d'Ëglises ; par la suite, les noms des bourgs qui avaient élevé ces églises firent place au nom même du saint : Attanutn devint Sanctus-Aredius ; Catolacum^ Sanctus-Dyonysius ; Acaunum^ Sanctus-Mauritius, etc. Avant même que ce changement eût eu lieu, bon nombre de monastères ne sont désignés que par le nom du saint sous le vocable duquel ils étaient placés. Comme les modifications que je viens d'indiquer n'ont pas été introduites partout à la même époque, il devient très difficile de savoir si une monnaie carolingienne, portant un nom de saint, appartient à une église ou à une abbaye située dans un lieu qui n'a pas cessé de porter son nom particulier, ou bien à une autre localité qui n'a plus d'autre nom que celui-même d'un saint. Ainsi, dans le cas actuel, avons-nous une monnaie de Saint-Firmin d'Amiens, ou d'un de ces douze villages appelés comme les deux bien- heureux évêques de Samarobriva... Je ferai toutefois observer que la légende au génitif convient à un monastère ou à une église. L'antiquité de Saint-Firmin d'Amiens est d'ailleurs prouvée par les historiens. » {Catalogue Rousseau^ pag. 99.)
Ce qui pourrait faire douter de l'exactitude de l'attribution à Saint- Firmin d'Amiens, c'est que nous verrons, au règne de Charlemagne, deux deniers différens au vocable de Saint-Firmin et aussi deux pièces très variées au nom de la ville d'Amiens. Or, comme M. de Longpérier l'a fait remarquer très justement, les ateliers des églises et monastères frappant monnaie pour le compte du roi, nous aurions là bien des ateliers différens pour une seule et même ville. Le style de nos deniers de Saint-Firmin n'offre aucun caractère particulier qui puisse nous tirer d'embarras.
Saint-Géry (Sancti Gavgerici Monasterium). 64. RP en monogramme^ cercle de grènetisj
!Ç^ SCIGAV, A et V, sont liés, dessous quatre points en losange^ cercle de grènetis. Denier. Coll. de P. d'A.; vente Dassy.
76 MONNAIES FRANÇAISES.
Les lettres qui composent la légende du revers sont très maigres et donnent à la pièce un aspect désagréable. Je la crois bonne cependant, mais je n'affirme rien.
L'abbaye de Saint-Géry, dont nous trouverons plus tard d'autres monnaies, avait été fondée vers Tannée 600 par saint Géry, archevêque de Cambrai et d'Arras, près des murs de Cambrai. Mise d'abord sous l'invocation de saint Médard, elle reçut le corps de saint Géry dont elle prit bientôt le nom (vers l'année 625). Elle est citée, dans le traité de Mersen (870) comme faisant partie du lot de Charles-le-Chauve. Elle fut détruite en 1540 par ordre de Charles-Quint qui, sur son emplacement, fît élever la citadelle de Cambrai.
Saint-Germain (Sancti Germani Monasterium),
65. RP en monogramme, le irait d'abréviation est muni d'un appendice vertical qui semble en faire un T, en dessous une croix dont chaque bras se retourne en crochet^ deux points et un groupe de trois points dans le champ, cercle de grènetis; 5f SCI-GRNl, en deux lignes séparées par une barre horizontale, R et N liés, la première ligne se termine par un groupe de trois points, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; vente Jarry Valeur 600 fr.
C'est avec une certaine hésitation que je présente la lecture Sancti- Germani ; cependant je n'en vois aucune autre qui détermine et emploie d'une manière plus satisfaisante les caractères de la légende.
La légende adoptée, il reste encore à déterminer à quelle abbaye de Saint-Germain doit être donné notre denier. Or, je ne vois, ni dans les deniers de seconde race à légende certaine, ni dans les deniers méro- vingiens, de sigle analogue à la croix que présente le droit de notre denier. Trois grandes abbayes ont porté le nom de Saint-Germain : Saint-Germain-des-Prés qui, d'abord érigé sous le vocable de Sainte-Croix, prit en 754 le nom de Saint-Germain ; puis Saint-Germain l'Auxerrois (diocèse de Paris) qui, fondé vers 55 1 , porte le nom de Monasterium dans un diplôme de Louis-le -Débonnaire (820) et dont il est dit, dans un diplôme de Charles-le-Chauve (862) : a . . . quod a priscis temporibus S. Germani Antissiodorensis dicitur. » Mais Saint-Germain-rAuxerrois dépendait de Saint-Germain-des-Prés et le bénéfice résultant du mon- noyage ne figure nullement dans le Polyptique de l'abbé Irminon.
SECONDE RACE. 77
Il ne reste plus que Saint-Germain d'Auxerre (car nous pouvons négliger plusieurs petits monastères du nom de Saint-Germain, tels que Saint-Germain-de-Luzignan , etc.). Saint-Germain d'Auxerre fut fondé vers Tannée 422 sous l'invocation de Saint-Maurice par le saint évêque d'Auxerre. Celui-ci étant mort à Ravenne en 450, son corps fut rapporté à l'abbaye de Saint-Maurice qui désormais fut connue sous le vocable de Saint-Germain. Cette abbaye était illustre entre toutes par ses écoles que fréquentaient plus de cinq mille écoliers. Elle avait reçu de Pépin- le-Bref, de Charlemagne et de Louis-le-Débonnaire de nombreux privi- lèges. Si donc, je le répète, la lecture Sancti-Germani est admise, il n'y a que Saint-Germain d'Auxerre qui puisse revendiquer cet atelier monétaire.
Saint-Marcel (Sancti Marcelli Monasterium).
66. RXFj R et X liés, trois points avant R, deux points avant F, cercle de grènetis; ÇT SCI'— MAR% en deux lignes, séparées par une barre horizontale, A et R liés, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d*Imphy . . . Valeur 5oo fr.
a On trouvera plus loin, au chapitre de Charlemagne, la description d'un denier qui porte la même légende, disposée de la même façon et qui a été certainement frappé dans le lieu où celui-ci a été fabriqué.
On connaît un denier de Pépin, émis à Saint-Martin de Tours avec la légende SCIMARTN [R. N. Fr. 1842, pi. XXIV, n«2; cf. t. IX. 1844, p. 273) et un denier de Charlemagne portant SCIMARTINI, pièce dont un exemplaire existe dans la trouvaille d'Imphy. On n'admettra sans doute pas que la légende SCI-MAR s'applique au célèbre monastère, si Ton remarque avec quel soin le nom de Saint-Martin est écrit sur les monnaies mérovingiennes de Tours, de Banassac. M. Duchalais a montré que le triens attribué à Saint-Martin d'Amiens devait se lire GEMELLOS MARcasios, et il est évident que le triens publié par Mader (Kritische BeitrœgCy t. III, pi. I, n* 4. — Combrouse, Monét. Mérov.^ pi. XXXVII, n* 7) et qui porte RATIOSCIMAR, avec ECLE dans le champ du revers, n'appartient pas plus au monastère de Saint-Martin de Tours que la monnaie de Blois, BLATOMOSCIMAR.
Le monastère de Saint-Martial de Limoges n'était connu que sous le nom du Saint-Sauveur jusqu'au moment où Louis-le-Débonnaire y transporta le corps du bienheureux évêque.
78 MONNAIES FRANÇAISES.
Nous avions pensé à Saint-Marien d'Auxerre (Sancti-Mariani monas- terium), abbaye fondée par saint Germain et restituée en Tan 800 par Charlemagne à l'évêque Aaron. Mais il paraîtrait que cette abbaye est une de celles que Charles-Martel avait livrées aux mains des laïques et que c'est ce qui avait rendu nécessaire la restitution dont il vient d'être parlé.
11 nous semble que SCIMAR désigne Saint-Marcel de Chalon-sur- Saône, monastère fondé vers 584 par le roi Contran, dont les moines sont cités dans un diplôme de Dagobert de Tan 636, que Charles-le- Chauve , en 870 , indique , dans son partage avec son frère Louis , par ces mots Sancti-Marcelli ^ et dont -Charlemagne parle ainsi dans une Charte de 779: <t Magnificus Hucbertus episcopus, rectos que basilicae Sancti-Marcelli , quae ponitur sub oppidum Cabilonicae urbis, ubi ipse pretiosus dominus in corpore requiescit, nostrae celsitudini intulit suggestionem, eo quod antecessores nostri anteriores Reges, vel bonae memoriae domnus et genitor nos ter Pipinus quondam rex per eorum praeceptiones, intégras immunitates ipsi monasterio concesserint.i^ (de Longpérier, Rep. N. Fr. i858, p. 220.)
Je ne veux nullement contester à l'abbaye de Saint-Marcel de Châlon, à l'exclusion des autres abbayes du même nom, l'émission de ce denier. Je dois seulement faire remarquer que les deniers de Saint-Martin, au nom de Pépin, cités par M. de Longpérier, sont ceux que l'on trouvera gravés sous les numéros 67 et 69, et qu'aucun d'eux ne porte comme légende SCIMARTN. Quant au monétaire que porte RACIOSCIMAR, je crois qu'il appartient bien au grand monastère de Tours. Si je rejette, pour notre denier, lattribution à Saint-Martin, c'est que jamais je n'en ai vu le nom écrit en deux lignes, mais toujours en légende circulaire. Au résumé, je propose, avec M. de Longpérier, l'attribution à Saint- Marcel , mais il n'y a là aucune certitude et le champ reste ouvert aux recherches ultérieures.
Saint- Maurice 7 (Sancti Mavrtcii Monasterium.)
67. RXP en monogramme^ point dans la boucle de TR, cercle de grènetis; !Çr SCIM'>RI"*; au centre S dans un cercle de grènetis.
Ce denier, publié dans la Rev. N. Fr. 1843, p. 443, et dans celle de 1844, p. 273, porte une légende où les seules lettres lisibles certainement
SECONDE RACE. 79
sont SCIM... R; avant TR je crois voir un V renversé et après TR un I; je me crois autorisé à lire SANCTI MAVRICII. Il est certain que la place laissée entre M et R est trop grande pour la seule lettre A.
Entre toutes les abbayes sous le vocable de Saint-Maurice, quelle est celle à laquelle doit être attribué notre denier. Est-ce l'abbaye de Saint- Maurice près Sens, qui prit ensuite le nom de Saint-Remy? N'est-ce pas plutôt le célèbre monastère d'Agaune ou Saint- Maurice en Valais? Fondée au milieu du cinquième siècle en l'honneur des chefs de la légion thébaine, solennellement consacrée sous les auspices du roi de Bour- gogne, Sigismond (5 16), l'abbaye de Saint-Maurice fut ravagée parles Langobards en 574, suivant Grégoire de Tours; autour de l'abbaye s'était fondé le village fortifié de ce même nom de Saint-Maurice. Ce monastère eut pour abbé S. Althaeus, parent de Charlemagne et, disent aussi les chroniques, l'empereur Arnould, fils de Carloman. Comblé de faveurs par les rois carolingiens, je ne trouve cependant nulle part que le droit de frapper monnaie lui ait été accordé. L'S du centre ne serait-i pas l'initiale de SEDUNIS, évêché dont dépendait l'abbaye de Saint- Maurice en Valais.
Saint-Martin (Sancti Martini Monasterium),
68. PiP~R" en deux lignes; entre VI et le P, croisetle cantonnée de quatre
points^ cercle de grènetis; 5^*SCIMARTINI en légende circulaire entre deux grènetis; au centre globule. Denier. Cab. de Fr. ; vente Jarry . Valeur 700 fr.
69. Pi Pi — REX en deux lignes, entre TI et le P croisette, cercle de grènetis.
Revers semblable à celui du n*' 68.
Denier. Dessin communiqué par M. de Barthélémy.
Ces deux pièces, d'émission différente, se complètent Tune l'autre. La seconde a été publiée par M. B. Fillon dans la Rep. N. Fr. 1844. Il écrit seulement ceci: «Ce denier, que j'ai vu à Nantes dans les cartons de la Société des beaux-arts, a été trouvé, m'a-t-on dit, dans le départe- ment de la Loire-Inférieure.»
Les deux deniers portent le vocable de Saint-Martin, mais à quelle abbaye de ce nom faut-il les attribuer? Pour donner une idée de la difficulté que présentent de semblables attributions, quand aucun signe particulier ne vient servir de guide, je vais donner une liste abrégée des
8o MONNAIES FRANÇAISES.
diverses abbayes de ce nom qui existaient sous les premiers rois carolingiens :
Nous avons:
S. Mart s. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart
n de Champeaux (diocèse de Paris) existant avant l'année 700.
n des Champs (diocèse de Paris)^ qui existait du temps de Childebert III.
n du Val (diocèse de Chartres)^ dont l'existence est constatée sous la i"* race.
nus Cronensis (dioccse de Ciermoni).
n de Limoges, fondée par un frère de S. Eloi.
nus major ou ad Scotos (diocèse de Cologne), fondée par Pépin et Plectrude.
n de Tournai, fondé en 652. Dans un diplôme de Charles-le-Chauve en date de 843, il est fait mention des abbayes : S. Martini de Cassiiaco et S. Martini de Magavese, toutes deux dans le diocèse d'Autun.
S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart S. Mart
n d'Autun, fondée par Brunehaut à la fin du VI* siècle.
n de Mdcon qui existait bien avant 879.
n de Beaune.
n de Monte Rotundo (diocèse de Narbonne) (Montredon).
n de Cauquenne (diocèse de Narbonne).
n de Lez (diocèse d'Alet).
n aux jumeaux (diocèse d'Amiens).
n (diocèse d'Auxerre).
n (diocèse de Ne vers). La grande abbaye de S. Martin de Trêves. S. Martin de Metz, fondée par Sigebert, roi d'Austrasie. S. Martin (diocèse de Toul). Enfin la grande abbaye de S. Martin de Tours.
Si le renseignement donné à M. B. Fillon est exact, si le denier n° 69 a bien été trouvé dans le département de la Loire-Inférieure, il y a probabilité qu'il ait été émis par Tatelier de Saint-Martin de Tours. Nous verrons, dans la suite, plusieurs autres deniers portant la même légende, mais qui ne sortent certainement pas tous de la même officine; pour chacun d'eux l'embarras sera le même. Et ce qui existe pour les monnaies au nom de Saint-Martin, se représente pour toutes les pièces qui portent des noms tels que Saint-Marcel, Saint-Maurice, Saint-Pierre et surtout Sainte-Marie. Je ne saurais trop recommander de bien tenir compte du lieu où se rencontreront les diverses monnaies frappées par des abbayes. La localisation est presque de règle dans ces pays où la circulation était peu active, surtout à de grandes distances. Quand, à deux reprises successives, un denier portant un nom de saint aura été
SECONDE RACE. 8i
rencontré dans la même contrée, on pourra être certain que l'atelier qui Ta produit existait dans un cercle très rapproché. Nous serions souvent bien moins embarrassés si nous savions le point précis où ont été découvertes toutes les monnaies carolingiennes qui nous sont connues.
Saint-Pierre (Sancti Pétri Monasterium).
70. RP en monogramme, point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
5^ SCI — PETRI en deux lignes, le T est lié à TR, cercle de grènetis. Denier. Ma collection; découverte d*Imphy .... Valeur 400 fr.
Si nous ne connaissions pas d'autre denier de Saint-Pierre que celui-ci, nous serions aussi indécis que pour les deniers de Saint-Martin. Mais nous avons vu que les découvertes de Glizy et de Compiègne contenaient chacune des espèces au nom de Saint-Pierre; de plus, dans la découverte d'Arras, nous avons trouvé ce même vocable de Saint-Pierre au revers d'un denier portant comme légende de droit CORBIENSIS. Or, d'après le principe que nous avons posé plus haut, c'est dans les environs d'Amiens et de Compiègne que doivent avoir été frappés les deniers au nom de Saint-Pierre que renfermaient les trésors de Compiègne et de Glizy. Si l'on examine la carte de ces contrées, on voit que Corbie se trouve à peu près au centre d'un triangle ayant pour sommets Amiens, Arras et Compiègne. Il remplit, par conséquent, toutes les conditions demandées pour la revendication des deniers et oboles de Saint-Pierre.
Il est vrai qu'Imphy est loin de Corbie et que le denier n® 70, se trouvant à plusieurs exemplaires dans le trésor, pourrait appartenir à une autre abbaye du même nom. Je ne m'oppose nullement à ce qu'on cherche une autre attribution parmi les nombreux monastères placés sous l'invocation du prince des apôtres et plus rapprochés du lieu de l'enfouissement.
M. de Longpérier, trouvant une certaine analogie de fabrication entre notre denier et celui de Troyes, que Ton verra plus loin, croit devoir le donner à Saint-Pierre-le-Vif, illustre abbaye fondée à Sens dans le VP siècle. Cette attribution serait d'autant plus acceptable que Sens se trouve à une distance peu considérable d'Imphy.
Sainte-Marie (Sanct^e Marine Monasterium).
71. RP en monogramme, deux points dans le champ;
ÇT se A.~ MARIA en deux lignes séparées par un trait, trois points dans le champ^ traces d'un cercle de grènetis.
11
82 MONNAIES FRANÇAISES.
Je n'ai eu connaissance de ce denier qu'après que les planches étaient gravées, j'en donne ci-dessous la gravure sur bois. Il faisait partie de la collection de M. le Docteur Voillemier et a été publié par M. Ch. Robert qui l'attribue à Sainte-Marie de Verdun. Pour moi ce type n'est nulle- ment austrasien; il se rapproche bien plus des deniers émis à Saint Etienne, Saint-Marcel, etc. Mais, ainsi que je l'ai dit, il y a tant de monastères sous le vocable de Sainte-Marie que le choix est bien difficile. C'est un problème dont je n'ai pas la solution.
Lieu indéterminé.
71. Je renvoie au dessin de ce denier pour la lecture du revers; le droit contient certainement les lettres SCI, abréviation de SANCTI, les trois points en triangle sont, comme la croix pommetée, l'indication d'une fabrication austrasienne. Mais il m'est impossible de déterminer l'atelier où cette curieuse monnaie a été frappée. Elle est indubitable- ment contemporaine de Pépin-Ie-Bref, mais pourquoi ne présente-t-elle pas le nom du roi? serait-ce seulement un denier d'inauguration de monastère (peut-être Saint -Martin de Cologne fondé par Pépin et Plectrude) ? serait-ce simplement un bijou ou un ornement? je ne sais. Cette pièce intéressante fait partie de la collection de notre regretté confrère M. le docteur Voillemier. Elle a été publiée par Van-der-Chijs qui a renoncé à en donner une lecture satisfaisante. Elle avait été trouvée dans les fouilles de Dorestadt.
Strasbourg (Argentoratensis Civis^ Argentoratum Civîtas). 72. RP en monogramme^ un point dans le champ, cercle de grénetis;
5f "CIVARGRAT en légende circulaire autour dune croîsette, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
Fougères et Combrouse, en publiant ce denier, avaient lu et écrit CIVARORAT, et le donnaient à l'atelier d'Arras. M. de Saulcy, discutant cette attribution {Rev. N. Fr. i838), disait: «Jamais CIVARORAT n'a pu signifier Arras, dont le nom est Civitas Atrebatensis ; il faut donc
SECONDE RACE. 83
chercher une autre attribution. J'aimerais mieux admettre, dans le mot ARORAT, quelque contraction qui permit d'y voir, par exemple Argentoratum (Strasbourg)». Combien plus affirmatif encore eût été notre cher et illustre maître, s'il eût vu la pièce elle-même et lu la légende telle qu'elle existe : CIVARGRAT et non CIYARORAT.
Troyes (Trecas ou Tricas Civitas).
73. RP en monogramme^ point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
5^ TRI— CAS en deux lignes, croisette légèrement pommetée au commen- cement de la première ligne, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr. ; Coll. de P. d'A. ; ma collection; découverte d'Imphy Valeur 325 fr.
Dans le denier qui faisait partie du trésor d'Imphy, la croisette, non pommetée, est au commencement de la seconde ligne.
L'exemplaire du cabinet de France est celui qui a été publié par M. de Longpérier, dans sa notice sur la collection Rousseau.
Il n'y a rien à dire sur ce denier, dont Tattribution est certaine et qui ne présente aucun caractère particulier.
Planche IV.
Vénasquet (Vindausca, Venasca Civitas).
74. RP en monogramme^ point au centre, trait d'abréviation au-dessus, cercle de
grènetis; lettres pommetées; Çf CVIIVSCO en cercle autour d*une croisette, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 3oo fr.
Dans une notice publiée en i856 sur un denier de Charlemagne, M. de Longpérier proposait l'attribution à la ville de Vénasque.
Pour moi, je ne puis admettre cette attribution à Vénasque. Il me semble d'abord que la terminaison SCO ne peut être admise pour SCA, étant donné surtout qu'il n'y a pas là une erreur de graveur, puisqu'elle est la même sur le denier de Pépin et sur celui de Charlemagne. De plus, et c'est une remarque générale, la première lettre de la légende est généralement la mieux formée de toutes et ici le V est une lettre dou- teuse. Il me paraît bien plus naturel de lire la légende en commençant par S et ainsi l'on trouvera SCO CIVIN légende que l'intercalation de
84 MONNAIES FRANÇAISES.
peu de lettres pourrait compléter. Ainsi Ton pourrait lire SlOC(or)
VIN(o), SCOC(er) Vl(rfw) N(o), etc.
Il faut aussi remarquer que sous Pépin, les légendes circulaires sont rares. Nous les trouvons seulement à Sainte-Croix, Mayence, Louvain, Neuss (ou Soissons ou Sens), Saint-Martin, Strasbourg, Saint-Maurice et enfin Verdun, toutes localités appartenant à TEst et au Nord-Est, et ne paraissant convenir à Vénasque, cité bien plus voisine de la Provence.
Verdun (Virdvnvn Civitas).
75. KXF, R et X liés, cercle de grènetis;
!Çr VIR-DVN en deux lignes séparées par un trait horizontal, ce trait placé entre une croisette et un groupe de trois points.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
76. RXF, R et X liés, point dans la boucle de R, croisette pommetée avant R,
cercle de grèneiis; !Çr VIR-VN en deux lignes, DV écrit en rétrograde^ trait horizontal entre un annelet et une croisette pommetée séparant les deux lignes de la légende, cercle de grènetis.
77. RXF, R et X sont liés, cercle de grènetis;
5^ VIR^DVN en deux lignes courbes autour d'une croisette pommetée, deux groupes, l'un de trois points, l'autre de deux points, séparent les deux lignes de la légende, cercle de grènetis. Denier. Ma collection; découverte d'Imphy .... Valeur 400 fr.
Le n° 75 faisait partie du trésor d'Imphy qui en contenait encore un autre exemplaire (n^ 77). A propos de ce dernier, M. de Longpérier disait : « La forme de TN qui termine la légende, se remarque dans le nom FIRMINVS, découvert en 1697 ^^^^ ^^ crypte de Saint-Acheul et qui a donné lieu à une si vive polémique. On voit encore cette forme six fois répétée dans Tépitaphe du martyr Gordien, Galliae nuncius, que dom Mabillon et dom Michel Germain considèrent comme un spécimen de la vieille écriture gauloise. Enfin ce caractère appartient à Tonciale cafoline de nos vieux manuscrits. » {Rep. N. Fr. i858, p. 225).
Le n** 76 a été copié sur un dessin donné par M. Ch. Robert {Mon- naies du Nord-Est de la France). L'annelet qui précède la barre horizontale serait, selon moi, un D et compléterait la légende VIRDVN.
Un trait caractéristique de ces trois deniers, c'est la présence de la croix pommetée et du groupe de trois points. Ainsi qu'on Ta déjà vu,
SECONDE RACE. 85
c'est là un caractère propre aux monnaies du nord et de Test de l'empire frank. Cette particularité nous a été et nous sera d'un grand secours pour le classement de certaines pièces d'attribution douteuse.
Monnaies indéterminées.
78. RXF, R et X liés^ trois points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ Au centre un cercle avec point au centre, sur ce cercle s'appuient quatre sigles en forme de Y avec les extrémités pommetées, dans chacun des cantons formés par ces quatre sigles un point, cercle de grènetis. Denier fracturé. Coll. d. P. d'A Valeur i5o fr.
79. RNP en monogramme, dans le champ deux points et un trait qui semble
former un A avec les deux jambages de TN, cercle de grènetis; ]^ Croix pommetée cantonnée de deux points aux deuxième et troisième cantons, autour se voient des caractères indéterminés alternant avec des points; cercle de grènetis.
Ce denier, publié par Van-der-Chijs, pi. X, n* 19, a été trouvé à Dore- stadt. Que veulent signifier les caractères qui entourent la croix du revers ? Je n'en sais rien, et il me semble difficile d'arriver à les déter- miner.
80. Personnage nimbé debout et de face tenant de la main droite une croix;
entre le pied de la croix et les jambes du Saint, je crois reconnaître les lettres EAR, un point au bas de la pièce et dans l'intérieur du E; !Çf ROFP, R et X sont liés, au-dessous il me semble voir une hache ou francisque, point sous la boucle du P et sous la francisque.
Ce denier, trouvé à Dorestadt en 1844, a été publié par Van-der-Chijs, pi. IX, n® 7. Le savant hollandais n'accompagne sa description d'aucun commentaire. Il faut espérer qu'un exemplaire plus complet ou mieux conservé permettra de bien déterminer les lettres du champ. En tous cas, la présence de la francisque cantonne nos recherches dans le nord de TAustrasie.
Si l'on voulait ne pas tenir compte du premier caractère, beaucoup plus douteux que les deux autres, il resterait les deux lettres AR, peut- être Herstal (Aristallium) :
En tous cas, il est intéressant de comparer cette pièce avec les deniers de Chartres au type de Saint-Chéron debout (pi. II, n* 21 et 22).
81. nPIPI, croisette à long pied au-dessus du premier P^ francisque au-dessous^
cercle de grènetis;
86 MONNAIES FRANÇAISES.
IjC Personnage couronné^ marchant à droite, tenant du bras droit une croix^ du bras gauche un sceptre ou une crosse^ en dessous un point^ légende en deux parties de chaque côté du personnage^ point au-dessous^ cercle de grènetis.
C'est encore à Van-der-Chijs que nous devons la connaissance de ce denier austrasien trouvé aussi dans les fouilles de Dorestadt. Pas plus que lui je ne saurais donner un sens à la légende du revers. C'est aussi en 1844 9^'^ é^é trouvée cette curieuse médaille.
Il sera bon de le comparer au n"* gS de la planche IV où le personnage du revers et la disposition de la légende ont une ressemblance très curieuse avec ceux de notre denier.
82. Ce denier très incomplet a été publié par Rethaan-Macaré et provient des
fouilles faites sur la plage de Dombourg. J'y vois un R lié à un X avec trois points dans le champ et sur l'autre face un monogramme composé des lettres N et R écrites au rebours avec un E ou un F adossé à TR. Entre les jambages de TR se trouve un signe que je ne saurais déterminer.
Quelle est la localité représentée par les lettres du monogramme du revers? Je ne sais; M. Rethaan-Macaré y veut voir le nom de Pépin; je crois qu'il est dans Terreur ; ce nom se trouve représenté par l'R du droit qui se décompose en PRX; puis que viendrait faire l'E ou l'F du revers ? C'est là une pièce qu'on ne peut déterminer sur des élémens aussi tronqués. Il faut attendre l'apparition d'un exemplaire plus complet.
83. PIPI— NVS en deux lignes, quatre points dans le champ;
5^ F Rj TR est rétrograde, trait d'abréviation au-dessus, dans le champ étoile à six pointes, un point et un groupe de trois points.
Trois pièces à ce même type ont été publiées par Le Blanc, et n'ont jamais été retrouvées en nature. Je fais graver celle-ci, que j'ai citée plus haut (pag. 19), parce que l'étoile à six pointes et le groupe de trois points circonscrit les recherches pour son lieu d'émission ; elle appartient à la région nord de l'Austrasie.
Monnaies d'or au type Langobard.
84. CARLEMAN RX en monogramme, croisette sur CR, dans le champ quatre
petites lettres qui paraissent être SGRP ; 5^ Monogramme paraissant composé des lettres CARLERX ou CARLFRX au-dessus et au-dessous deux caractères indéterminés. Ecu d'or. Coll. Ferrari Valeur 1,800 fr.
SECONDE RACE. 87
85. CARLEMAN REX en monogrammCj dans le champ quatre caractères ou
petites lettres qui semblent être SOAS, large bordure unie; ^ CARLRX en monogramme^ dans le champ un S au-dessus du mono- gramme^ un O au-dessous^ large bordure unie.
Ecu d'or. Ma collection Valeur i^Soo fr.
Ces deux écus d'or, du poids d'un tiers de sol romain et du module des écus frappés par les rois Langobards, portent, sans contredit, les monogrammes de Carloman et de Charles. Le premier, après être resté assez longtemps dans les cartons de la maison Rollin, est passé dans la collection de M. Ferrari. Le second faisait depuis assez longtemps, ainsi que le n** 86, partie du cabinet Carlo Morbio de Milan. Ils sont, lors de sa vente, entrés dans ma collection.
Je ne crois pas qu'il y ait deux manières d'expliquer l'émission de ces monnaies tout-à-fait exceptionnelles et étrangères, au moins comme fabrication, tant au système monétaire carolingien qu'au monnoyage romain. Elles ont dû être émises lors de la première campagne d'Italie (en 754), comme une menace au roi Astaulfe de transmettre son royaume aux deux fils du roi des Franks. Cette hypothèse est confirmée par la pièce suivante.
86. SDNAVSTVLFRI, dans le champ CRX en monogramme, S dessous, large
bordure lisse; 5^ SCSlIIin.,, Saint-Michel tenant une croix à long pied et marchant à gauche, large bordure lisse. Ecu d'or. Ma collection; poids iJ%io Valeur 2,000 fr.
Cet écu d'or, frappé à l'imitation des monnaies d or lombardes, n'en diffère que par le monogramme de Charles qui se trouve dans le champ du droit. On aurait pu douter de la vraie signification des lettres qui le composent, si Ion n'avait eu pour guide les deux écus n** 84 et 8!), le dernier surtout. Lors de Ja seconde campagne de Pépin en Italie, Astaulfe était mort (ySô); c'est donc à l'année 754 que doit être rapportée aussi l'émission de cet écu d'or. Cette pièce, des plus intéressantes, nous indique un fait dont les historiens n'ont fait mention nulle part : la reconnaissance par Astaulfe de la suzeraineté du roi des Franks et d'une sorte de lieutenance du royaume langobard (souvenir de la Mairie du Palais) établie par Pépin en faveur de son fils Charles. Le roi des Franks dut cependant rappeler promptement son fils près de lui, car les mon- naies d'Astaulfe ne sont pas rares, et cet écu est le seul connu jusqu'à ce jour qui contienne le monogramme de Charles.
88 MONNAIES FRANÇAISES.
Je me suis étendu longuement sur toutes ces monnaies du règne de Pépin. Plus j'avancerai dans mon travail, plus il se simplifiera. Je rencontrerai presque tous les ateliers dont j'ai déjà eu à parler; je n'aurai plus qu'à les mentionner, laissant de côté toute discussion et toute controverse, renvoyant simplement le lecteur à ce qui a déjà été dit sur chacun d'eux. Pour les localités nouvelles je procéderai de même façon que je l'ai déjà fait et j'aurai ainsi, je l'espère, présenté un ensemble aussi complet que possible de ce qui peut être dit actuellement sur le monnoyage carolingien.
Cartoman (de 768 à 111),
D'après le partage réglé par Pépin, le royaume de Carloman com- prenait : la Burgondie, la Provence, la Septimanie, l'AUemanie et l'Alsace, puis le pays situé entre Seine et Loire, avec les diocèses de Laon, Reims, Châlons, Senlis et Soissons.
A son avènement au trône il va s'installer à Soissons dont il fait le siège de son gouvernement.
Il accompagne son père Karle dans sa campagne contre Hunald qui avait soulevé toute l'Aquitaine ; mais les deux frères se brouillent et Carloman retourne dans son royaume. Leur mère Bertrade les réconcilie et Carloman meurt deux ans après (4 décembre 771 j, laissant deux fils au berceau.
Atelier indéterminé.
I. EARLM en monogramme, cercle de grènetis;
5f RXF, R et X liéSj entre R et F une sorte de globule ou demi-sphère; un point au centre, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur i55o fr.
Ce denier que j'ai acquis en 1868, à la vente du D"" Colson, a cela de particulier que, seul de tous les deniers de Carloman, il inscrit dans le
SECONDE RACE. 89
champ le titre Rex Francorum. Il est, comme presque tous les deniers du frère de Charlemagne, sinon unique, au moins de la plus grande rareté.
Angers? (ou Langres).
2. EARLO en monogramme^ cercle de grènetis;
5^ SAM DE en monogramme^ demi-cercle de points autour des lettres DE, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 1000 fr.
Excepté le monogramme de Carloman mis au lieu et place de celui de Pépin, ce denier est exactement semblable à celui qui est gravé, pi. I, n** I, et décrit à la page 6. J'ajouterai ceci à ce que j'ai dit au sujet du denier de Pépin, c'est qu'Angers ne faisant pas partie du royaume de Carloman, la pièce ici décrite ne peut avoir été frappée dans cet atelier.
Arles?
3. CARLM en monogramme;
5^ ARGj deux points au-dessous. Denier. Coll. de P. d'A.
J'ai donné le dessin de ce denier et j'ai eu tort peut-être, car je le crois faux ; il n'a ni le poids, ni le module des deniers de Pépin et de Charlemagne; il ne ressemble en rien aux autres deniers de Carloman. Le C est rond, le premier jambage de l'A est courbe ; au revers l'E est lunaire ; tous ces caractères semblent indiquer une imitation faite par un faussaire n'ayant pas eu sous les yeux une assez grande quantité de deniers de Carloman pour en prendre le style exact.
Il n'est pas mauvais, je crois, de mettre sous les yeux des amateurs quelques pièces fausses, cela leur donne l'éveil et en même temps leur fait connaître certaines particularités auxquelles se reconnaît l'œuvre d'un faussaire.
Clermont-Ferrand.
4. EARLM en monogramme^ traces d'un cercle de grènetis ;
I^ ARj au-dessous un sigle que je ne puis déterminer^ traces d*un cercle de grènetis. Denier. Cab. de Fr Valeur 1200 fr.
Je crois pouvoir attribuer à Clermont l'émission de ce denier. Ces
12
90 MONNAIES FRANÇAISES.
deux lettres AR étaient, pendant toute la première race, la caracté- ristique des ateliers arvernes. Clermont faisait partie de la portion orientale de l'Aquitaine qui était , en raison du partage fait par Pépin, dans le lot de Carloman. Ce denier avait été donné par Mory-d'Elvange comme appartenant au règne de Charlemagne.
Luitprand (Levtbrannvs).
5. EALRO en monogramme, cercle de grènetis;
ÇT LEVTBRA en légende circulaire autour d'un cercle^ point au centre, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur i5oo fr.
Voici encore le nom d'un de ces comtes ou marquis dont j'ai expliqué le rôle sous les premiers carolingiens à propos de la monnaie de Gaddo.
<r Je lis sans hésitation, a dit M. de Longpérier [Rev. N. Fr. i858, p. 242), le nom de LEVTBRANNVS, quoique le commencement de la légende ne soit pas marqué. Les noms formés avec la syllabe LEVT sont très communs ; Leutoldo , Leutbaldus , Leutherius , Leutho. . . . etc. D'autre part les noms terminés en BRANNVS sont également bien connus: Childebrannus , Hildebrannus, Witbrannus... etc. C'est une forme franke, et c'est pour cette raison que je l'adopte quand il s'agit d'un monument exécuté au second tiers du VIII* siècle.
Enfin, le dialecte lombard, changeant le B en P., on trouve Luit- prandus, Ausprandus, Auprandus . . . . De même que Leutbertus est changé en Luitpertus et Leutboldus en Liutpoldus.
Il résulte de tout cela que le nom du monétaire Leutbrannus, celui du notarius de l'empereur Lothaire et celui du célèbre roi dès Lombards Luitprandus, ne sont que trois variétés d'un même thème et présentent exactement la même signification ».
Lyon.
6. CAHLM en monogramme^ cercle de grènetis; 5^ LVGj cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 1000 fr.
Rien à dire sur ce denier; son attribution à Lyon n'offre aucune difficulté. Il faut cependant remarquer la forme du G qui est la même sur tous les deniers de Pépin, Carloman et Charlemagne, sortis de l'atelier de Lyon.
SECONDE RACE. 91
Saint-Aigaan (Sanctianiani Monasteriuni).
7. CARLOM en deux lignes dans un cercle de grènetis ;
IjC SCIANIAI en légende circulaire^ au centre saint Aignan marchant à gauche^ nimbé et tenant une crosse^ quatre groupes de trois points, dont deux groupes en triangle et deux en ligne verticale entourent le Saint, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur i5oo fr.
«
Un autre denier, provenant aussi de la découverte d'Imphy, aux mêmes types et légendes avait : au-dessus de l'A de CARLOM cinq points sur deux lignes, posés 3 et 2 ; devant TR trois points en triangle ; sous ro trois points en ligne.
« Ces curieux deniers nous montrent encore, comme sur la monnaie de Chartres, une figure en pied sur un monument monétaire des Caro- lingiens. Saint Chéron, dont la figure se voit, à ce que nous croyons, sur les deniers de Chartres, n'étant pas évéque , n'avait pas droit à la crosse ; on lui a donné deux croix pour exprimer son apostolat et son martyre ; saint Aignan, évéque, s'appuie sur une crosse ; on voit qu'un soin ingénieux présidait au choix de ces types.
Le monastère de Saint-Aignan d'Orléans est bien connu ; il me suffira de rappeler le praeceptum de Charlemagne pro Aurelianensi Sancti- Aniani monasterio » (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, pag. 244).
Ces attributions à Chartres et à Orléans ne semblent devoir susciter aucun doute et cependant nous avons trouvé, émis certainement en Austrasie, deux deniers de Pépin-le-Bref (n^ 80 et n® 81) qui présentent des dispositions d'agencement, de dessin et de légende ayant, avec les pièces de Chartres et d'Orléans, une analogie des plus singulières. Il y a lieu, en outre, de remarquer, sur les deniers de Carloman comme sur celui de Chartres (n° 22), les trois points en triangle si communs en Austrasie qu'ils sont presqu'un signe distinctif des ateliers de cette contrée .
Sainte-Croix.
8. CARLOM en deux lignes dans un cercle de grènetis;
5^ SCI CRVCIS en légende circulaire autour d'une croix potencée à pied fiché dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 800 fr.
Je renvoie pour ce denier de Sainte-Croix au denier de Pépin (n*" 59).
92 MONNAIES FRANÇAISES.
On verra que, selon moi, sa fabrication est toute septentrionale et doit probablement être rendue à Sainte-Croix de Metz. En aucun cas, à aucune époque, Carloman n'a pu émettre de monnaie à Sainte-Croix de Poitiers.
Chartemagne (168 à 814).
Le 24 septembre 768 Karle succède à son père Pépin dans le gou- vernement des provinces suivantes : l'Austrasie, la Germanie moins TAllemanie, la Thuringe, la Bavière, la Carinthie, puis les contrées situées entre l'Oise, la Seine, la mer et l'Escaut, la Neustrie et l'Aqui- taine occidentale. 11 va s'installer à Noyon, siège de son gouver- nement.
En 769 il marche contre les Aquitains, soulevés par Hunald, et cons- truit, au bord de la Dordogne, le château-fort dit Castrum Francicum ou Franciacum, aujourd'hui Fronsac.
En 770 il épouse Desiderata, fille du roi des Langobards, mais la répudie l'année suivante pour épouser Hildegarde (771), fille d'un chef slave ou alleman^ mariage qui lui attacha cette nation que la mort de Carloman venait de faire passer sous sa domination.
En 772 Karle tient une assemblée à Worms où il décida la première expédition contre les Saxons. Il s'empare du château d'Ehresbourg en Westphalie.
En 774 expédition d'Italie contre Desideratus, prise de Pavie, des- truction de la nationalité des Langobards et confirmation de la donation de Pépin à la papauté. A partir de cette époque Karle prend le titre de Roi des Francs et des Langobards. Il ajoute à ces titres celui de Patrice qui lui est conféré par le sénat et le peuple romain. Le patriciat accordé à Karle lui donnait le droit de commandement ; Adrien datait ses lettres de cette époque; les Romains lui juraient fidélité, et en vertu de ce titre, il exerça le pouvoir souverain dans Rome avant d'être empereur.
En 775 expédition en Saxe et en Italie. Karle s'empare de la cité du Frioul (Foro-Juliensis civitas) et de Trévise.
SECONDE RACE. gS
En 776 Karle préside le Champ de Mars à Worms. Les Saxons s'em- parent d'Ehresbourg, mais échouent devant Sighebourg. Karle les refoule, rebâtit Ehresbourg et élève un autre fort sur la Lippe.
En 777 le Champ de Mai est réuni à Paderbronn (Pathalbrunnen) . A ce Champ de Mai assistaient Ebn-el-Arabi et Abd-Athar, gouverneurs musulmans de Huescar et de Saragosse, révoltés contre l'émir de Cordoue et qui venaient se mettre sous la suzeraineté de Karle.
En 779 Karle rassemble une armée à Chasseneuil ou Cassineuil (Cassinogilum) au confluent du Lot et de la Garonne ; il descend par lé val de Roncevaux dans la Navarre (Wasconie espagnole) et s'empare de Barcelone, Girone et Pampelune. Au retour une partie de Tarmée est anéantie par les Wascons d'Aquitaine. Là périt Rodland, neveu de Karle, comte de la marche de Bretagne. Karle est obligé de courir en Saxe où les révoltés sont battus à Badenfeld (778) et à Bokholz (779).
Le roi vient hiverner à Worms ; en 780 il rentre en Saxe et s'avance jusqu'à l'endroit où la Nohre se jette dans l'Elbe ; il y bâtit un camp retranché. Celte même année Karle partage son empire en trois royau- mes tributaires à la tête desquels il place ses trois fils. A Karle, l'aîné, comte du Mans, le royaume de France; à Karloman le royaume d'Italie, et à Lodwig, le plus jeune, le royaume d'Aquitaine avec les marches d'Espagne.
L'année suivante il va à Rome avec ses deux plus jeunes fils qui sont baptisés et sacrés par le Pape, Karloman comme roi d'Italie, Lodwig comme roi d'Aquitaine.
En 782 nouvelle révolte des Saxons; l'armée franke, sous les ordres de Theodorik, Adalghis et Gheïlo, est défaite. Karle accourt, les Saxons se soumettent et livrent 4500 otages qui sont décapités; le roi retourne hiverner à Thionville.
En 783 les Saxons se soulèvent encore ; ils s'avancent jusqu'à Utrecht. Karle les bat deux fois: l'une à Theotmâl (Dethmold), l'autre sur les bords de la Hade, près d'Osnabruck. L'année suivante il se remet en campagne, ravage la Frise, et enfin les révoltés, Witikind à leur tête, se soumettent et reçoivent le baptême à Attigny.
En 785 révolte de la Thuringe, comprimée en 786. Cette même année Girone et Urgel se remettent sous la suzeraineté franke.
En 786 défaite des Bretons révoltés.
94 MONNAIES FRANÇAISES.
En 787 Karle défait Arighis, duc de Bénévent^ et lui impose un tribut de sept mille sous d'or. La même année, révolte de Tassile, duc des Bavarois, dont le territoire s'étendait jusqu'à TEns. Il est traduit, en 788, aux assises d'Ingelheim, et, convaincu d'avoir tenté de soulever la Bavière avec l'aide des Awares, il est tonsuré et enfermé au couvent de Saint-Nazaire sur le Rhin, puis de là à Jumièges. Cette même année les Awares envahissent la Bavière et le Frioul, pendant qu'une flotte grecque débarque en Calabre et envahit le duché de Bénévent. Les Grecs sont battus par Grimwald, fils d' Arighis. Pépin, aidé des Bavarois, anéantit les Awares et recule jusqu'à la Save les limites de son royaume. Karle, pour récompenser les Bavarois, organise leur pays sur le pied des pro- vinces frankes.
En 787 les Wascons s'étaient révoltés sous la conduite d'Adalrik, allié à plusieurs Walis arabes ; le comte de Toulouse, Horse (Chouoj avait été battu et pris. Adalrik vaincu est condamné à un exil perpétuel; Horse est destitué et remplacé par Wilhelm (Guillaume au court- nez).
En 790 Karle marche au secours des Obotrites du Meklembourg qui s'étaient soumis à lui et qui étaient attaqués par les Wélétabes. Ces derniers sont battus et le roi s'avance jusqu'à leur cité de Dragowit.
En 791 grande expédition contre les Huns. Ce peuple occupait la Pannonie séparée de la Bohême par la rivière de Camb et de la Bavière par l'Ens. L'expédition dure deux années. Enfin les Franks, unis aux peuples slaves, sous la conduite de Pépin et d'Herrik, duc de Frioul, s'emparent du Ring (Regia, le lieu royal) et des immenses trésors des Huns. Cette conquête recule jusqu'à la Theiss les limites du royaume qui déjà au Nord et à TEst était limitrophe des nations slaves, de la Bohême et de la Moravie, ainsi que des Wélétabes situés entre la Bal- tique, le Moyen-Elbe et la Vistule.
Pendant toutes ces guerres contre les Saxons, guerres qui n'appor- taient aucun profit matériel, le numéraire était devenu rare. Aussi la monnaie avait-elle été altérée. Dans son capitulaire de Francfort , sur le numéraire, Karle ordonne qu'elle sera ramenée à sa pureté primi- tive (794).
En 791, à la diète de Ratisbonne, Karle découvre une conspiration de son fils Pépin-le-Bossu qu'il fait enfermer au monastère de Pruym.
A cette époque, les Saxons, unis aux Awares et aux Wélétabes,
SECONDE RACE. 95
s'étaient révoltés pendant que les Arabes d'Espagne envahissaient l'Aquitaine, prenaient Girone, pillaient les faubourgs de Narbonne et battaient le duc Wilhelm. Karle quitte Ratisbonne et vient hiverner à Wurtzbourg et Francfort. En 794 et 795 il bat les Saxons à Sint- feld près Paderbronn, puis à Hluini (Lunébourg). En 796 il hiverne à Aix (Aquis-Grani), où il établit sa fameuse chapelle royale, et en 797 il envoie de là Lodwig et Wilhelm en Espagne. Après quelques alter- natives de succès et de revers, Pampelune, Cerdagne, Lampourdan, Girone, Huesca, Lérida, Cuserras, Cardona, Urgel sont soumis; les comtes Borel et Rostang sont mis à la tête d'une partie des villes con- quises, et la domination franke s'établit jusqu'à TÈbre.
En 799 révolte des Huns qui tuent le duc de Bavière Ghérold; ils sont battus par les Slaves et les Bavarois. Cette même année les îles Baléares se donnent à Karle, en même temps que Wido, comte de la Marche de Bretagne, bat les tierns bretons révoltés.
En 800, à la suite d'un plaid général tenu à Mayence, Karle se rend en Italie, où il est couronné empereur par le pape Léon, le 25 dé- cembre.
En 801 Lodwig s'installe à Ruscellio (Roussillon) et envoie ses géné- raux Wilhelm et Rostang s'emparer de Barcelone où est installé un comte nommé Béra.
La même année Pépin s'empare, sur Grimwald révolté, de Theati et Ortona.
En 802 Karle conclut un traité avec l'empereur grec Nicéphore qui abandonne aux Franks l'Istrie, la Liburnie et la Dalmatie. Venise reste sous la suzeraineté grecque.
En 8o3 dernière révolte des Saxons. Karle les soumet et s'empare de la Wigmodie, du Holstein et du Rosogaw.
En 806, à l'assemblée de Thionville^ Karle partage son empire entre ses trois fils : à Pépin, l'Italie, la Bavière jusqu'au Danube, la partie de TAllemanie au sud de ce fleuve et tout ce qui est à l'est du Haut-Rhin avec Coire et le Thurgaw; à Lodwig l'Aquitaine avec les Marches d'Espagne et le Nivernais, l'Avallonais, l'Auxois, Châlon, Macôn, Lyon, la Savoie avec la Tarentaise^ la Maurienne, le Mont-Cenis avec le val de Suze jusqu'aux Cluses, la Burgondie méridionale et la Provence. Tout le reste de l'empire était le lot de Karle.
(j6 MONNAIES FRANÇAISES.
Cette même année Pépin s'empare de la Corse et de Venise.
Le 8 juillet Pépin meurt et Bernard, son fils naturel, est mis à sa place. Il rend Venise à Nicéphore.
En 8i I Tortose est soumise à la suzeraineté franke.
Le 4 décembre de la même année, mort de Karle, le fils aîné de l'Empereur.
En Si 3 Karle associe son fils Lodwig à l'empire. 11 meurt le 28 jan- vier 814.
PREMIER TYPE. — Sans Monogramme.
Planche V.
Sans nom d'atelier.
1. CAR — LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f RXF, R et X liés, deux points entre R et F, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 3o fr.
2. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ RXF, R et X liés, un triangle entre deux points avant R, un point entre R et F, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . . Valeur 5o fr.
Nous avons déjà vu sous Pépin (n*** 8, 9, 10, 11, i3, i5, 16) et sous Carloman (n° i) ces deniers portant d'un côté le nom du roi, de l'autre le titre Rex Francorum, sans indication de lieu de fabrication. Que sont ces deniers? à quelle occasion ont-ils été frappés? Je ne vois aucune hypothèse satisfaisante à présenter ; je m'abstiens donc, laissant le pro- blème intact.
Aix-la-Chapelle (Aqvis Grani Palatium).
3. CARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ lî AQVISGRAN en légende circulaire autour d'une petite croisette pommetée, cercle de grènetis. Denier Valeur 5oo fr.
Ce denier, que je n'ai pas vu en nature, a été publié à Dresde par Cappe {Die Mûn^en der deutschen Kaiser und Kbnige, pi. I, tf i) puis en France par Combrouse, pi. XI, n® i.
SECONDE RACE. 97
Amiens (Ambianis Civitas).
4. EAR— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f AM— BIAN en deux lignes, séparées par un trait plein, barre d'abré- viation sur N, cercle de grènetis.
Denier, publié par Combrouse, pL XII, n» 2 ... Valeur 400 fr.
Ce denier, s'il est bien authentique, appartiendrait sans conteste à l'atelier d'Amiens ; les extrémités pommetées, des lettres du revers en font bien une pièce septentrionale, mais Amiens est bien à Touest de l'Austrasie, pour avoir gardé ce caractère particulier. En outre la forme bizarre du premier A me laisse certains doutes sur son authenticité.
Amboise? (Ambacia Vicus).
5. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f AMB en monogramme, point sur l'M, croisette au centre, au-dessous de la croisette un petit point, cercle de grènetis.
Denier égrené sur les bords. Ma collection Valeur 100 fr.
Ce denier a été publié par moi dans V Annuaire de la Société française de numismatique et ^archéologie et attribué à Amiens. Plus tard, en l'étudiant avec soin, remarquant l'O carré qui est une caractéristique du pays blaisois ; tenant compte, de plus, d'un atelier abbatial impor- tant à Saint-Firmin d'Amiens, ainsi qu'on le verra plus loin, j'ai pensé que c'était beaucoup de trois variétés aussi différentes les unes des autres pour une seule ville, et je crois en définitive pouvoir restituer ce denier à Amboise dont l'atelier eut une fabrication assez active sous la première race.
Angers? Langres?
6. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ÇT A*M*D*E? en monogramme dans un cercle de grènetis, un demi-cercle de points entoure les lettres DE. Denier. Ma collection. (Voir Pépin, n» i, et Carloman, n» 2).
Je n'ai pas à revenir sur ce denier identique, comme revers, avec ceux de Pépin-le-Bref fpl. I, n^ ï) et Carloman (pi. IV, n® 2). J'ai donné les raisons qui me le font regarder comme étant de fabrication moderne, je n'y reviendrai pas.
Angoulème (Ecolisina Civitas).
7. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
13
98 MONNAIES FRANÇAISES.
5^ EEOLISINA en légende circulaire autour d'une petite rosace à huit pétales dont quatre grands et quatre petits, cercle de grènetis. Denier. Ancienne collection Voillemier Valeur 200 fr.
Cette monnaie est un des rares deniers à légende bilinéaire frappés par Charles en Aquitaine au commencement de son règne, avant Tin- tronisation de Louis (781). On ne connaît pas, sous la seconde race, d'autre produit de l'atelier d'Angouléme. Le nom ECOLISINA est donné par Grégoire de Tours.
Antrain.
8. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ INT— TRÀ-NO en trois lignes séparées par des traits, I et N liés, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 25o fr.
Je me suis étendu si longuement sur les produits de cet atelier d' An- train (Pépin-le-Bref, n*" 2, 3,4) que je n'y puis rien ajouter. Je ferai seulement remarquer que les dégénérescenses de légende sous le règne du premier roi carolingien , et le retour à une forme parfaite et régulière sous le règne de son fils, prouvent bien qu'il s'agit là, non pas d'un nom d'homme, mais bien d'un atelier monétaire.
Arles.
9. *DNKARLVSIMPAVGREXFETL, (c'est-à-dire Dominus Noster KARLVS
IMPerator AVGustus REX FRancorum ET Longobardorum). Buste lauréj orné du paludamentum tourné à droite^ le tout dans un cercle de grènetis; Çf AR*EA'T*0 autour d'une porte de ville ou barrière de jeux.
Denier. Ma collection; poids 16^^70 Valeur 1,000 fr.
Ce denier, qui porte des traces de dorure, a été monté en bijou. Je l'ai acquis de M. Charvet; il provenait de la collection de Vesvrotte. Il ne peut y avoir aucun doute sur son attribution, le titre du roi des Lan- gobards ne pouvant appartenir à aucun autre Charles. De toutes les pièces à effigie, que nous a léguées la numismatique carolingienne, celle-ci est une de celles qui se rapprochent le plus du sou d'or romain. On n'a nullement cherché à faire un portrait de Charlemagne. C'est une tête d'empereur romain et c'est évidemment l'œuvre d'un artiste italien ; c'est vraiment de l'art, et il est malheureux que le temps lui ait enlevé un peu de finesse et de relief.
SECONDE RACE. 99
Le revers, suivant M. Cartier, représente l'entrée d'une lice formée de deux poteaux surmontés d'une espèce d'ornement grossier et liés entre eux par des traits qui ressemblent à des cordes. Ce type, qui rap- pelle les jeux célèbres de l'amphithéâtre d'Arles où présidèrent les empereurs romains, puis nos rois franks, a donné naissance à la porte dont les deux côtés sont surmontés d'une boule. C'est bien encore l'en- trée, grossièrement figurée, d'une ville forte ou d'un camp. Ce n'est pas l'origine du portail d'église ou autel chrétien qui a été employé con- curremment.
10. EAR-LVS en deux lignes dans un cercle de grènetis^ A et R sont liés;
5^ Grande croix surmontée d'une croisette^ et dans les quatre cantons de laquelle se trouvent les lettres A'R'D'S; cercle de grènetîs.
Denier. Ma collection Valeur 5o fr.
11. EARO— LYS en deux lignes dans un cercle de grènetis A et R sont liés;
5^ Grande croix à branches égales dont trois se terminent par un point et
la quatrième est surmontée d'un trait d'abréviation qui doit s'appliquer
aux lettres A et R qui sont placées dans les deux premiers cantons de
la croix, D dans le troisième canton^ IS dans le quatrième.
Denier. Cab. de Fr Valeur 5o fr.
12. CAR— LVS en deux lignes séparées par une croix à branches égales; deux
groupes de trois points de chaque côté de la croix, le tout dans un cercle de grènetis; 5^ Semblable à celui du n® 11.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d*Imphy .... Valeur 5o fr.
i3. EARO— LVS en deux lignes séparées par trois points; A et R liés, le tout dans un cercle de grènetis; !Çr Grande croix à branches égales surmontée d'un sautoir, en-dessous un I , un point à gauche et dans le quatrième canton, les lettres A*R*D*S dans les quatre cantons de la croix, cercle de grènetis. Denier. Mus. de M Valeur 5o fr.
Les quatre deniers qui précèdent ont été regardés par M. de Long- périer comme représentant un nom d'homme, Ardus ^ qu'il retrouve dans divers textes. Eckhart a lu AR{ela) DIS pour ARELATIS et Lelev^el AR(:)SID l'Arzat près de Rodez. Je partage l'opinion d'Eckhart et donne les quatre deniers à l'atelier d'Arles .
La disposition toute particulière de la légende du revers est une forme essentiellement méridionale ; nous la retrouverons à Marseille, à Avignon, toujours applicable à un nom de localité, jamais à un nom
loo MONNAIES FRANÇAISES.
d'homme. Ce n'est pas que je regarde comme insoutenable l'opinion du savant académicien, mais ainsi que je l'ai dit, dans le doute entre un nom d'homme et un nom de lieu, je donnerai toujours la préférence au dernier.
Arras (Atrebatis Civitas).
14. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ ADRA— DIS en deux lignes, TR et l'A sont liés, deux points dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur i5o fr.
Ce denier met encore en présence les deux légendes locale et nomi- nale. M. de Longpérier tient pour la seconde. Il fait remarquer qu'Ad- radus et Adraldus étaient des formes très fréquentes sous la seconde race, que la terminaison Dis est ordinairement, il est vrai, propre aux noms féminins, mais que Theudis, Dabaudis et Amadis prouvent qu'elle s'appliquait aussi aux noms d'hommes. Il ne trouve pas, du reste, ajoute-'t-il, de lieu auquel il pourrait appliquer ce denier. Il y avait bien, non loin de Tournai, une pilla dominica qui se nommait Adra^ mais Adra n'est pas Adradis. Quant à l'Artois, son nom, dans les chartes ou ordonnances royales, était Pagus Adertensis ou Adertinus
Il y a à faire cette objection que si l'Artois a pris parfois le nom de Pagus Adertensis, la cité d'Arras a toujours porté les noms de Civitas Atrabatum ou Atrebatum, les monnaies mérovingiennes nous donnent la forme Atrebetis ou Atrebatis, que nous retrouvons aussi sous Charles -le -Chauve et ses successeurs. Or ADRADIS est le même mot que ATRATIS, le changement de T en D étant parfaitement con- forme aux règles de la linguistique de l'époque, et le nom ATRATIS n'est que l'abréviation de ATR(eb)ATIS qui représente la ville d'Arras. Je crois donc pouvoir maintenir l'attribution à Arras de notre denier.
M. B. Fillon, reproduisant l'avis de M. de Longpérier, a cru aussi pouvoir reconnaître dans Adradis un nom d'homme et pense (sans dire ses raisons) que ce denier a été fabriqué dans le nord-est de l'Aqui- taine.
Avesnes (Avennes ou Avenna Oppidum). £5. EARO— LVS en deux lignes dans un cercle de grènetis;
5f AS— VE en deux lignes séparées par un trait^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; vente Dassy Valeur 200 fr.
SECONDE RACE. loi
M. de Longpérier, qui le premier a publié ce denier, croit reconnaître dans la légende du revers les lettres AS VE^ commencement du nom d'Avesnes. Le faire de cette pièce est, dit-il, tout-à-fait septentrional ; il suffit de le comparer aux deniers d'Avignon pour constater la différence complète des deux fabrications.
Ce denier est certainement austrasien; quant à y lire Avesnes, je serais peut-être plus circonspect que notre illustre maître, je crois la pièce plus septentrionale, et si Ton veut comparer le mot CAROLVS du droit avec le même nom sur les n"^* 19 (Babenhausen) ; 22 (Bonn); 32 et suivants (Cluse); 45, 46 et suivants (Dorestadt), on reconnaîtra là une famille de pièces fabriquées dans la région du nord du Rhin et sur les- quelles je me permets d'appeler l'étude des savants belges ou néerlan- dais.
M. Serrure veut lire sur le revers de cette pièce le mot NA-MV ré- trograde; c'est une erreur. Il suffit de comparer notre denier avec le n"" 100 qui, vu par M. Robert, a été fidèlement reproduit par lui, pour qu'il ne reste aucun doute sur Téloignement des deux ateliers dont ils sont les produits.
Avignon (Avinio, Avenio Civitas).
16. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés^ trois points dans le champ, cercle
de grènetis; 5f AV liés ENI, groupe de trois points au-dessus et au-dessous de l'E, croisette à droite^ trois points dans le champ.
Denier. Ma collection Valeur 3oo fr.
17. EAR— LVS en deux lignes, deux points dans le champ, un gros et un petit,
cercle de grènetis; !Çf Grande croix à quatre branches égales, au-dessus une barre, au-dessous deux points. Dans les quatre cantons sont les lettres A— VI— NI— O, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr.; denier en mauvais état .... Valeur 200 fr.
Ces deux deniers sont très différens l'un de l'autre ; le premier a été trouvé dans le département du Gard. Il ne reproduit pas le type méri- dional du second ; je les crois bien, cependant, tous deux sortis de l'atelier d'Avignon, les lettres sont trop nettes, trop lisibles sur les deux exem- plaires, pour laisser place au doute.
Avranches (ABRiNCATiE^ Abrincle Civitas).
18. CAR — LVS en deux lignes A et R liés;
Çf ABRN-CAS en deux lignes, A et B liés. Denier. Combrouse, pi. XII^ n^ 1.
I02 MONNAIES FRANÇAISES.
Je n'ai vu et ne connais personne qui ait vu ce denier en nature. Ce n'est pas que je nie son existence^ mais l'aspect assez barbare du dessin qu'en donne Combrouse me fait supposer qu'il ne l'a pas vu lui-même. Avranches est, du reste, une ancienne cité, atelier assez actif sous la première race, dont les produits portent indifféremment les légendes
ABRINKTAS, ABRENKTAS et ABRINCATAS.
Babenhausen ou Saiat-Bavon (Sancti Babonis Monasterium).
19. EARO — LVS en deux lignes^ cercle de grènetis;
5^ BAB— c/Dc/) en deux lignes, entre lesquelles paraît un M, francisque ou hache au-dessus de la légende^ cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 35o fr.
M. de Longpérier et M. de Barthélémy ont vu, sur ce denier, un produit de l'atelier de Babenhausen, ville située dans le comté de Hanau en Vétéravée, entre Mayence et Aschafenbourg.
M. Camille Picqué croit y reconnaître une monnaie frappée à Gand dans l'atelier établi au monastère de Saint-Bavon dont Éginhard fiit nommé abbé peu de temps après la mort de Charlemagne.
Cette dernière attribution me semble la meilleure, Gand se trouvant assez rapproché de Bonn, Cluse et Dorestadt dont les légendes du droit offrent avec celle-ci la plus grande analogie.
Ce denier nous présente à son revers la francisque ou hache que nous avons déjà vue fréquemment sur les monnaies de Pépin. Nous y revien- drons plus longuement à propos des monnaies de Dorestadt.
Besançon (Vesontivm^ Civitas).
20. CARO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis, A et R liés;
5f VE— SON en deux lignes séparées par une barre horizontale.
Denier. Ma collection Valeur 100 fr.
Ce denier a été publié en 1862 dans la Rev. N. Fr. pag. 53, et attribué par M. Feuardent à un certain monétaire Hiesou, nom frank qui se re- trouve dans les chroniques et les chartes sous les formes Hezo, Heizo, Haiso.... Il faudrait donc admettre l'abréviation Hiesonno ou Hiesoni. Mais je ferai remarquer que partout où nous avons trouvé des noms d'hommes sur les monnaies, nous les avons toujours trouvés au no- minatif. Je ne puis, quant à moi, me ranger à l'opinion de M. Feuar- dent et je crois pouvoir lire sur cette pièce, un peu usée, le nom de
SECONDE RACE. io3
Besançon VE-SON (NO ou TIVM), formes sous lesquelles nous trouvons ce nom écrit sur les chartes et sur les monnaies mérovingiennes.
On pourrait encore, lisant en boustrophédon, y reconnaître le nom de SON-EGIE, Soignies.
Quant à la lecture NOS-CIE, je ne vois pas à quelle localité elle pourrait s'appliquer.
Aucun caractère, aucun signe particulier ne vient nous aider à sortir d'embarras.
Bingen (Bingiacvm). «
21. CAR— LVS en deux lignes séparées par une barre au sommet de laquelle se
trouve un groupe de trois points qui en fait une croix pommetée à long pied. Toutes les extrémités des lettres sont aussi pommelées^ cercle de grènetis • !Çf BIN— GIAC en deux lignes^ à gauche un sigle que je ne puis déter- miner j cercle de grènetis. Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Ce denier est une variété de celui qui a été dessiné par Fougères et Combrouse et dont M. Cartier disait: «ce denier a été fabriqué à Bingen, ville située sur la rive gauche du Rhin entre Mayence et CoblentZD. Cette pièce nous offre, en effet, tous les caractères des monnaies frappées sur les bords du Rhin et dans TAustrasie orientale. Aussi cette attribu- tion ne me semble-t-elle pas douteuse et bien préférable à celle qui veut y reconnaître la ville de Binche dans la province de Hainaut.
Bonn (Bona).
22. EARO-LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
^ BONA^ au-dessus une francisque^ au-dessous une crosse.
Denier. Ma collection; poids i»',i25 Valeur 3oo fr.
23. EARO-LVS en deux lignes^ A et R liés^ cercle de grènetis;
5^ BONA, au-dessus une croisette et un point, au-dessous une francisque, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr. ; denier très fracturé Valeur loo fr.
L'attribution de ces deux deniers à la ville de Bonn n'a jamais été contestée. Encore des deniers à la hache. Voir plus loin à la ville de Dorestadt.
Châlon-sùr-Saone.
24. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ CAVI en monogramme, un point au-dessous, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 3oo fr.
104 MONNAIES FRANÇAISES.
Ce denier est à peu près le même que celui qui est décrit pi. I, n** 20 ; je n*ai rien à ajouter à ce qui en a été dit.
Planche VI.
Chartres.
25. CAR— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
5^ CARNOTIS en légende circulaire autour d'un S barré.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
Ce denier offre tous les caractères des pièces frappées dans TAustra- sie orientale. Appartient-il bien à Tatelier de Chartres? sous Pépin nous avons trouvé (n** 80) un denier austrasien offrant des analogies frap- pantes avec les deniers de Chartres au type de Saint-Chéron.
26. EARO — LVS en deux lignes, A et R Jiés, cercle de grènetis;
5^ S CARNOTAS en légende circulaire autour d'une croisette centrale, cercle de grènetis.
Denier. Rev, N. Fr. 1846, p. 124 Valeur 200 fr.
27. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, quatre points au centre, cercle de
grènetis ; 5^ S EARNOAS en légende circulaire entre deux grènetis, au centre une croisette. Denier. Rev. N. Fr. 1846, p. 124 Valeur 200 fr.
28. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, quatre points dans le champ,
cercle de grènetis ;
!Çf Saint Chéron debout et nimbé, tenant de chaque main une croix, dans le champ deux lignes verticales de trois points chacune, un point de chaque côté du Saint, cercle de grènetis. Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'imphy . . . Valeur 35o fr.
Ce denier n'est autre chose que la continuation par Charlemagne du type de Pépin que nous avons déjà vu (pi. I, n® 24).
Clermont-Ferrant (Arverna ou Arvernis Civitas).
29. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, signe triangulaire entre les deux
lignes, cercle de grènetis; 5^ ARVR-NIS en deux lignes, A et R liés, ainsi que V et R, signe trian- gulaire entre les deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur lyS fr.
30. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés ainsi que V et R, cercle de grènetis;
SECONDE RACE. io5
y ARVR— NIS en deux lignes^ A et R liés ainsi que V et R, point entre les deux lignes^ cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 175 fr.
Ce denier n'est qu'une variété du précédent.
3i. CARO— LVS en deux lignes^ A et R liés;
iÇf AR SN I disposés en cercle autour d'un signe triangulaire.
Ce denier, publié par Combrouse (pi. XIII, n** i) me paraît n'être qu'une copie infidèle des n°" 29 et 3o; les lettres semblent avoir été jetées au hasard dans le champ de la pièce.
La ville de Clermont-Ferrant garda son nom d'ARVERNA (capitale des Arvernes) jusqu'aux dernières années du règne de Charles-le- Chauve où il fut remplacé par celui de CLARVSMONS qui n'était anté- rieurement que